Préférez-vous prendre votre bière en pinte, ou en plus petit verre? Êtes-vous encore plus extrême, aimant boire dans un stein, ces grosses chopes de bière allemandes ou, à l’inverse, dans des galopins, ces petits verres de dégustation? Faisons le tour des pour et des contres des différents formats.

Qu’est-ce qui influence la taille du verre que vous allez prendre? Je ne parle pas ici de la forme du verre, sur laquelle Anne-Marie a écrit un excellent article dans la dernière parution, mais bien du volume, de la grosseur. Mise à part la disponibilité qui limite notre choix, comme lorsqu’on choisit de commander une bière en bouteille donc dans un format fixe, il y a quand même quelques facteurs à considérer.

Tout d’abord, les contenants

Le galopin, aussi appelé simplement verre de dégustation, contient une petite quantité de bière, habituellement tout juste suffisante pour bien apprécier ses qualités, soit environ 120 ml (4 oz pour les fan du système impérial). Le nom de ce format désignait à l’origine de jeunes garçons à qui on donnait la tâche d’aller porter des messages ou de petits paquets entre commerces. On suppose, les mœurs étant plus libres à l’époque, que le verre désignait la portion de bière acceptable que l’on pouvait donner à un enfant de cet âge pour sa récompense ou pour le désaltérer.

Ensuite, la partie britannique de notre héritage culturel nous fait habituellement quantifier les verres de bière réguliers en demi-pintes et en pintes. La pinte normalement servie au Québec est la pinte anglaise, contenant 568 ml (20 oz). Par simplification, on désignera souvent « demi-pinte » le format qui contient le volume d’une bière commerciale standard, soit 341ml (12 oz). Notez que la pinte américaine, moins utilisée chez nous, est plus petite que la pinte anglaise, soit 473ml (16 oz).

Et, pour le fameux pichet… Très apprécié par certains et méprisé par d’autres, ce format de service comporte comme avantages non-négligeables son prix plus avantageux et sa propension vers la camaraderie et le partage entre amis. Toutefois, il faut garder à l’esprit un des grands désavantages du pichet : la bière perd davantage de gaz car on la coule une première fois dans le contenant, puis une deuxième fois dans un verre (à moins de boire directement au pichet, ce que je ne recommande pas particulièrement). De plus, les pichets sont normalement en plastique, ce qui fera souvent perdre encore plus de gaz à la bière qu’on y verse à cause de sa surface moins lisse que le verre. Dans le processus de transvider la bière dans les verres, on perdra même la mousse onctueuse d’une bière conditionnée à l’azote.

Facteurs influençant la décision

Maintenant que les formats sont identifiés, quels facteurs vont nous faire pencher vers l’un ou l’autre? Certains bars vont utiliser l’approche d’avoir un seul format pour chaque bière servie. Les bières très alcoolisées, dispendieuses ou rares seront, par exemple, servies uniquement dans des petits verres. Si le volume du verre est en fonction du taux d’alcool, cela offre, entre autres avantages, de mieux calculer le nombre de consommations alcoolisées qu’on ingère. L’inventaire de verres étant réduit, cela permet souvent aussi aux établissements de servir chaque produit dans le verre idéal qui lui correspond. Toutefois, cela enlève la possibilité au client de choisir le format qu’il veut.

Le prix d’un produit va aussi influencer notre décision de format. Si une bière est particulièrement dispendieuse (généralement à cause de sa rareté), on se contentera souvent d’une petite portion. À l’inverse, au moment de se commander une bière qui ne coûte presque rien, on se dira souvent qu’on peut bien prendre le grand format pour la différence de prix…

Bien entendu, le taux d’alcool d’une bière pourra aussi aiguiller notre choix : si nous sentons avoir déjà trop consommé, peut-être devrions-nous boire la dernière bière que l’on veut absolument goûter en format galopin… Cela peut également faire partie de notre stratégie de session de dégustation dès le départ si nous voyons une grande quantité de bières au menu que nous aimerions essayer, mais que notre corps ne pourrait tolérer en autant de pintes!

En conclusion

Le choix du format de bière qu’on commande est habituellement fait de façon instinctive, sans trop y penser. J’espère que la lecture de cet article ramènera ce choix à la surface de votre conscience afin que vous puissiez mieux analyser la situation et faire le meilleur choix possible! Santé!