Aimer la bière, aimer la découvrir, la déguster. Encore mieux : aimer la décrire. De quelle manière peut-on décupler l’expérience de la dégustation de la bière de microbrasserie? En apposant sur elle un vocabulaire efficace, précis, complet et parfois ludique! Voici quelques critères de dégustation qui vous permettront de bien nommer la personnalité et le caractère uniques de la bière ou des bières que vous savourez. J’aime bien, comme chroniqueuse brassicole, m’appuyer sur des critères sensoriels. Les sens humains permettent de bien saisir l’unicité d’un produit.

La vue, d’entrée de jeu, donne déjà le ton lors d’une dégustation. Je vois le produit devant moi. D’abord son emballage, la brasserie, les indications relatives au style, le taux d’alcool, les ingrédients, la description faite par la brasserie; un horizon d’attente est déjà créé au moment de verser la bière. Ainsi, lorsque je la coule, je l’observe avec attention : de quelle manière se comporte la mousse? La bière est-elle effervescente? Quelle est sa teinte, son opacité, son onctuosité? Est-ce typique selon le style attendu? Y a-t-il des particules en suspension? De la lie? Ai-je eu droit à un petit dégât? Pour ma part, je verse la bière à la bonne température et dans un verre le plus possible approprié au style puis je déploie toute mon attention lors de ces secondes furtives. J’observe et je note ensuite tous ces petits détails qui me permettent de décrire mon expérience, à chaque fois unique.

L’odorat et le goût sont évidemment très rapidement interpelés dans l’expérience. Tous mes sens sont en émoi! Je hume la bière, je la fais tourner un peu dans mon verre et je répète l’opération. J’essaie de mettre des mots sur ce qu’elle sent : est-ce parfumé, floral, lupulineux, épicé, fruité? Puis-je être précise davantage? Est-ce que cette bière aux framboises sent les framboises charnues et ensoleillées du mois d’août ou plutôt la framboise encore blanchâtre et surette cueillie avant maturité? Il y a tout un monde entre ces deux framboises! J’applique les mêmes principes descriptifs avec le goût, en y additionnant des éléments de textures : est-ce une bière veloutée, pétillante sur la langue, mince, avec un corps moelleux et douillet, chocolatée, torréfiée, fruitée, résineuse, florale, houblonnée, épicée? Y sent-on les grains employés, des éléments minéraux particuliers? Qu’y a-t-il de spécial à cette dégustation? J’essaie d’en cerner le caractère unique.

Enfin, il est également possible de se référer aussi au toucher et à l’ouïe. Par exemple, le toucher se couple avec le goût lors de l’appréciation de l’onctuosité de la bière. Évidemment, ce sont les papilles qui entrent en contact sur leur surface avec la bière. Elles se gorgent du produit et l’information se transmet à notre cerveau. Quant à l’ouïe, j’aime bien l’associer au bruit qui court lors de la sortie d’une bière! Je fais alors allusion aux rumeurs qui circulent et aux informations diffusées par les brasseries dans les médias sociaux et sur leurs pages Web. Rares sont les bières à propos desquelles nous n’avons aucune information avant même de les déguster. Somme toute, un conseil en terminant : n’hésitez pas, en décrivant un produit, à employer des termes qui expriment votre expérience à vous! Il est toujours plaisant de se faire raconter une bière à travers les mots de l’autre.

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