L’utopie du rhum d’érable au Bas-Canada

Quel lien y a-t-il entre le sucre d’érable et les mobilisations en faveur de l’abolition de la traite des esclaves? Quel projet de développement économique prendrait appui sur la production de sirop d’érable? Cela relève de l’utopie! C’est pourtant bien ce que proposait en 1792 un jeune imprimeur de Québec, Samuel Neilson.  Coloniser les érablières  Pour la communauté des marchands de Québec, la fin de la traite des esclaves annoncée par la révolution de Saint-Domingue (Haïti) ainsi que d’autres révoltes d’esclaves présentent un enjeu de taille.   Il faut dire que l’idée que la production du sucre et du rhum – l’un de leurs principaux objets de commerce – soit perturbée a de quoi leur donner des sueurs froides. Neilson envisage plutôt la mise en valeur d’une richesse naturelle toute canadien­ne : Acer saccharum, l’érable à sucre.   Le 1er mars 1792, on peut lire l’éditorial suivant dans les pages de la Gazette de Québec :   « Avis aux propriétaires d’érablières.   Comme les troubles qui règnent actuellement dans les…
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