Ce n’est pas tous les jours que l’on peut se targuer d’avoir créé une toute nouvelle classe de spiritueux. C’est pourtant ce que trois producteurs d’alcools du Québec sont en train de faire avec l’acerum.

Pour Joël Pelletier de la Distillerie du St. Laurent, l’idée de ce projet lui est venue suite à une discussion avec Nicolas Julhès, propriétaire de la Distillerie de Paris. Celui-ci lui avait fait remarquer que l’érable était l’un des seuls sucres qui n’étaient pas encore fermentés et distillés pour faire un spiritueux. «Principalement à cause du coût prohibitif du sirop ou de l’eau d’érable comparativement aux céréales ou à la mélasse», explique M. Pelletier.

Celui-ci expérimente tout de même depuis quelques années avec l’érable. Entre temps, Vallier Robert et Nathalie Decaigny du Domaine Acer se sont joints à lui. Ces derniers ayant acquis, depuis l’obtention du tout premier permis de production artisanale de boissons alcoolisées à base de sève d’érable en 1997, une expérience importante dans le domaine.

Puis, en juillet dernier, la Distillerie Shefford lançait son Acerum, justement le nom auquel songeaient déjà Joël, Vallier et Nathalie. «On est donc entré en contact avec Gérald Lacroix afin de voir son intérêt à fonder une association», raconte Joël. La réponse fut immédiatement positive. Et voilà que l’Union des distillateurs de spiritueux d’érable (UDSÉ) était née.

«On s’est alors dit que si on était pour développer un nouveau spiritueux, il fallait créer une appellation afin d’aider le consommateur à s’y retrouver», renchérit-il. Ils se sont donc tournés vers une marque de certification, ce qui permettra à leur organisme à but non lucratif d’accorder le nom «acerum» à des produits respectant le cahier de charge provenant de quiconque pouvant le certifier.

Cette certification ACERUM, définissant l’eau-de-vie d’érable du Québec, fut présentée au public lors de la conférence de presse qu’a tenue l’UDSÉ le 30 mai dernier. Pour tous ceux impliqués, il s’agit en quelque sorte d’un legs aux Québécois.

«Les Écossais ont le scotch, les Français le cognac, les Italiens la grappa. Dorénavant, les Québécois auront l’acerum», annonce fièrement Joël Pelletier.