À chaque édition, Bières et plaisirs vous propose divers mets à déguster avec des bières distinctes gurant dans une même capsule sensation. Attendez-vous à des essais audacieux, quelques échecs, mais surtout plusieurs mariages réussis.

Outre sa couleur foncée, on s’attend des Noires Rondes à ce qu’elles développent majoritairement des notes de torréfaction, de café et de céréales rôties. En bouche, c’est une densité moyenne, où l’alcool et le sucre résiduel sont prédominants sans toutefois être trop intenses. L’impression d’amertume est relativement légère, même en finale, et on ne devrait pas vraiment y percevoir d’acidité.

Afin de réaliser les meilleurs accords possible avec les bières figurant dans cette capsule, on recherche des mets mettant de l’avant la réaction de Maillard, ce goût de viande rôtie, ainsi que des flaveurs de cacao et de chocolat. Le BBQ et les méthodes de cuisson s’y apparentant sont à privilégier. On s’attend à des combinaisons qui feront ressortir des saveurs de caramel, de chocolat grillé et de café. À l’opposé, les sauces blanches, les agrumes et l’acidité marquée sont à proscrire pour éviter des contrastes qui amplifieraient l’amertume, qui couperaient la rondeur de la bière et qui feraient possiblement jaillir des notes de cendres.

Pour notre menu, on débute avec une assiette de charcuteries italiennes, le tout accompagné de copeaux de parmesan et un caramel à la Kriek. On poursuit avec des champignons farcis aux escargots à l’ail. S’en suit le plat de résistance : un steak sauce BBQ au vinaigre balsamique servi avec des choux de Bruxelles grillés avec bacon. En guise d’intermède, on opte pour quelques tranches de saucisse au fromage suisse et le sublime Bleu bénédictin de l’Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac. On clôture avec quelques chocolats et un Beeramisu des plus gourmands!

La Barberie – Stout Double Chocolat

Présentation

Stout à 5 % d’alcool, complètement noir, qui mise du début à la fin sur des notes de chocolat noir mi-amer et des pointes de malt torréfié. Riche et moelleuse en bouche, la bière évoque un gâteau au chocolat des plus classiques.

Accords

Nous avions de grosses attentes avec le caramel à la Kriek, mais, le Forêt-Noire anticipé ne se présente pas… Avec le champignon, les saveurs sont atténuées, ça s’agence bien. Le steak, quant à lui, fait ressortir le côté torréfié de la bière alors que le chou de Bruxelles amplifie son amertume. Avec la saucisse, une impression de sirop de cerise se pointe le nez, ça cadre bien avec les notes chocolatées. C’est finalement au dessert que s’éclate cette bière, d’abord avec du chocolat à 70 % et 85 % de cacao qui s’y marient naturellement, puis, la cerise sur le sundae, c’est avec le Beeramisu où les saveurs de gâteau, de chocolat, de café, de crème, de mascarpone et de beurre explosent en bouche. Wow!

Appréciation

Moins ronde que les deux autres, elle n’a pas brillé avec les plats salés. Heureusement, au dessert, elle s’est très bien reprise!

Trou du Diable – Baron Noir

Présentation

Ale noire aux reflets rougeâtres, ce Porter baltique est soyeux et enveloppant en bouche. Malt rôti, cacao et réglisse sont les dominantes jusqu’à sa finale riche où l’amertume est légèrement terreuse et évoque le tabac.

Accords

La bière neutralise le salé des charcuteries et du parmesan; c’est la céréale qui domine. L’accord manque un peu de complexité, mais s’avère tout de même intéressant. Le résultat est similaire avec les champignons. Avec le steak, l’accord est unidimensionnel, mais il plaira aux carnivores grâce au goût de la viande saignante qui est amplifié. La saucisse crée par la suite une combinaison inattendue où des arômes de cerise se pointent et où la texture est bonifiée par la présence du fromage crémeux. Le bleu n’a toutefois pas le même impact. Au dessert, c’est encore le grain et la céréale qui ressortent avec le Beeramisu, le tout sur une texture bien veloutée.

Appréciation

Les amateurs de malts apprécieront l’apport de la Baron Noir et les différentes textures qu’elle provoque avec les mets dégustés.

Brasserie Générale – S.I.R. Popov

Présentation

Ce Stout impérial russe à 10,5 % d’alcool est totalement noir et étonnamment accessible, proposant des effluves de malt torréfié, de chocolat et une pointe sucrée qui perdurent longtemps en finale.

Accords

Le caramel à la Kriek provoque une explosion de cerises bien enveloppée alors que les charcuteries et le parmesan y ajoutent une touche salée plutôt bienvenue. Les champignons aux escargots prennent du gallon en compagnie de la Popov, l’ail se faisant un peu plus présent, le tout sur une texture onctueuse. Avec le steak, le goût de la viande ressort nettement et des saveurs de sauce fruitées, notamment de pruneaux, et de madère se pointent. Pour sa part, le Bleu bénédictin se démarque, proposant une combinaison crémeuse et plaisante à souhait. Avec un chocolat à l’érable, la Popov se transforme en liqueur d’érable bien alcoolisée. Le Beeramisu fait aussi ressortir l’alcool, mais un côté davantage chaleureux, agréable et enrobé.

Appréciation

Plus ronde et plus généreuse que ces deux camarades, elle cadre parfaitement, ou presque, avec les plats proposés.