On dit que croiser un chat noir est de mauvais augure; les fervents de Catnip vous diront le contraire. Bientôt, ils seront encore plus nombreux, car cette bière hommage à l’herbe à chat s’apprête à sortir des cuves de la toute nouvelle Brasserie St-Malo de Noctem Artisans Brasseurs sise dans le parc industriel Saint-Malo à Québec. Déjà, cette IPA américaine compte une bonne base d’amateurs.

Catnip, c’est le nom anglais de la cataire, une plante aromatique mieux connue sous son sobriquet d’herbe à chat en raison de l’attrait qu’elle exerce sur certains félins. Elle contiendrait en effet une substance impliquée dans le déclenchement des phéromones sexuelles chez les chats. Dans le cas de la version de Noctem, c’est plutôt chez l’amateur de bombes houblonnées qu’elle déclenche quelque chose d’attractif. Et pour ceux qui se demandent pourquoi avoir misé sur le nom anglais, ça sonne mieux et c’est accepté par l’Office québécois de la langue française.

Le profil de la Catnip

Ale blonde scintillante et voilée, elle se présente sous une abondante mousse blanche. On y découvre une explosion de saveurs tropicales aux notes citronnées, soutenue à merveille par un corps velouté qui nous conduit sur une finale où son amertume résineuse persiste. Tellement facile à boire qu’on peine à croire son 7,5 % d’alcool jusqu’à ce que se manifestent ses effets… On n’a alors d’autres choix que d’en reprendre une pour valider qu’on s’est bien fait prendre.

Brassée avec un mélange de malt Pilsner et de 2 rangs, on lui ajoute aussi de l’avoine et de l’orge en flocons pour lui conférer sa texture soyeuse et veloutée. Les grandes vedettes sont toutefois le Simcoe, le Citra et le Mosaic qu’on utilise en extrait de CO2, en pellets et en poudre de lupuline, presque exclusivement en fin de brassage et en houblonnage à froid. Y’a de quoi miauler!

Pèlerinage dans le Nord-est américain

La recette de la Catnip a été élaborée suite à un voyage dans le Maine en avril 2017 où l’équipe de la brasserie a fait la tournée des brasseries de Portland et a échangé avec les brasseurs rencontrés sur place. Lors de son passage chez Battery Steele, elle découvre la Flume, une DIPA qui impressionne par sa texture soyeuse mi-sucrée et son avalanche de houblons. La brasserie américaine la concocte avec de la poudre de lupuline et partage quelques-uns de ses trucs pour l’utiliser judicieusement.

«Au retour, on souhaitait faire une NEIPA, mais on ne voulait pas le mentionner sur la canette, un peu en hommage à ceux qui ont créé les premières versions. On l’a aussi fait un peu plus alcoolisée pour être ratoureux», raconte Yann Gravel, cofondateur qui se chargera de superviser les opérations de brassage à l’usine.

Dès sa sortie en mai, la bière fait des ventes record au pub. Évidemment, la bière est brassée à plusieurs reprises durant l’été pour satisfaire à la demande de la clientèle. Comme quoi «c’est chiant à utiliser la poudre [de lupuline], mais c’est efficace», indique le brasseur. «On voulait faire des tests en canettes en vue de la future usine, mais aussi pour voir la réponse du produit sur les tablettes», poursuit-il. Brassée chez Oshlag, les premières canettes débarquent sur les tablettes en août 2017et le succès est instantané.

Grâce à l’entente de brassage, le pub est également en mesure de consacrer du temps de cuves à d’autres recettes. Naîtra ainsi la série Oskar, une trilogie d’IPA vermontoises, un peu plus amères, brassée en l’honneur d’Oskar, aussi connu sous le nom de Unsinkable Sam, un chat ayant survécu à trois naufrages durant la Deuxième Guerre mondiale.

La Brasserie St-Malo

Au moment d’écrire ses lignes, l’équipe de Noctem travaille fort pour finaliser l’installation de sa salle de brassage à sa nouvelle Brasserie St-Malo dans le parc industriel du même nom à Québec. L’ouverture officielle prévue à la mi-décembre permettra de déguster les premiers brassins effectués sur place, assurément quelques IPA et Saisons.

Parmi les produits qu’on s’attend à voir lors des premiers mois, il y aura la trilogie Oskar comprenant La Bismarck (Equinox, Mosaic et Citra), la HMS Cossack (Vic Secret et Amarillo) et la HMS Ark Royal (à être élaborée) qui verront tour à tour le jour en canette. L’Herbosophie, une Saison aux fines herbes (thym, romarin et sauge) ainsi que la Hélia Peppercat, une Saison aux poivre de Sichuan et citron seront probablement parmi ceux-ci.

«On prévoit sortir neuf produits, dont la Catnip qui sera régulière; les autres seront plus saisonnières ou brassées en alternance. On va miser sur les IPA, les Saisons et quelques Berliner Weisse aux fruits», avance Yann. Évidemment, le tout sera ajusté en fonction de la demande, mais la brasserie ne compte pas trop s’étendre et commencera par favoriser les commerces de sa région.

Il sera aussi possible de passer directement à la Brasserie St-Malo pour récupérer ses canettes ou même prendre quelques verres puisqu’elle est munie d’un salon de dégustation. Quelques bouchées seront même disponibles. Il ne faudra pas non plus délaisser le pub de la rue du Parvis puisqu’il proposera des produits plus expérimentaux une fois la brasserie en pleine opération.