Si de plus en plus de distilleries voient le jour au Québec depuis quelques années, très peu sont dirigées par un radiologiste. Pourtant, pour le Dr Franck Sergerie, n’est pas si grand l’écart entre l’imagerie médicale et l’alambic.

«Ça fait longtemps que je suis amateur de spiritueux fins. Je divise désormais tout simplement mon temps entre mes deux passions», répond sans détour le médecin spécialiste de l’Hôtel-Dieu de Lévis.

Comme la plupart des distillateurs du Québec, son but est de faire un whisky artisanal, et il y va par étape. Donc, comme la plupart des autres, il lance d’abord un gin. «J’aime beaucoup le gin, et j’en ai goûté plusieurs, alors j’avais déjà un profil en tête avant de créer celui-ci», annonce le Dr Sergerie.

Pour le BeOrigin, il a opté pour un London dry gin, avec une touche bien québécoise : si le principal aromate est l’incontournable baie de genévrier, le second est l’écorce de bouleau. S’y ajoutent aussi des bleuets, des pétales de rose, de la lavande et du citron. «J’utilise surtout la vapeur pour aller chercher les saveurs. Seuls les bleuets sont macérés», indique-t-il.

On lui fait d’ailleurs souvent le commentaire que son gin est très doux et plutôt floral. Pour sa part, il le décrit comme bien équilibré. «J’ai un petit biais, mais je trouve que c’est le meilleur», opine le propriétaire en souriant.

La SAQ semble d’accord avec lui, si bien que tout est allé très vite. « 15 jours après notre demande, on nous réclamait un échantillon. Un mois plus tard, j’avais une commande ferme», nous informe Franck Sergerie, «On a été pris un peu au dépourvu!»

S’il utilise présentement de l’alcool neutre acheté en vrac, des démarches sont en cours afin de devenir un distillateur «du grain à la bouteille»; la distillerie possède un second alambic de 1200 litres comportant quatre plateaux et connectés à deux colonnes de dix plaques chacune. Elle est de plus à la recherche du bon blé tendre de la région de Portneuf pour faire du whisky. « J’ai déjà des barriques qui s’ennuient et qui sont prêtes à être remplies», annonce fièrement le radiologue.

Entre temps, M. Sergerie entend aussi créer sa propre vodka qu’il produira entièrement sur place.
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