Développés pour grandir dans des régions spécifiques, et sous leurs conditions uniquement, les houblons Néo-Zélandais ont toujours su s’attirer les bonnes grâces des brasseurs. Difficiles à trouver, très en demande, offrant des qualités aromatiques uniques, ils sont la nouvelle couleur que tout peintre aimerait avoir! Découvrons deux des houblons les plus connus du pays des kiwis.

Nelson Sauvin, le raisin de la bière

Nommé en partie en hommage à la ville de Nelson, véritable épicentre de la culture du houblon néozélandais, et en partie en hommage au cépage sauvignon blanc, ce houblon très aromatique offrira des caractéristiques uniques aux bières qu’il viendra épicer. Développé par le programme d’hybridation du New Zealand Institute for Plant and Food Research, le Nelson Sauvin est issu d’un croisement entre un plant de Smooth Cone et un plan indigène mâle sélectionné. Mis sur le marché en 2000, il faut attendre une dizaine d’années pour qu’il commence à faire parler de lui en Amérique du Nord.

Très vite, ses puissants arômes de vin blanc, de fruits tropicaux, de groseilles, de melon ou de citron, on fait de lui LE houblon du moment; aucun autre houblon ne pouvant le substituer. Cependant, la Nouvelle-Zélande produisant près de 50 fois moins de houblon que les États-Unis, l’engouement pour ce houblon a malencontreusement créé sa rareté. Depuis, on le retrouve plus régulièrement, mais sans pour autant pouvoir parler d’abondance.

Au Québec, on pense à la Sabotage du Benelux, à la Nelson Sauvin de la Barberie, la G de Brasseurs Illimités, la Leo Early Breakfast IPA de Dunham ou plus récemment, la IPA Nelson Sauvin de Vox Populi.

Le Motueka, le plus tchèque des néo-zélandais

Anciennement appelé Belgian Saaz, ou B Saaz, le Motueka est sans aucun doute le deuxième houblon le plus populaire de la Nouvelle Zélande. Hybride issu d’un croisement entre le houblon tchèque Saaz et une variété néozélandaise, ce houblon a vu le jour en 1997 grâce au même programme d’hybridation que le Nelson Sauvin. Comme son ancien le suggère, c’est un brasseur belge qui fut à l’origine du croisement. Celui-ci souhaitait conserver les caractéristiques les plus intéressantes du Saaz, tout en les faisant s’exprimer d’avantage. Il en découla un houblon très aromatique, riche en myrcène et en farnésène, lui apportant d’intenses notes de lime, de zeste de citron, de fruits tropicaux. Si ce houblon fut longtemps utilisé pour aromatiser les Lager, on le retrouve de plus en plus dans les IPA, spécialement aux États-Unis. Au Québec, vous avez probablement pu le découvrir dans la Farmhouse Blanche de Maltstrom, la Mot the Hopple de Beau’s, ou la collaboration entre le Vices et Versa et MaBrasserie : la Saison Épeautre et Motueka.

Astuce : Les huiles essentielles

Composantes du houblon, véritables bombes aromatiques, elles sont responsables des saveurs et arômes qu’offre le houblon à la bière. Le myrcène est l’huile prédominante du houblon. Il donne à la bière des notes d’orange, de citron, de pin ou de terre. L’humulène apporte des arômes de bois, d’herbe et d’épices. Le caryophyllène, isomère de l’humulène, confère des notes végétales et épicées. Le farnésène, l’huile à la plus faible concentration, offre, quant à lui, des riches saveurs florales, de citron, et végétales. Elle est l’huile des houblons nobles et aromatiques!