Devant la multiplication des produits sur les tablettes et l’incroyable dynamisme du marché de la bière, il n’est plus rare de voir différents modèles d’affaires se présenter au consommateur. Je vous présente un petit guide du vocabulaire brassicole et des différents modèles d’entreprises.

Microbrasserie

Saviez-vous que le terme « microbrasserie » est utilisé par de très nombreux consommateurs et acteurs de la culture bière au Québec, mais qu’il n’est pas utilisé sur les demandes de permis de fabricant? On parle de « brasseur industriel », peu importe la taille de la brasserie. C’est la production annuelle qui va définir qu’un brasseur industriel est une microbrasserie.

En 2006, le gouvernement fédéral nouvellement en place, a révisé les taux de taxes d’accises à la baisse pour toute brasserie au Canada qui produit moins de 300 000 hectolitres (hl) par année, soit l’équivalent de 3 500 000 caisses de 24. La barre est haute. À titre de comparaison, Boréale en produit environ 100 000 hl. Pendant de nombreuses années, le point de référence était donc de 300 000 hl.

Sur le site de l’Association des Microbrasseries du Québec, la production annuelle maximale est plutôt de 500 000 hl et, si la brasserie fait partie d’un groupe de contrôle mondial, les ventes ne doivent pas dépasser 1 000 000 hl. La barre est encore plus haute.

Les deux cadres de référence évoluent dans le marché simultanément. Personnellement, j’utilise la définition du gouvernement.

Brasserie artisanale

Le permis de « producteur artisanal de bière » représente tous les brouepubs. Encore une fois, le terme « brouepub » est plus largement utilisé dans les conversations usuelles que sur les papiers officiels. Les mêmes calculs de volume de production annuelle s’appliquent pour les brouepubs ainsi que pour les microbrasseries.

La différence entre un brasseur artisan et un brasseur industriel est principalement liée aux méthodes de vente de ses bières. Le brasseur industriel peut vendre sur place (dans une boutique attenante au lieu de production ou dans un salon de dégustation) ou distribuer sa bière à tous les permis de vente au Québec (détaillants, épiceries, bar, restaurants). Tandis que le brasseur artisanal ne peut vendre sa bière que sur place, originellement dans un verre, et depuis peu dans des contenant fermés et hermétiques pour consommation à l’extérieur de la brasserie.

Dans les deux cas, un système de brassage, fonctionnel, propriété de la brasserie, doit être dans les lieux de production.

Coopératives et sous-traitance

Depuis quelques années, il n’est plus rare de voir des produits brassés dans un établissement pour le compte d’un individu ou d’un groupe d’investisseurs qui a décidé de ne pas se procurer de systèmes de brassage, mais de louer du temps de brassage ou de faire brasser ses recettes par l’équipe de brassage en place. De plus en plus de brasseries offrent ce service et certaines ont même développé leur plan d’affaires axé principalement sur ce type de service.

Pour de très nombreux investisseurs qui se lancent dans la bière au Québec, le fait de brasser ou faire brasser ses recettes et commercialiser sa marque de commerce sans devoir investir dans un système de brassage est un avantage non négligeable. Cela leur permet très rapidement d’accéder aux tablettes des détaillants et d’assurer une présence sur le marché. Pour le consommateur, il est très difficile de faire la différence entre une brasserie ayant un système de brassage en place et une marque de commerce sous-traitant sa production.

Le brasseur itinérant

De plus en plus fréquent, le brasseur itinérant est un brasseur amateur passionné qui profite de l’expertise et des moyens de production d’une brasserie pour brasser et commercialiser une bière; souvent une recette qu’il maîtrise dans ses chaudrons. Pour de très nombreux brasseurs itinérants, il s’agit plus de défis personnels que de plan d’affaires. Aux États-Unis, il nous est arrivé de croiser des brasseurs itinérants qui ont cinq bières avec  cinq brasseries différentes dans la même région. Un phénomène nouveau, mais fort intéressant sur le plan de la culture bière et de son accessibilité.

Comment le savoir?

Au Québec, il est obligatoire d’indiquer la raison sociale et l’adresse de production sur les contenants pour la vente au détail. Il suffit donc de regarder attentivement d’où vient la bière que vous tenez dans les mains.