L’absintherie des Cantons est une entreprise familiale située à Granby, dans les Cantons-de-l’Est. C’est le fruit d’un long processus entrepris par Jean-Philippe Doyon, le jeune distillateur derrière cet ambitieux projet.

« Comme plusieurs, je connaissais cette boisson à travers son mythe. Lorsque j’ai entendu parler de la légalisation de l’absinthe traditionnelle en Suisse, j’ai commencé à m’y intéresser plus sérieusement », raconte M. Doyon. À ce moment, il n’y avait pratiquement plus de ce spiritueux disponible au Québec. « Ni même en Amérique du Nord je dois dire, sauf quelques imitations sans intérêt », se remémore-t-il.

Il a donc dû prendre son mal en patience avant de se procurer une première absinthe digne de ce nom. « La dégustation a dépassé mes attentes. J’ai compris qu’il s’agissait d’un produit excessivement complexe et subtil », s’enthousiasme-t-il.

Par la suite, en 2014, il a entrepris un voyage de découvertes sur la Route de l’absinthe en France et en Suisse où il a visité plus d’une quinzaine d’absintheries afin d’approfondir ses connaissances.

Une histoire francophone

Jean-Philippe souligne le fait que cette boisson alcoolique est un produit d’origine exclusivement francophone, que ce soit via la Suisse romande ou la France. Pour lui, lancer une absintherie au Québec va donc de soi, ne serait-ce que par souci de continuité historique.

« Notre climat offre les conditions parfaites pour la culture de certaines des plantes qui se retrouvent en importance dans l’absinthe. Il est très ressemblant à celui du Val de travers en Suisse » – Jean-Philippe Doyon.

Ses absinthes contiennent plus de 12 plantes et aromates dont certains poussent non loin de la distillerie : grande absinthe, hysope, mélisse, verveine et menthe. Le reste, comme l’anis étoilé, est importé.

Blanche et verte

L’Absintherie des Cantons produit deux absinthes. La première, d’inspiration suisse, se nomme Fleur Bleue en raison de la teinte de sa robe au contact de l’eau. La seconde, la Joual Vert, se base sur une recette française datant du XIXsiècle et subit une seconde infusion de plantes après la distillation pour en extraire la chlorophylle. Celle-ci lui procurant à la fois sa fameuse couleur verte, ainsi qu’un côté herbacé et une amertume plus soutenue.

Questionné sur les prochains défis qu’il veut relever, l’entrepreneur nous répond qu’il a des projets d’expansion, notamment l’achat d’un deuxième alambic, un peu plus gros que celui de 400 L déjà en place. Ceci afin de pouvoir développer de nouveaux produits ainsi que combler un désir d’exportation.