Atelier 300 250

Généralement, je profite de cette tribune pour écrire sur divers aspects du brassage comme les ingrédients, les techniques, la science, etc. Aujourd’hui, je prends une plume personnelle pour souligner un moment important dans l’histoire de L’Annuel des Brasseurs Amateurs du Québec.

L’incident et la loi

Il y a près d’un an, la Régie des Alcools, des Courses et des Jeux du Québec (RACJ) a refusé d’émettre un permis de réunion à l’organisation de la 4e édition de l’Annuel des Brasseurs Amateurs du Québec (LABAQ). Ce refus a jeté l’éclairage sur un problème législatif qui limite énormément les possibilités pour les brasseurs maison du Québec.

Pour faire une histoire courte, pour obtenir un permis de réunion, qui permet d’organiser un événement public où de l’alcool est consommée, le demandeur et/ou les participants doivent se procureur leurs boissons chez un détenteur de permis d’épicerie. Puisque c’est évidemment impossible pour un brasseur maison, c’est pour cette raison que le permis a été refusé.

De plus, à un autre niveau, le code civil québécois stipule indirectement qu’une personne a le droit de consommer une bière de fabrication maison, mais seulement dans un contexte de consommation personnelle, seulement dans la demeure où la bière a été produite.

Malgré tout

Bien que le cadre légal soit limitatif, cela n’empêche aucunement ce hobby de croître depuis plusieurs années. Lors des trois premières années de l’existence de LABAQ, j’ai pu observer à travers les réseaux sociaux, les événements, les conférences, les dégustations, les concours et les formations offertes par l’organisation de LABAQ et d’autres organismes similaires, une montée fulgurante de l’engouement envers le brassage maison.

C’est non seulement le nombre de brasseurs qui a augmenté, mais aussi la diversité et la qualité des ressources et des références, alors la multiplication des boutiques spécialisés, des communautés et des références disponibles. Pouvoir brasser sa propre bière est rendu un hobby accessible à tous.

Les brasseurs boivent

Logiquement, la grande majorité des brasseurs maison sont d’abords de grands amateurs et consommateurs de bières de microbrasserie. Puis, généralement, le fait de commencer à brasser sa propre bière ne diminue pas son intérêt envers la microbrasserie. En fait, c’est souvent le contraire qui arrive, car mettre les mains à la pâte et en comprendre sa fabrication ne fait qu’accroître la curiosité et l’intérêt envers le produit.

Un brasseur est aussi un client plus éduqué, généralement plus critique, mais aussi plus compréhensif de la nature d’un produit. Et une clientèle mieux éduquée, ça ne peut que profiter à la grande communauté de la bière et à la qualité globale de l’offre.

La fin d’une époque, le début d’une autre

Les membres de l’organisation de LABAQ ont travaillé pendant près de quatre ans à la promotion du brassage maison et a joué un rôle d’intermédiaire en impliquant plus d’une dizaine de microbrasserie dans les différents projets de l’organisme. Depuis, la plupart – sinon tous – se sont taillés une place dans le milieu microbrassicole québécois. Puisque LABAQ est d’abord un organisme amateur et que les enjeux ont bien changé, il était temps pour les organisateurs de passer le flambeau à de nouveaux amateurs.

L’engouement pour le brassage est à son plus haut point, mais le défi est grand pour la nouvelle équipe d’organisation qui souhaite ultimement en arriver à un cadre législatif qui permettrait la tenue en bonne et due forme du concours. D’ici là, LABAQ souhaite continuer d’organiser divers événements pour promouvoir le brassage maison.

Un mot bien personnel

Sur un mot bien personnel, je terminerai en disant qu’après des années à côtoyer quotidiennement des brasseurs maison des plus passionnés, curieux, motivés, créatifs, méthodiques, rigoureux, généreux et scientifiques… Je peux affirmer que le futur de la microbrasserie québécoise se trouve bel et bien dans nos cuisines et qu’il est dans notre intérêt de les découvrir et de les aider à sortir de là.

Recette: Porter fumé

Recette (tout-grain)

Volume final : 20 L (efficacité 72 %)

Densité initiale : 1.048 (12°P)

Densité finale : 1.012 (3°P)

Alcool : 5 %

IBU : 28

Couleur : 25 SRM

  • 3 kg malt Maris Otter
  • 1 kg malt fumé à l’hêtre (Weyermann)
  • 350 g Brown Malt (Thomas Fawcett)
  • 250 g Chocolate (Thomas Fawcett)
  • 28 g East Kent Golding 5%aa @ 60 minutes
  • 28 g Saaz 5%aa @ 20 minutes

Température d’empâtage : Empâtage à 65°C – 60 minutes d’ébullition

Levure :1 sachet SafAle S-04

Fermentation : 17 à 18 °C | 20 à 22 en fin de fermentation

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