Atelier 300 250

NEIPA. Cinq lettres qui ont fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux depuis son apparition et surtout, qui ont fait saliver les plus fervents amateurs de bières copieusement houblonnées. Mais qu’est-ce qu’une NEIPA? Qu’est-ce qui la distingue d’une IPA régulière? Analysons cette tendance ensemble.

L’évolution du style IPA

D’emblée, rappelons que les India Pale Ale (IPA) ont rapidement évolué au cours des dernières années. Loin derrière est l’époque où les IPA anglaises, bien maltées et légèrement caramélisées, dominaient les ardoises des bars à bières. Les IPA américaines, généreusement houblonnées avec des cultivars tous aussi fruités les uns que les autres, ont rapidement pris d’assaut le palais des hopheads en Amérique du Nord, rendant les IPA anglaises quasiment obsolètes.

Les IPA américaines se casent majoritairement dans deux grandes familles, soit les West Coast IPA et les East Coast IPA. Les IPA de la côte Ouest américaine sont plus classiques, plus résineuses et assez sèches, tandis que celles de la côte Est sont un peu plus fruitées, avec une légère présence de sucres résiduels et une amertume plus balancée. C’est d’ailleurs dans cette dernière catégorie que se trouve les NEIPA

Mais qu’est-ce qu’une NEIPA exactement?

L’acronyme NEIPA signifie New England India Pale Ale et, vous l’aurez deviné, prend son origine de la Nouvelle-Angleterre, une région située au Nord-Est des États-Unis vastement réputée pour la qualité de ses IPA.

Visuellement, ce qui caractérise une NEIPA, c’est son opacité. Mais, malgré le haze craze actuel, cette caractéristique, quoique largement répandue, n’est pas obligatoire. Cette opacité est causée par de grandes quantités de résidus de houblons en suspension ou, dans le cas des Milkshake IPA, la présence de purée de fruits, de lactose et de pectine.

Au niveau des aspects olfactifs et gustatifs d’une NEIPA, une amertume faible à modérée est ce qui fait leur distinction par rapport aux autres types de IPA. L’emphase est mise sur les propriétés aromatiques des houblons utilisés, plus souvent qu’autrement des cultivars américains (Citra, Chinook, etc.) ou du Nouveau-Monde (Galaxy, Rakau, etc.).

Pour arriver à brasser une NEIPA bien juteuse et fruitée, il ne s’agit pas simplement d’ajouter plus de houblons qu’à la normale. Oui, « more is better » dans ce cas particulier, mais l’ajout d’houblons se fait à des étapes différentes du processus de brassage courant et l’houblonnage à froid est beaucoup plus massif. Ces techniques servent à extraire le maximum des arômes du houblon en laissant derrière l’amertume le plus possible.

Le Québec n’échappe pas à cette tendance aux bières troubles et extrêmement houblonnées, en voici quelques exemples très bien maîtrisés dans la catégorie NEIPA.

La Memphré – NEIPA

Un puissant bouquet de houblons sur une bière relativement légère, modérément amère et absolument moelleuse. Des notes d’ananas, de mangue, de pêche et de conifère reposent sur un douillet coussin de céréales. Quelques sucres résiduels arrondissent la finale pour calmer l’amertume. Visuellement, elle n’est pas aussi trouble que les autres bières sous-mentionnées, mais n’en demeure pas moins qu’elle est excellente et bien digne du style.

Brasseurs du Nord (Boréale) – IPA du Nord-Est

Probablement la bière la plus « virale » de 2017, la IPA du Nord-Est mérite amplement toute l’attention dirigée vers elle. Tout d’abord, ses arômes intenses de fruits exotiques chatouillent doucement les narines. Ensuite, une texture veloutée et enveloppante de fruits et de résine charme le palais à chaque gorgée, celle-ci se terminant dans une finale délicatement amère mais jamais agressive. Une véritable bombe houblonnée!

Pit Caribou – Session IPA de Lesseps

Une version plus faible en alcool d’une NEIPA, facilitant ainsi sa buvabilité, c’est oui en tout temps! Comme les autres bières précédemment mentionnées, elle offre un caractère fruité très marqué, mais avec une touche herbacée plus imposante, offrant ainsi une complexité de saveurs très agréable.

Atelier 300 250