De la fraîcheur sur Montréal : cap sur Mellön, une microbrasserie amicale et branchée!

Aujourd’hui, je vous présente une microbrasserie hyper rafraîchissante que j’ai eu le plaisir de visiter tout récemment. J’ai tellement apprécié leurs belles bières de soif bien faites que je n’ai eu le choix de m’intéresser de plus près à cette toute jeune brasserie, située au cœur de Montréal! De l’amitié à la bière, voici donc le parcours intéressant de la microbrasserie Mellön.

Q : D’où vous est venue l’idée de lancer Mellön, votre micro? Quel a été votre élan initial?

R : Notre projet est né d’une longue histoire d’amitié, d’aventures et de découvertes. David et moi (Alex) sommes amis depuis 18 ans maintenant et avons toujours partagé la même passion pour le roatrip et l’aventure. Avant de pouvoir légalement boire de la bière (en théorie bien sûr ahah), nous partagions une passion commune pour le Seigneur des Anneaux avec nos deux autres meilleurs amis. À chaque année nous faisions des marathons en regardant les versions longues (évidemment) et ça a pas mal été le ciment de notre amitié à tous les quatre. Nos marathons ont ensuite évolué en voyages brassicoles, en tournée de microbrasseries et en files pour des releases aux petites heures du matin.

Éventuellement on a voulu essayer de brasser notre propre bière et dire que ça a été une étincelle ne serait pas assez fort pour décrire à quel point on a trippé. C’est devenu notre sujet de conversation numéro un et notre activité tous les weekends.

L’équipe de brassage

Q : Pour quelle raison votre micro s’appelle-t-elle Mellön? Quelle est la signification que revêt ce nom pour vous, choisi entre tous les possibles?

R : Un jour il y a 6 ans maintenant, on brassait une bière en se tapant un marathon LOTR et on voulait donner un nom à notre brasserie maison. La scène où les protagonistes vont dans une mine et où Gandalf doit dire le mot elfique pour « ami » est venue à l’écran et on s’est regardés tous les quatre : « Ben lààà, c’est sûr que c’est ça notre nom, le mot elfique pour ami ». On a donc appelé notre brasserie maison Mellön. Ça veut dire ami, tout simplement. On a gardé le nom pour notre projet professionnel parce que ça représente l’essence de notre vision. Une place amicale, ouverte à tous, inclusive, où il fait bon s’asseoir pour partager un bon moment et une bonne vibe entre amis. Pis même pas besoin de savoir parler elfique, la porte est toujours ouverte pour tout le monde.

Le reste du projet a déboulé rapidement après notre première brasse maison, car David et moi travaillions dans la même agence marketing et nous étions constamment en train de nous envoyer des recettes, des nouvelles de brasseries et de rêver d’avoir la nôtre. Un jour on s’est dits « let’s go », on a payé à deux le cours « Devenez Brasseur » à l’IBQ, mais c’est moi qui l’ai suivi. On a ensuite fait des rencontres toutes les semaines pendant 2 ans, j’ai brassé dans 3 microbrasseries différentes pour en apprendre toujours plus, puis 5 ans après notre épiphanie, on a ouvert Mellön, le 1er mai 2021.

Q : Où êtes-vous situés ? Sur quelles installations brassez-vous ? Pourquoi vous être installés là où vous êtes ? En quoi cela vous inspire-t-il pour vos créations ?

R: Notre petit taproom, baigné de lumière et débordant de plantes, est situé au 7141, rue Saint-André, à quelques pas du marché Jean Talon, dans la Petite-Patrie à Montréal. On s’est installés ici pour plusieurs raisons: notre amour pour ce quartier vibrant et familial, la culture micro effervescente à Montréal, la proximité des grands axes (Christophe-Colomb, Jean-Talon, Saint-Hubert, Saint-Denis, la 40), puis aussi parce qu’on habite le quartier. On est complètement tombés amoureux du local, avec son look industriel non sans rappeler certaines brasseries de Toronto et de Brooklyn, sa luminosité débordante, sa verdure luxuriante et sa configuration permettant d’y installer deux terrasses magnifiques. C’est très inspirant et on s’y sent bien!

On brasse sur un système de 1000 litres, entièrement fait au Québec par HM Brewing. C’est un système entièrement manuel, sans agitateur. C’est donc dire qu’on brasse littéralement tout à la main, « comme dans le temps », parce qu’on voulait être près de notre produit, de notre art.

