L’année 2017 a été marquée par l’arrivée massive d’IPA dominées par un apport aromatique intense de houblon, remisant les IPA amères tant adulées durant les 10 dernières années. Elles ne sont pourtant pas les seules à avoir franchi le seuil de la décadence aromatique : American Pale Ale, White IPA, Double IPA, NEIPA, etc. L’heure est aux houblons juteux!

On pense évidemment au succès de la IPA du Nord-Est de Boréale, à la Catnip de Noctem, à la Ta Meilleure de Lagabière, à la Juteuse de Ras L’Bock ou à la NEIPA de Shelton. Dès lors, les producteurs de houblons y sont allés de leurs recommandations pour la tendance 2018. Parmi celles-ci nous en avons retenu deux.

Idaho 7

Houblon américain, tirant son nom de son état de création, il fut mis sur le marché pour la première fois en 2015. Créé par la Jackson Hop Farm, Wilder, on l’utilise principalement pour son apport aromatique dans la bière. Riche en acides alpha, il peut aussi apporter une certaine amertume au liquide. Ses arômes puissants de fruits tropicaux et d’agrumes sont soutenus par des notes résineuses de pin et terreuses de feuilles de thé noir. Il offre une complexité aromatique que l’on compare au Mosaïc. On suggère son utilisation dans des bières mono-houblon, ou en houblonnage à froid pour qu’il exprime pleinement son potentiel. Aux États-Unis, ce fut Sierra Nevada qui l’utilisa pour la première fois dans sa série de bières mono-houblon. Au Québec vous aurez pu la goûter dans la Vox Pop IPA Idaho 7 de Vox Populi, une IPA mono-houblon aux arômes d’ananas, de papaye, de pamplemousse et de thé noir.

Azacca

Tirant son nom du dieu Haïtien de l’agriculture, ce houblon fut créé en 2013 par la American Dwarf Hop Association, aussi à l’origine du houblon Summit, par hybridation d’un plan de Toyomidori, un houblon japonais et d’un plan proche du Summit. L’Azacca fut spécialement créé pour offrir une bonne résistance aux maladies, tout en apportant un fort potentiel aromatique. Celui-ci se caractérise par des notes puissantes de fruits tropicaux (papaye et mangue), soutenues par des notes d’orange. Son succès immédiat est dû en partie à un engouement de brasseries de renom, dont Founders Brewing, qui l’a utilisé pour créer des bières débordantes d’arômes d’agrumes et de fruits tropicaux. Au Québec, vous avez pu goûter aux arômes de l’Azacca dans la Zakaaa!!! de Brasseurs Illimités, dans la Singula Azacca de MonsRegius, ou même dans L’Éclipse du Castor. En forte augmentation de production, vous devriez en entendre parler tout au long de l’année.

Le saviez-vous?

Si l’histoire de la bière remonte à plus de 8000 ans, celle du houblon est beaucoup plus récente. Si Pline l’Ancien mentionne son existence, d’un point de vue purement botanique, en 77 après J.C., il faut attendre l’an 822 pour trouver une trace écrite, en France, de l’utilisation du houblon dans la confection de bière. Plus tard, en 1150, c’est la religieuse allemande Hildegarde de Bingen qui sera la première à écrire sur l’utilisation du houblon dans la bière comme agent de conservation. Il faudra attendre le XIIIe siècle pour que le houblon entre dans la composition des bières allemandes en remplaçant progressivement le Gruit. C’est pourtant seulement durant la moitié du XIXsiècle que le houblon supplantera définitivement le Gruit. Pas si récent le houblon finalement!