Dans un semblant de camp de bûcheron aux abords de la Canardière dans le secteur Limoilou à Québec, La Souche propose une gamme de bières étoffée se promenant d’une influence à l’autre, le tout dans une ambiance honorant les racines de notre culture québécoise jusque dans l’assiette. Pas étonnant qu’une deuxième succursale ait ouvert ses portes, à Stoneham, munie d’un permis industriel qui permet d’enfin mettre en tablettes les produits de la brasserie.

Alors que les projets poussent ici et là dans la province depuis 2008, les amateurs de bières de la ville de Québec attendent avec impatience la venue de nouvelles microbrasseries dans la ville. Après La Korrigane en 2010, La Souche devient, en février 2012, une nouvelle destination bière de la ville dans un secteur de Limoilou qui en bénéficiera grandement.

En fait, les anciens locaux de la brasserie sont plutôt familiers avec la bière; l’endroit ayant abrité des bars prisés des étudiants du Cégep au préalable. Cette fois par contre, Antoine Bernatchez, Patrick Champagne et leurs deux comparses de l’époque entendent, comme le nom de la brasserie l’indique, mettre l’accent sur les produits locaux, notamment sur l’ardoise et sur les pompes.

Le grand saut

Depuis plusieurs années, Antoine brasse à la maison avec Olivier Giguère, également un ami d’enfance de Patrick, qui rejoindra les rangs de La Souche quelques années plus tard. Justement afin de passer à un niveau supérieur, Antoine approfondit sa passion avec des cours spécialisés et un emploi d’aide-brasseur à la Microbrasserie des Beaux-Prés aux côtés du vétéran Luc Boivin.

Les bières concoctées par la brasserie quelque temps après l’ouverture représentent les styles de multiples influences brassicoles au grand plaisir des geek de la région qui retrouvent, en plus des styles classiques, des produits tendance popularisés par nos voisins du sud. On pense notamment à la Canardière, l’IPA américaine de l’endroit qui est rapidement adoptée par la jeune clientèle.

C’est d’ailleurs cette diversité qui a plu à Marc-Antoine Hivon, aujourd’hui directeur des ventes de l’entreprise, d’abord un fervent amateur de bières de la région qui devient, en 2013, un sympathique membre de l’équipe.

Transformation et expansion

Avec les années, la brasserie subira quelques modifications, notamment en 2015, afin de transformer la cuisine au grand plaisir de Patrick qui pourra enfin développer son menu, ainsi que pour agrandir la salle de brassage où les recettes se multiplient et font leur nom dans le milieu. Antoine utilise de plus en plus d’ingrédients locaux dans ses recettes, entre autres fruits, épices et plantes boréales.

Cette tendance se poursuit au début 2016 avec l’arrivée d’Olivier et le projet d’une deuxième succursale munie d’un permis industriel où les bières pourront être embouteillées. C’est finalement à Stoneham, voisin du terrain de golf, que La Souche Stoneham ouvre ses portes au printemps 2017. Si l’espace limite les propriétaires à Limoilou, il en est tout autrement à Stoneham où même une fois le nouveau bâtiment complété, il reste encore beaucoup de place tant à l’intérieur qu’à l’extérieur pour de l’expansion. Mais chaque chose en son temps…

La Souche Stoneham propose une ambiance similaire à sa succursale sœur dans un environnement un peu plus moderne, mais toujours fidèle à La Souche et ses racines. On y retrouve notamment les imposantes tables en bois et quelques artéfacts de notre culture québécoise sur les murs ici et là. S’ajoutent également les œuvres grand format de Félix Girard, un artiste de la région, qui a le plaisir de rendre en image les personnalités des bières embouteillées de la brasserie. Son style authentique lui confère d’ailleurs une visibilité fort réussie sur les tablettes.

En cuisine, le menu conçu par Patrick reprend des classiques de pub en leur ajoutant des touches distinctives, souvent copieuses, des produits et ingrédients locaux, et, évidemment, quelques millilitres de bières maison à l’occasion. L’endroit se démarque entre autres par ses poutines gourmandes qu’il est difficile d’ignorer : la cheeseburger, la bacon et bleu, la smoked meat et les boules du bûcheron. En 2015, La Souche remporte d’ailleurs le prix «Choix du public» lors du Poutine Week Québec avec cette dernière.

La Souche 2.0

Si La Souche gagne sans cesse en popularité depuis son ouverture, c’est qu’elle s’investit intelligemment dans ce qu’elle entreprend et le réussit à merveille. Son concept évoquant la culture québécoise n’est pas inédit dans le milieu, mais la prédominance du bois massif dans son décor à l’intérieur et les multiples plantes à l’extérieur l’été sur sa terrasse permettent de créer une ambiance distincte et fort invitante.

De même, ses offrandes variées savamment exécutées laissent fréquemment place à des ingrédients moins communs du terroir québécois, une tendance que l’on observe également à l’ardoise. Avec sa nouvelle succursale et ses produits béton au look d’enfer qui prendront tranquillement de l’expansion sur les tablettes dans les régions avoisinantes, attendez-vous à ce que plusieurs autres tombent sous son charme.