À découvrir : en couple ou entre amis
Durée du voyage : de 3 à 5 jours
De Montréal : avion (5 h 30)
Transport urbain conseillé : à pied, en streetcar et en taxi

La Nouvelle-Orléans est une ville fascinante, riche en histoire et en culture. Véritable melting pot, son passé à la fois français, espagnol, africain et américain, lui procure aujourd’hui une saveur unique. Mais l’arrivée du 21e siècle n’aura pas été des plus faciles pour la Big Easy.

Presque complètement entourée d’eau, la cité est située sur les bords du majestueux Mississippi, non loin de son delta, et sur les rives sud du lac Pont-chartrain. Elle est d’ailleurs principalement construite sous le niveau de celui-ci, ainsi que celui du golfe du Mexique, non loin.

Donc, quand l’ouragan Katrina a frappé à sa porte à la fin août 2005, elle s’est retrouvée dans de beaux draps. Si bien, que le 30 août, un jour après le passage de l’ouragan, 80 % de La Nouvelle-Orléans est inondée. Deux brèches du système de digue étant grandement responsable de cela.

Laissée à elle-même, cette grande dame du Sud a dû se relever seule et remettre ses propres affaires en état.

Le passé brassicole de La Nouvelle-Orléans

La ville possède un riche passé brassicole, grandement influencé par la présence de nombreux immigrants allemands arrivés à partir du 18e siècle. Dès 1850, ils s’installent en masse dans l’Irish Channel. Au même moment, la première brasserie industrielle apparaît, et ce n’est pas un hasard. Si la Guerre Civile a raison de celle-ci, d’autres reprendront le flambeau quand le port sera finalement rouvert.

En 1907, ce qui deviendra une véritable institution est inaugurée, la brasserie Dixie Brewing Company. Elle sera grandement touchée par les inondations engendrées par le passage de Katrina, puis les pillards achèveront le boulot, si bien que leurs bières sont depuis brassées sous contrat ailleurs.

Il faut attendre quatre ans avant de pouvoir se désaltérer à nouveau avec une bière véritablement locale – Abita étant brassée à près de 50 km plus loin – car en 2009, c’est au tour de la New Orleans Lager and Ale Brewing Company de prendre le relais.

La nouvelle vague

Si NOLA Brewing avait pavé la voie, il a fallu attendre encore quelques années avant que celle-ci ne soit véritablement empruntée par la nouvelle vague de brasseurs, la très grande majorité des microbrasseries ayant moins de trois ans au compteur.

Mais leurs énergies ne sont pas que dépensées dans la préparation de brassins différents et imaginatifs, ces brasseries sont aussi bien implantées dans leurs communautés, malgré leur bien jeune âge. Support de clubs sportifs amateurs du quartier, brassins collaboratifs pour venir en aide à des organismes locaux, soirées cinéma, on s’assure de faire véritablement partie du tissu social de la paroisse d’où est issue la brasserie.

Les quartier à visiter

Le Quartier Français ou Vieux Carré représente le quadrilatère original de douze par six rues. Au détour de petites rues au nom français, vous trouverez une remarquable architecture où se côtoient maisons coloniales françaises et espagnoles, townhouses américains et créoles, et shotgun houses. C’est ici que l’on retrouve la mythique Bourbon Street, véritable fête à ciel ouvert, peut-être un peu intense. On y préfère la rue Decatur plus calme. C’est ici que l’on retrouve le Jackson Square, inspiré de la Place des Vosges de Paris et le French Market.

Créé sur le site de l’ancienne plantation de Bernard de Marigny, le Faubourg Marigny fut le premier à s’adjoindre à la ville en 1805. Outre de fameux jazz-bar, on retrouve sur Frenchmen Street le Palace Market, un superbe marché de nuit artistique.

Originalement développé au 18e siècle, le Garden District comprend la plus importante collection de manoirs historiques du Sud. On y retrouve aussi le cimetière Lafayette fondé en 1833, des visites guidées y sont offertes même de nuit, car il est considéré comme l’un des plus hantés.

S’y déplacer

Le design du Vieux Carré se prête merveilleusement bien à la marche. Cela vous permettra également de bien vous imprégner de l’atmosphère qui y règne. De là, il est très facile de se rendre en streetcar au Garden District, au Faubourg Marigny, ou aux musées. Pour le reste, un taxi/uber sera votre meilleur choix.

À découvrir

Nature

Jean Lafitte Swamp Tour

Un alligator à côté de la pancarte annonçant le Jean Lafitte Swamp TourUne visite dans les bayous s’impose. On vous offre même de vous ramasser directement à l’hôtel ou depuis le Vieux-Carré. Si plusieurs embarcations sont disponibles, nous vous recommandons chaudement de partir à l’aventure à bord d’un hydroglisseur. Ces bateaux à fond plat permettent de rapidement débusquer alligators, serpents, oiseaux et autres créatures des marais; leurs énormes hélices les propulsant à travers les bayous à une vitesse pouvant atteindre 72 km/h. Notre guide ayant grandi dans ces bayous débordait de connaissances, et disons que notre rencontre avec un alligator fut des plus intimes. Un must pour tout amateur de nature.

