Notre passage au Petit Medley Simple Malt nous a permis de redécouvrir plusieurs offrandes de la brasserie issues de ses gammes Simple Malt, Bièropholie et autres. Nous avons demandé au brasseur d’en sélectionner quatre afin de vous les faire connaître et de vous inciter à aller sur place les découvrir. Bien sûr, nous avons également pris soin de les goûter…

Dès ses premiers brassins avec Bièropholie, René Huard s’est consacré à brasser des styles populaires des grands courants brassicoles. Si René a toujours brassé ses bières sans compromis, il s’est également permis quelques libertés à l’occasion afin de revisiter certains styles, pensons notamment à sa Calumet, un Porter fumée. Les bières de Bièropholie ont d’ailleurs toujours été à l’avant-garde; c’est encore le cas aujourd’hui avec leur retour il y a un peu plus d’un an.

Depuis les débuts de Bièropholie, le brasseur a ajouté beaucoup de brassins à son actif et sa connaissance des ingrédients, lesquels il aime explorer, lui permet aujourd’hui de brasser un peu de tout sans trop de difficultés. « J’ai assez de facilité à réaliser une recette imaginée, généralement, je suis pas mal dessus dès la première fois. Au deuxième brassin, c’est habituellement la version finale telle que je la souhaitais », indique le brasseur.

Outre les quatre bières sélectionnées, plusieurs produits de la brasserie sont à découvrir. C’est notamment le cas de la Cascade et Cascade Plus, des IPA américaines d’antan où l’amertume était très recherchée. La Simple Malt Double Porter et la Fumée reprennent là où la Calumet et Calumet Grand Chef avaient laissé; de même, la Scotch Ale, la Vin d’orge, la Double d’abbaye et la Altbier témoignent des années folles du brasseur et de sa brasserie vagabonde. La Simple Malt Saison, tout comme la Pilsner, sont aussi à essayer, cette dernière n’étant disponible qu’en fût.

Évidemment, les gros calibres de la série légendaire (la Maltus, la S et la OR) valent le détour avec leur identité propre tout comme les nouvelles offrandes Bièropholie qui apparaissent de temps à autres. La Galax Tripel disponible lors de notre passage est d’ailleurs à ne pas négliger.

Quatre bières dégustées

Noire majestueuse – Stout impériale – 8,1 %

Présentation

Noire majestueuse, aussi sombre que la nuit, elle se coiffe d’une mousse moka bien invitante. Ses arômes de chocolat noir mi-amer sont décadents, appuyés par quelques notes rôties de malt et de cacao. En bouche, elle est riche, onctueuse et velouté, nous dirigeant vers une finale maltée et amère qui perdure  jusqu’au levé du soleil, ce qui cadre parfaitement avec la pointe de café qui s’ajoute. L’alcool étant bien déguisée, elle se boit très facilement; tenez-vous le pour dit!

Inspiration

Initialement brassée en 2004 sous l’étiquette Bièropholie, le brasseur utilise tellement de grains qui ne donne pas d’alcool dans sa recette qu’il a dû trafiquer le procédé pour arriver à ses fins. « Avant, ma blonde achetait tellement de barres de chocolat que j’ai brassé cette bière qui goûte le chocolat pour économiser et pour qu’elle prenne moins de calories… Depuis, elle a repris sa taille de guêpe et son sourire 20 minutes après l’avoir bue », aime-t-il raconter.

Golding – Pale Ale britannique – 5,2 %

Présentation

Ambrée et claire, elle se coiffe d’une mousse crémeuse et fort appréciable. Au nez, on est loin des offrandes bien aromatiques avec un bouquet plus subtile, notamment de notes minérales, terreuses et quelques légères pointes rôties qui piquent assurément notre curiosité. En bouche, des notes terreuses, d’occasionnelles notes de pain, de noix et de céréales caramélisées s’amusent à travers son effervescence et la douceur conférés par un léger sucre résiduel. Sa finale est franche et feuillue avec quelques pointes citronnées, fruitées et terreuses. Fraicheur et buvabilité garantie!

Inspiration

Brassée pour la première fois sous l’étiquette Bièropholie en mars 2004, la version de Simple Malt est différente et a été brassée en 2010. « La bière que j’ai le plus bue dans ma vie, c’est la St-Ambroise Pale Ale de McAuslan. En faisant la Golding, je souhaitais en faire une version améliorée. » Le brasseur visait ainsi une Pale Ale un peu moins caramel, une présence plus marquée de malt rôti avec un houblon Golding qui domine et une touche de Fuggle. La levure utilisée est similaire à celle de Ringwood, mais travaille plus rapidement.

Doble Mango – DIPA à la mangue – 8,9 %

Présentation

Blonde légèrement voilée, coiffée d’une imposante mousse blanche et onctueuse. Au nez, on parle d’une bombe aromatique aux puissants parfums de fruits exotiques et non seulement de mangue. En bouche, les arômes fruités de mangue, de fruit de la passion et de pêche explosent sans toutefois compromettre l’équilibre avec sa base maltée à laquelle on reconnaît quelques notes de céréales, ainsi qu’une légère chaleur d’alcool. La texture est agréable et tout de même légère se terminant sur une finale résineuse et évidemment fruitée. Très facile à boire pour une DIPA à 9 %. Tenez-vous le aussi pour dit.

Inspiration

Créée au début de l’été 2016, il s’agit à la base de la Double IPA DH de la brasserie à laquelle on a eu l’excellente idée d’ajouter un truck de mangues. « On buvait la DIPA et on trouvait qu’elle goûtait particulièrement la mangue. On s’est alors demandé pourquoi on en ajouterait pas à la recette… ». La brasserie en fait d’abord 2000 litres qui s’écoulent aussitôt, puis 5000 litres, 8000 litres, etc. Elle en brasse aujourd’hui autant qu’elle le peut pour ne pas nuire au reste de sa production.

Mosaic – India Pale Ale américaine – 5,9 %

Présentation

Ambrée pâle aux reflets lumineux, elle se coiffe d’une belle mousse blanche qui s’attache aux parois du verre. Au nez, des arômes fruitées de houblon Mosaic, notamment d’abricot, prennent les devant laissant tout de même quelques notes de pin résineux s’exprimer. En bouche, l’effervescence lui confère une texture fort plaisante et agréable à boire. À travers les arômes  houblonnées, des pointes de céréales légèrement caramélisées apparaissent  adéquatement pour supporter le tout. En bouche comme en finale, l’amertume est présente, mais laisse le rôle principale aux arômes du Mosaic.

Inspiration

La brasserie et son pub comptent parmi leurs plus fidèles clients plusieurs amateurs de DIPA. Les ventes sont très bonnes, mais à 8 %, elle fait des ravages après quelques pintes qui s’enfilent pourtant facilement. Le brasseur a donc décidé de lui concocter une petite soeur qui se consomme plus facilement et «ne scie pas les jambes des clients ». Le bouquet mise sur le Mosaic plutôt que le Citra, mais le résultat est tout aussi plaisant.