En fondant la distillerie Artist in Residence (AiR) près de l’aéroport de Gatineau, Pierre Mantha désire apporter un côté différent, collaboratif et moderne aux traditions de la distillation. Le nom vient d’ailleurs du concept d’artiste en résidence, où tout devient un acte de co-création, du grain à la bouteille.

Le tout premier produit de l’entreprise sera un gin créé avec le parfumeur de la compagnie canadienne Zoologist Perfumes. «On a déjà conclu une entente avec la SAQ afin de vendre le Waxwing Bohemian Gin dès le mois de juin», indique Joanie Benoit, coordonnatrice marketing et opérations d’AiR.

Suivra, à la fin de l’été, un deuxième spiritueux : Vodkalight. Cette vodka, faite d’eau de source boréale et de maïs 100 % canadien et titrant 30 % d’alcool, est issue d’une collaboration avec un pyrotechnicien de Kuma Fireworks de Gatineau.

«Notre mission est de proposer des produits innovants, et c’est entre autres l’une des raisons pourquoi nous avons choisi de faire une vodka qui est légère en alcool et en calories pour le consommateur au mode de vie sain», précise Mme Benoit.

Le défi

Mantha s’est remis en question il y a de cela cinq ans : «En fait, il manquait de défis et il s’est rendu compte que ce qu’il aimait faire c’était de bâtir des projets», raconte Mme Benoit. Et l’idée de passer à la distillation est venue d’une conversation avec un ami colombien lors d’un voyage là-bas. Celui-ci lui demanda tout bonnement : «pourquoi tu ne fais pas de l’alcool? Vous avez la meilleure eau au Québec!»

Leurs installations de pointe comportent des équipements constituant un investissement total de plus de un million de dollars, dont un alambic de cuivre de 5 000 L.

«Notre vision est ambitieuse : faire rayonner, tant sur le plan local qu’international, le talent régional en valorisant les agriculteurs, entrepreneurs et artistes locaux par le biais de collaborations et de partenariats d’affaires», énonce Mme Benoit.

«Nos premiers produits seront disponibles sur le marché colombien (la femme de Pierre Mantha étant colombienne) dès juillet 2018 et ontarien en 2019», enchaîne Mme Benoit, «Notre but ultime à long terme est de développer d’autres marchés à l’international.»