Une semaine de vacances à chasser les brouepubs du Québec
28-05-2010 / Martin Thibault



Aucune agence de voyages ne pouvant vous suggérer un périple relié à la bière artisanale du Québec, Bières et plaisirs est fier de vous présenter un itinéraire certain de vous faire découvrir, ou redécouvrir, certaines des meilleures bières brassées en province.

Nous vous proposons donc de partir à la rencontre de brouepubs, ces brasseries artisanales locales qui ne vendent jamais leurs petites perles en bouteilles à l’extérieur de leurs murs. Ne les cherchez pas même dans les magasins spécialisés; aucun de leurs produits ne s’y retrouve. Vous comprendrez alors que ces brouepubs représentent dans plusieurs cas des secrets connus presque uniquement des locaux.

Cette fois-ci, nous avons scindé la province en deux, en diagonale : cet itinéraire arpente la moitié sud et ouest du Québec. Le voyage commence à l’Ouest, mais de toute évidence, vous pouvez l’entreprendre d’où vous voulez dépendant de votre localité de départ.

Jour 1 : À l’extrémité ouest de la province se trouve un des plus beaux bâtiments à jamais abriter une brasserie artisanale. Les Brasseurs du Temps (rue Montcalm, à Gatineau) siègent effectivement dans un ancien château d’eau avec murs en pierre; sa terrasse est jonchée d’un canal, lui-même décoré par un pont en fer forgé. À la salle à manger, une longue descente en spirale offre une vue aquarium vers la salle de brassage plus bas. À couper le souffle! Le pire dans tout ça, c’est que la qualité des bières rejoint celle du décor. Dominique Gosselin et son équipe vous combleront assurément avec ses Ales toutes aussi bien charpentées les unes que les autres.

Jour 1 alternatif : Si vous avez un peu plus de temps, considérez le voyage jusqu’à Rouyn pour y visiter Le Trèfle Noir (Ave Principale). Alexandre Groulx y concocte des Ales impeccables que même les dégustateurs les plus aguerris n’ont pas encore goûtées. Vous pourrez redescendre vers l’Outaouais le lendemain en sillonnant la campagne afin d’y continuer ce voyage dans l’ordre.

Jour 2 : Direction Est, arrêt à Montréal. Puisqu’un festival estival n’attend pas l’autre, il est difficile de trouver un endroit plus festif que la métropole à ce temps-ci de l’année. Vous pourrez alors profiter de la terrasse du Benelux (rue Sherbrooke), à quelques pas de la Place des Arts et donc du quartier des spectacles. Benoît Mercier et son équipe y conçoivent une panoplie de styles de bières inspirés de la Belgique, de l’Angleterre, de la côte ouest américaine et de l’Allemagne. Chaque création est d’une rigueur et d’une verve inspirantes.

Jour 3 : Puisqu’une virée à Montréal risque de se terminer tard dans les rues à profiter des spectacles gratuits, une deuxième journée s’impose. Puisque l’atmosphère est à la fête, pourquoi ne pas visiter un des brouepubs avec le plus de personnalité en province : Le Cheval Blanc (rue Ontario). Éloi Déit y offre toujours des bières maison goûteuses et créatives, parfaites pour la faune locale anti-Plateau. C’est effectivement le seul brouepub où, en quelques minutes, vous pourriez apercevoir un chauve aux cheveux longs, une cliente faisant des pirouettes au plancher et un plafond possiblement statique semblant attirer les cheveux de plusieurs. Rafraîchissant à plusieurs niveaux!

Jour 4 : À quelques minutes au Sud, on retrouve le calme à Chambly. Difficile de ne pas se soumettre à la tentation d’une marche ou d’une randonnée en vélo le long de la Richelieu, traversant le fort de Chambly. Non loin de là, Bedondaine et Bedons Ronds (rue Ostiguy) fait office de pourvoyeur local de bijoux liquéfiés. Ce projet d’un seul homme (quoique la sainteté de sa femme est non négligeable) est celui de Nicolas Bourgault, collectionneur passionné, comme fait foi le décor de son brouepub. À noter que le large éventail de bières maison est particulièrement plaisant à déguster lorsqu’on regarde le brasseur à l’œuvre dans la salle prévue à cet effet.

Jour 5 : Rares sont ceux qui prennent le temps de faire le petit détour par Sorel. Que c’est dommage! Surtout que c’est là que se terre le Loup Rouge (rue du Roi), un des brouepubs les plus captivants de la province. De l’art local des murs jusqu’au plafond, de vieux meubles reconstitués partout, des effigies du Lord Wilfred Nelson (le loup rouge lui-même) vous zieutant ici et là, une petite scène à spectacle : tout est en place pour vous offrir une soirée des plus chaleureuses. De plus, Jan-Philippe Barbeau y brasse entre autres des Stouts sublimes et des bières de soif bien rondes.

Jour 6 : On traverse ensuite la campagne pour se diriger en Estrie où vous attend une des brasseries artisanales à l’esthétisme les plus léchés du nord-est de l’Amérique. Cette ancienne gare aux immenses murs en brique est le terrain de jeu de Jonathan Gaudreault, maître-brasseur de ce sublime Siboire (rue de la Gare). Si la fatigue gustative de la semaine commence à se faire sentir, cet anesthésiste de formation saura réanimer vos ardeurs à coup sûr (décidément, il ne veut que notre bien celui-là). Étalez-vous sur les sofas, sur la mezzanine, ou dans le chaleureux café avec vue sur la chambre froide toute vitrée et vous découvrirez rapidement que toutes ses bières sont de petites soies liquides.



 
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