Bâti sur un modèle coopératif où les membres-propriétaires ont chacun leur rôle bien défini, Le Temps d’une Pinte s’impose comme une formule gagnante où les résultats parlent d’eux-mêmes : d’excellentes bières, des mets bistronomiques alléchants, des cafés savoureux et une ambiance industrielle décontractée qui met en valeur l’ouvrier et la personne. I’ll drink to that!

Alex Dorval est le volubile et sympathique initiateur de Le Temps d’une Pinte, la microbrasserie des Trois Rivières. Il a su rassembler d’autres passionnés de bières tout comme lui pour former la coopérative qui compte aujourd’hui cinq membres. Dès le départ, il rencontre Gustavo Nevares, un brasseur argentin aguerri ayant œuvré dans SherBroue et Alain Rivard, un consultant en entreprise qui s’intéresse particulièrement à son projet. S’ajoute aussitôt le chef Laurent Laganière, ancien sous-chef du réputé Poivre Noir à Trois-Rivières qui sera essentiel à l’aspect bistronome de l’endroit.

À l’été 2013, Le Temps d’une Pinte s’établit dans les anciens locaux de la maison de cafés Le Torréfacteur. Fiers de cette brûlerie trifluvienne qui compte 15 ans d’existence, les nouveaux propriétaires décident d’emblée de l’intégrer à leur projet de brasserie.

« Nous savions depuis le début que nous voulions une brasserie vitrée et une cuisine ouverte pour mettre l’accent sur la main-d’œuvre et la transformation agroalimentaire. Lorsque nous avons appris que la bâtisse où s’était établi P.-V. Ayotte pendant plus de 100 ans et la maison de cafés Le Torréfacteur pendant 15 ans était à vendre avec le fonds de commerce, nous avions définitivement trouvé notre place d’affaires », indique Alex.

Le temps des travaux, c’est d’ailleurs le café qui permet aux propriétaires de survivre. En plein chantier, les clients passent faire leur tour, une façon bien particulière de se familiariser avec le concept qui souhaite justement rendre hommage à l’ouvrier et au fruit de son labeur. Le décor le rappelle bien avec les machins d’antan que l’on retrouve ici et là, les outils représentant les bières sur les pompes et l’imposant torréfacteur qui pose fièrement en vitrine à l’entrée. Le bois, le stainless et la fonte y sont omniprésents.

Une fois la transformation complétée, le concept pleinement déployé et la salle de brassage en activité, les choses prennent leur place et tant les offrandes de Gustavo que les créations de Laurent font une belle réputation à la jeune brasserie. C’est d’ailleurs charmé par la Bran de scie que Sébastien décide de quitter le Trou du Diable pour se joindre à l’équipe en tant que gérant en septembre 2014. Tout récemment, il est devenu le cinquième membre de la coopérative.

Le Temps d’une Pinte s’est rapidement taillé une place de choix dans le milieu brassicole et les beer geek n’ont que de bons mots pour la place. Avantageusement située sur le Chemin du Roy, à quelques pas du Bureau d’information touristique de Trois-Rivières, la brasserie reçoit désormais son lot de touristes à l’année. Évidemment, les locaux ont tôt fait d’adopter l’endroit tant pour ses bières que pour ses plats et ses cafés. Il faut aussi dire que la brasserie aime s’impliquer dans les diverses activités culturelles de la région.

Des bières réfléchies

La brasserie aime explorer divers styles brassicoles, mais souhaite tout de même faire preuve d’un peu de retenue afin de concocter des recettes qui survivent aux tendances et qui perdurent dans le temps. Avec plusieurs brassins à son actif, Gustavo aime développer de nouvelles façons de faire et passer du temps avec ses levures; la brasserie en compte d’ailleurs déjà une belle banque. Les bières sont également travaillées dans le but de s’accorder avec ce qui se crée en cuisine.

« On a ouvert au même moment où les Coureurs des Boires lançaient leur livre Les Saveurs gastronomiques de la bière, cela a beaucoup influencé notre réflexion sur les produits qu’on souhaitait développer », indique Alex.

Si on peut déjà se procurer certains des produits en canettes sur place, on peut s’attendre à les voir arriver sur les tablettes de quelques commerces dans la région pour éventuellement s’étendre dans certains commerces spécialisés plus éloignés. Il est toutefois clair que l’équipe souhaite y aller tranquillement à cet égard.

« On travaille tranquillement sur un projet plus gros, mais rien de déterminé. On veut faire grandir tous les aspects de l’entreprise donc le café, le resto, les ruches, etc. On veut trouver une formule globale et une façon d’ancrer l’entreprise dans le milieu agrotouristique », explique Alex.

Et si on parlait bouffe?

Le brasseur bistronome, ce n’est pas qu’une appellation choisie au hasard. La brasserie mise, depuis ses débuts, sur une cuisine bien définie qui élève les classiques populaires à travers le monde à un niveau supérieur et qui trouve en la bière la complice idéale.

Tartares à la française, scotch egg à l’anglaise, pastillas, falafel façon Moyen-Orient sont quelques exemples tout comme les plus communs hot chicken, meat balls et club sandwich. À l’ardoise, on se permet une offre un peu plus gastronomique qui change chaque quatre à six semaines. Les brunchs du week-end sont également fort recommandés.

Si l’endroit ne vous est pas encore familier, y’a pas de doute, c’est le temps d’une pinte.