samedi, juillet 13, 2024

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Découvrir – Les Brown Ales

On entend souvent que les bières foncées sont pour l’hiver, pour les températures froides. Mais quand on aime la bière, on l’aime peu importe la saison ou la météo. Et quand on aime la Brown ale, on sait profiter de ses notes maltées et de ses saveurs de noisettes à la fraicheur d’une soirée estivale où un feu extérieur est de mise.

La première utilisation du terme Brown ale remonte entre le 16e et le 17e siècle par des brasseurs londoniens pour identifier les bières brassées uniquement avec du malt brun. Le malt brun est en fait un malt pâle qui a été cuit jusqu’à l’obtention de la couleur désirée, habituellement entre 50 et 70 degrés Lovibond.

En fait, un malt pâle peut être utilisé tel quel dans une recette, il donnera un goût léger à la bière et surtout du sucre fermentescible pour la fermentation. Par contre, lorsqu’il est chauffé, ses sucres cuisent et développent des saveurs caramélisées de même que des couleurs plus foncées. Plus un malt est chauffé, plus il sera foncé et plus sa saveur de caramel sera forte. Mais plus il est chauffé, moins il produira de sucre fermentescible et donc ce malt sera utilisé en plus petite quantité dans une recette.

Pour classer le malt selon leur degré de cuisson, on utilise le degré Lovibond (°L), cette échelle est également utilisée pour déterminer la torréfaction du café. Un malt à 0°L est un malt pâle qui a subi ses opérations principales pour être utilisé comme base dans une recette. Au sommet du classement, on trouve des malts très foncés à 500 °L, ceux-ci sont utilisés en très très très petites quantités.

Je disais donc, une brown ale traditionnelle est une bière brassée avec seulement du malt brun qui se situent entre 50 et 70 degrés Lovibond. Ce malt donnera une couleur brune à la bière de même que des saveurs de caramel, de noix, de noisette et de malt grillé. Sa force en alcool est assez raisonnable. On parle d’en moyenne 4 à 6 % alc./vol. Parfois plus lorsque le brasseur souhaite déroger au style et amener plus de rondeur.

L’histoire se poursuivra ainsi jusqu’au 18e siècle et le style sera décliné en deux variants ; les Northern Brown ale et les Southern Brown ale.

Le variant du nord est plus pâle et plus sec que son voisin au sud. Les saveurs tangentes plus vers la noix que le caramel. On l’appellera également Nut Brown ale bien que les brasseurs y ajoutent très rarement des noix. Fait intéressant à savoir, le nom ‘’Nut’’ fait plutôt référence à la couleur de la bière et non à ses saveurs.

Le variant du sud pour sa part est moins populaire. Il est plus foncé, plus sucré et moins fort en alcool et ses saveurs seront plus portées vers le caramel avec possiblement des notes de malt grillé ou torréfié.

Pour ces deux variants, le goût du malt est dominant et l’amertume des houblons sera très discrète, voire même inexistante

Au 18e siècle, les Brown ale perdront en popularité en Angleterre car les brasseurs préféreront utiliser des malts pâles car ceux-ci sont plus abordables. Il faudra attendre la fin du 19e siècle pour voir le style revenir en force et particulièrement en 1927 avec l’apparition de la fameuse Newcastle Brown Ale. Cette dernière sera brassée avec des malts légèrement torréfiés et caramélisés afin de concurrencer convenablement la pâle ale.

Du côté des États-Unis, la mode était aux lagers à cette époque et il fallut attendre en 1977 pour que les ales britanniques démarrent en popularité sur ce continent. C’est cette année-là que le président Carter autorisera le brassage de bière artisanale à domicile. Les artisans brasseurs et brasseurs amateurs purent donc amorcer un changement en coulisse du paysage brassicole américain.

Plus près de chez nous, on peut retrouver des Brown ale plutôt aisément sur les tablettes des détaillants. Il m’a fallu quelques minutes à peine pour constituer mon panel pour cette dégustation.

Microbrasserie La Souche, Saint-Charles, 3.5 % alc./vol. : un bon col de mousse couleur crème apparait au verre et maintiendra sa présence de façon raisonnable. La bière est limpide avec une jolie teinte rubis. Au nez on sent bien la noisette, le malt et un soupçon de fruits secs. Au goût c’est aussi présent, mais avec une touche de pain grillé et de caramel. Les houblons nobles nous procurent une bonne amertume, elle est en fait la plus houblonnée du lot. En bouche elle est moyennement sèche, rappelant les raisins secs, mais avec une touche de noix comme un mélange granola. Personnellement c’est un peu trop d’amertume et pas assez de corps, mais tout de même une bière intéressante étant donné son taux d’alcool.

Microbrasserie À La fût, British Brune, 4.7 % alc./vol. : belle couleur ambrée foncée et présentant un léger trouble. On sent la noisette et les malts torréfiés assez rapidement. Au goût nous avons une légère amertume bien placée et pas trop présente. Côté texture, elle présente une petite rondeur, mais rien de trop alarmant. Comme un 10 lb. De trop 2 mois avant l’été, on sait que c’est là, mais que ça va se perdre rapidement sans trop qu’on s’inquiète. Et c’est ce qui se produit, donc rend cette bière aisément buvable.

Saint-Pancrace, Walker, 4.9 % alc./vol. : la bière est d’un beau brun acajou voilé et offre un généreux collet de mousse. Au nez c’est la noisette, mais avec une pointe d’amertume qui se présente. Au goût c’est bien malté sans être trop rond avec des notes douces de caramel et de noisettes grillées. L’amertume est plutôt franche pour le style, mais bien délimitée, sa modération se balance adéquatement avec la douceur des malts. Du panel c’est celle qui est la plus attrayante visuellement.

Boréale, Nut Brown Ale, 6.5 % alc./vol. : très belle effervescence avec des bulles délicates surmontées d’une mousse crémeuse légèrement teintée. La couleur est d’un marron bien opaque, c’est la plus foncée de ma sélection. On sent des effluves maltés aisément. Au goût ce sont des saveurs de caramel et de noisettes qui sont bien présentes. L’amertume est voilée par le côté sucré des malts et par le corps de la bière ce qui fait d’elle, la bière présentant le plus de corps parmi celles dégustées. Son taux d’alcool la fait également se démarquer et sa finale délicatement sucrée qui étire sa présence entre les gorgées.

Mon coup de cœur va à Microbrasserie À La Fût pour avoir bien placé les saveurs classiques du style dans leur bière. À noter qu’une version à l’érable est également disponible lorsqu’on recherche une touche de sucre en plus.

Mais sinon, j’ai déjà hâte à ma prochaine Brittish Brown Ale soit cet été devant mon foyer extérieur, ou soit cet hiver devant mon poêle à bois.

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Caroline Avoine
Caroline Avoine
Caroline Avoine, c’est avec un nom de famille prédestiné au milieu brassicole que cette jeune femme trouva l’amour en la bière à un âge légal. It was Love at first sip ! Adepte du brassage maison depuis plusieurs années, elle adore découvrir les nouveautés du paysage houblonné du Québec. Dans tout ce panorama riche en saveurs, elle fit sa place comme Bière-Cialiste pour l’équipe de GMPQ Médias et comme cliente régulière des microbrasseries de la ville de Québec. De sa nature marginale et infortunée d’un excès d’imagination, elle aime parler de bière et les mettre en valeur d’une façon bien à elle.

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