Musée

The National WWII Museum

 

Deux avions de guerre au National WWII MuseumLe lien entre La Nouvelle-Orléans et la Seconde Guerre mondiale est bien simple : c’est ici que les bateaux amphibies « Higgins », essentiels au Débarquement, ont été conçus et construits. Il s’agit d’un des plus importants musées américains dédiés à ce conflit, et l’un des plus appréciés du monde. Plusieurs salles aux thèmes variés offrent aux visiteurs une immersion quasi complète : véhicules, armes, uniformes, artefacts, films militaires, bandes audio nous sont présentés dans des décors réalistes dépeignant adroitement les différents théâtres où les Américains affrontèrent l’Axe. Prévoir de trois à six heures, au moins.

Histoire

Plantation Destrehan

Une case d'esclave à la Plantation Destrehan

Il existe plusieurs plantations, chacune offrant de revisiter une page importante, bien que sombre, du passé colonial et esclavagiste de la Louisiane. Destrehan n’est peut-être pas la plus jolie; ce titre appartenant fort probablement à Oak Alley, mais c’est celle située le plus près de La Nouvelle-Orléans et l’une des plus anciennes maisons de toute la Louisiane, sa construction ayant débuté en 1787. Une lettre originale du président Jefferson nommant M. Destréhan au 1er conseil législatif du 18e état, ainsi de que nombreux meubles, tableaux et artefacts d’époques y sont aujourd’hui exposés. Un lourd passé, certes, d’où le devoir de mémoire.

Notre sélection bières

Brasserie – Urban South Brewery

Le logo d'Urban South Brewery

Lancée il y a à peine deux ans, cette microbrasserie est tout de même l’une des doyennes de La Nouvelle-Orléans. L’idée a germé dans l’esprit du fondateur, Jacob Landry, lors d’un séjour d’une année en Europe. Il a décidé de se joindre à des brasseurs locaux afin de ré-établir la réputation de capitale brassicole du Sud à sa ville. Le taproom est chaleureux et l’utilisation de tables à pique-nique rend l’endroit fort sympathique. Le choix de bière est varié, passant de plus traditionnel à expérimental, toutes plutôt réussies.

1645 Tchoupitoulas St
urbansouthbrewery.com

Brasserie – Parleaux Beer Lab

:e logo de Parleaux Beer Lab une goutte deeau sur une cocote de houblon stylisés) sur le mur de la brasserie
Photo: Chrisitan Marcil

Cette brasserie et son taproom sont particulièrement bien implantés dans la communauté. Ouvert au printemps 2017, elle est rapidement devenue un point de rencontre du quartier et un incontournable de la scène brassicole louisianaise. Le couple derrière le projet, les Jensen, ne manque pas d’imagination, utilisant même les fruits récoltés dans les arbres fruitiers de leur biergarten dans leurs bières, en plus de ceux d’une ferme locale. Situé dans un coin très industriel, l’endroit est toutefois accueillant et convivial.

634 Lesseps St
parleauxbeerlab.com

Brasserie / Bar à bières – Brieux Carré

Le signe annonçant Brieux Carré sur le bord de la rue
Photo: Chrisitan Marcil

Une minuscule brasserie des plus sympathiques ouverte il y a à peine plus d’un an par deux passionnés qui veulent véritablement refléter l’esprit laisser-faire de la ville autant dans leurs bières que dans leur approche du brassage. On y retrouve une panoplie de bières standard en plus d’une ou deux spécialités qui se renouvellent à la semaine. Située dans le Faubourg Marigny, juste au nord du French Market, c’est un petit endroit parfait pour reprendre son souffle entre la folie de la rue Bourbon et la joie de vivre de Frenchmen.

2115 Decatur St
brieuxcarre.com

Distillerie – Roulaison Distilling Co.Le tableau noir indiquant la distillerie Roulaison Distilling Co.

Andrew Lohfeld et Patrick Hernandez, les deux sympathiques propriétaires, ont décidé de produire des rhums des plus traditionnels et artisanaux possibles en plein cœur de la ville. Ils y distillent, dans de minuscules alambics à repasse en cuivre, un moût fait à partir de mélasse locale. Ils utilisent séparément deux levures différentes, l’une de type belge et l’autre brett, et le temps de fermentation dure d’une à trois semaines. Donc rien pour simplifier leur tâche, mais tout pour créer un rhum goûteux et complexe.

2727 S Broad St., #103
roulaison.com

Restaurant – Toups’ Meatery

Un restaurant moderne, lancé en 2012 par la famille Toups, des Cajuns présents en Louisiane depuis plus de 300 ans. On y sert une cuisine cajun vibrante et délicieuse. Le bar est bien garni, et le barman talentueux est une mine d’information. Chacune des entrées nous a charmés, et pour le plat principal, la côtelette de porc jouit d’une réputation dépassant midtown. La venaison et le canard valent aussi le détour. Chapeau à notre serveuse et sommelière. L’endroit peut être un peu bruyant, mais le charme est indéniable.

845 N Carrollton Ave
toupsmeatery.com