Q : Chez vous… Qui fait quoi? Qui est aux commandes? Au brassage? Aux ventes et à la mise en marché?

R : On est une petite famille de 9 actuellement : 6 charmantes personnes au service, 1 brasseur, 2 proprios, Alex & Dave. Dave est notre directeur des opérations et il fait tout ce qui est ventes, finances, comptabilité, légal et ressources humaines. Alex est notre brasseur en chef et fait tout ce qui est brassage, recettes, commandes, service et compagnie. Sinon David et moi on se partage ce qui est marketing et événementiel.

Q : Quel est le créneau, la place unique que vous croyez proposer au marché québécois de la microbrasserie?

R : Ayant nous-mêmes longtemps cherché la nouvelle saveur, le goût le plus prononcé et l’arôme le plus intense, nous sommes revenus à un style de brassage plus délicat, plus mesuré. Les saveurs intenses nous excitent encore, évidemment, mais ce qui nous fait maintenant complètement vibrer comme brasseurs est de faire ressortir la complexité de la subtilité.

On propose donc des bières de soif qui se partagent bien et dont l’objectif est « de pouvoir en boire plusieurs pintes ». On propose principalement des lagers, reines des bières de soif, mais on offre un menu « Saisons, houblon & lagerisation. Funk & barriques ».

Quand vous venez chez nous, vous pouvez donc typiquement vous attendre à 2-3 lagers, 2-3 IPA/Pale Ale, une bière funk/expérimentale et diverses saisons, barriquées ou non, en bouteille. On est peut-être petits, mais on est bien fiers de notre chai de 30 barriques et de nos 2 foudres. Nous n’avons que 8 lignes de fût, car nous voulions volontairement restreindre l’offre pour pouvoir offrir un menu changeant constamment et qui est facile à traverser à chaque visite en se partageant quelques verres entre amis.

Ce qu’on propose donc comme offre unique est un taproom industriel en plein coeur d’un quartier résidentiel, avec une vibe très biergarten, une immense porte de garage et une offre de bouffe qui change souvent, ayant actuellement Roch le Coq en résidence. Nos bières sont des bières de soif, très méticuleusement travaillées & délicates, mais offrant une variété de saveurs reflétant notre amour de la micro et de son caractère inventif, original, trendsetter et indépendant.

Q : Quels sont vos ingrédients fétiches? Signature?

R : On adore incorporer des ingrédients locaux à nos brassins tout en ayant une grande passion pour les ingrédients traditionnels, classiques, tels que les malts allemands, les houblons tchèques et les levures des mêmes pays.

Aussi, nous avons une fixation sur l’eau : nous aimons la travailler pour faire sortir sa minéralité dans nos lagers et son amplitude dans nos IPAs. Vous remarquerez donc rapidement notre amour pour la céréale et le malt dans nos lagers, alors que dans nos bières houblonnées, vous sentirez notre amour pour les panoplies de saveurs que le houblon peut apporter.

Q : Comment entrevoyez-vous l’avenir (la pandémie a-t-elle généré de nombreux défis pour vous ou pas tant que ça ?)

Ayant signé le bail 2 semaines avant la pandémie, dire qu’elle a généré des défis pour nous est peu dire. Nous sommes restés fermés un an avant de pouvoir ouvrir, puis lors de notre première année d’opération, nous n’avons pu accueillir des clients que 50% du temps. Notre modèle d’affaires a toujours été pensé comme un brewpub à l’américaine, avec service au comptoir de bières brassées sur place, à consommer en fût ou en canettes à emporter. La pandémie n’a donc pas changé notre modèle mais nous a forcés à faire plus de canettes que prévu. Les choses se replacent maintenant et on retombe dans un ratio fût/canette plus proche de nos objectifs.

Au final!

Au final, Mellön voit l’avenir d’un œil très local et événementiel, en participant et en organisant plusieurs événements, en brassant plusieurs collaborations et en se réinventant continuellement en tant que microbrasserie de quartier. La jeune brasserie rêve aussi d’éventuellement posséder une terre pour y brasser des saisons et des lagers fermières!

Sur une note plus personnelle, j’ai adoré rencontrer plus en profondeur la bande très soudée derrière Mellön. L’esprit très positif que j’y ai ressenti sur place m’a transcendée, tout comme leurs bières de soif agréables et équilibrées. Si une expérience style Brooklyn vous intéresse en Montréalie, Mellön ne vous décevra pas.

Gros merci à Alexandre Pontbriand pour sa générosité 😊

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