Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous aimiez particulièrement les bières de CETTE micro ou de CE brasseur? Bien sûr, il y a une question d’expertise, de matériel et même de choix d’ingrédients, mais il y a surtout derrière tout ça un fil conducteur. Ce fil conducteur, cette petite touche de magie personnelle, c’est ce que j’appelle la personnalité du brasseur, et celle-ci est souvent encore plus présente chez le brasseur maison (puisque nous n’avons pas les impératifs économiques qui nous obligent parfois à faire des choix cruels).

Par exemple, ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas brasser des bières qui font moins de 6 % d’alcool, que j’adore brasser des Saisons, que j’affectionne les bières crues, ainsi que de brasser avec de la levure à pain (on en reparlera). Je suis guidé par ma curiosité et par le défi. Si c’est difficile, si c’est peu commun, si c’est archaïque, il y a de bonnes chances que ça m’intéresse.

C’est ma personnalité de brasseur et c’est exactement ce à quoi vous devez vous attendre dans mes chroniques futures : des recettes peu communes, des expériences, des vieilles techniques, des Saisons et des bières fortes.

Mon parcours de brassage

Je brasse depuis plus ou moins sept ans. J’ai débuté par le cidre (parce que j’avais la chienne de me lancer directement dans la bière), puis j’ai utilisé les kits de bière (parce que je n’avais pas été conseillé), puis ont suivi les brassages par extrait, l’ajout d’infusions de céréales avec l’extrait, puis finalement je me suis mis au brassage tout grain en février 2015.

En novembre 2015, mon coéquipier, Hugo Lachance, et moi avons participé au concours présenté par LABAQ et avons remporté les honneurs dans la catégorie Saison noire avec ma 13e recette que je continue à perfectionner; j’en suis présentement à plus d’une vingtaine.

Depuis LABAQ 2015, j’ai 81 brassins à mon actif. J’ai fait des Lager, des Ale, des bières crues, du cidre et autres diverses expériences qui ne sauraient être catégorisées. Je n’ai jamais brassé professionnellement et contrairement à plusieurs de mes confrères brasseurs amateurs, ce n’est pas mon rêve. J’aime brasser chez moi, dans ma cuisine, avec les moyens du bord.

Une première recette

La première recette que je vous partage (présentée à la fin de cette chronique) est un bel exemple de ma personnalité de brasseur : une Saison forte et différente. Je rêvais depuis des années de brasser avec du moût de vin, alors quand j’ai réussi à mettre la main sur un moût de Shiraz, j’ai sauté sur l’occasion.

L’indice de buvabilité de cette Saison est dangereusement élevé, malgré son fort taux d’alcool. Le résultat est étonnement rafraîchissant et remplace haut la main la sangria rouge d’été.

À brasser maintenant pour en profiter à l’ouverture de la piscine.

Du nouveau dans la continuité

En conclusion, je veux souligner que c’est avec un grand plaisir et beaucoup d’humilité que je succède à Francis Richer à la barre de cette chronique, un brasseur dont j’admire l’expertise et la passion. J’espère être à la hauteur de vos attentes et je compte sur vos commentaires pour me guider pour mes chroniques futures.

Alors n’hésitez surtout pas à commenter ou encore à m’écrire!

Recette

Saison Shiraz impériale

  • Volume final : 10 L (efficacité 65 %)
  • Densité initiale : 1.073 Alcool : 9,4 %
  • Densité finale : 1.002 IBU : 25

 

  • 1,7 kg Maris Otter (43.9%)
  • 1,25 kg malt de blé blanc (32.3%)
  • 270 gr seigle malté (7%)
  • 100 gr malt Munich (2.6%)
  • 100 gr écorce de riz (2.6%) (facultatif si vous brassez dans un sac)
  • 450 gr moût de Shiraz (11.6%)
  • 44 gr houblon East Kent Golding (4,5AA) @ 20 minutes de la fin

Température d’empâtage : Empâtage à 64.4°C pour 75min. 75 minutes d’ébullition

Moût de Shiraz (stérile) ajouté en tourie

Levure : 1 sachet de Belle Saison

Fermentation : 20 °C – Embouteiller après quatre semaines avec 80 gr de dextrose

Conditionnement en bouteille : 2 mois.