Deux spiritueux ont fait leur entrée en juin dans le rayon des produits québécois de la Société des alcools. Ces créations sont le fruit de plusieurs années de réflexion et d’effort de deux consultants en informatique, qui ont fondé en 2016 la Distillerie de Québec.

« Notre grande aventure a commencé il y a environ cinq alors qu’on découvrait ce qui se passait surtout aux États-Unis, où les microdistilleries sont en expansion depuis une dizaine d’années, raconte Christophe Légasse, l’un des fondateurs avec David Lévesque. On s’est dit qu’il y avait un potentiel au Québec, même si le cadre réglementaire et légal est plus contraignant. »

Épicuriens et amateurs d’alcool fins, ces deux associés ont suivi des formations sur la fabrication du whisky et du rhum à Seattle et au Vermont, avant de rédiger leur plan d’affaires dans le but de créer une entreprise rentable au Québec.

C’est dans l’ancien local de la Brasserie Générale, dans Charlesbourg, à Québec, que les comparses ont installé leur distillerie. Après deux ans d’occupation, ils ont doublé la superficie pour un total de 3000 pieds carrés.

Hommage à Québec

Les noms des deux produits actuellement sur le marché, un gin et une vodka, font référence à l’histoire de Québec. « C’est une façon de faire rayonner l’histoire de la ville qui est souvent un peu méconnue des gens, raconte Christophe Légasse. Notre gin fait référence au village fondé par les Jésuites et l’intendant Jean-Talon sous le règne de Louis XIV, le Trait-Carré, afin de regrouper les colons. La thématique, c’est l’effet rassembleur des différentes saveurs du gin. »

Après six mois de recherche et développement et 26 recettes de gin, l’équipe a finalement trouvé la bonne. Le dry gin Trait-Carré regroupe quatorze ingrédients, dont un peu moins de la moitié proviennent du Québec. « Nous avons plusieurs artisans-cueilleurs à travers le Québec, notamment pour le poivre des dunes, le mélilot, l’argousier, la baie et la fleur de sureau », ajoute M. Lévesque.

Ils ont travaillé tout aussi fort pour créer la vodka Cap Diamant, autant sur l’utilisation de l’eau que sur la filtration nécessaire pour enlever tout gout résiduel.

Les partenaires sont actuellement en mode recherche et développement pour fabriquer un whisky et un rhum. « Ça s’en vient, assure David Lévesque. On en reparlera prochainement. »