L’appellation « blonde » est aussi vaste que floue. Elle est largement répandue mais souvent boudée par les connaisseurs, les brasseurs et les geek. Pourtant, quoi qu’on en dise, quelqu’un qui se commande « une petite blonde » a tout de même certaines attentes et une idée en tête de ce dont il a envie. Ce style-couleur regroupe plusieurs types de bières, qui sont ironiquement dans les plus difficiles à brasser correctement.

Une blonde, mais encore?

Amère, ronde, douce, forte, maltée, houblonnée, épicée, fruitée, neutre, désaltérante, équilibrée, sucrée ou mince? La palette est large, mais la couleur en dit tout de même pas mal. Ce qui est blond est généralement simple et axé sur les ingrédients primaires de la bière : le malt d’orge pâle, le houblon et la levure, dans un contexte dépourvu de grains ou ingrédients spéciaux.

Une blonde, c’est aussi « pas-une-rousse et pas-une-noire »,  donc sauf exception, dépourvue de saveurs et arômes de caramélisation, de grains rôtis, torréfié ou grillés. C’est aussi « pas-une-blanche », qui est quant à elle souvent associée aux saveurs plus céréalières du blé, de l’avoine ou du seigle et aux arômes fruités et épicés des levures de Witbier ou encore de Weizen.

Après cet exercice d’élimination, il reste encore cependant beaucoup de possibilités de styles tombant dans la catégorie des blondes. Faisons l’exercice de se créer une blonde sur mesure.

Le malt

• Vous voulez des saveurs franches d’orge biscuité, une base ronde, maltée et généreuse? Allez vers un pale malt anglais comme un Maris Otter ou un Pearl.

• Si vous cherchez plutôt une base près de la céréale fraîche et des arômes boulangés, penchez plutôt vers un malt de type Pilsner, qu’il soit belge, allemand ou tchèque.

• Vous voulez au contraire une base effacée, pratiquement neutre, pour mettre de l’avant d’autres éléments? Optez pour un malt 2 rangs américain typique.

• Pour une couche supplémentaire de saveurs, peut-être souhaitez-vous ajouter un peu de blé ou de seigle, de malt Honey, de malt Munich ou de malt caramel pâle?

Le houblon

• Les houblons britanniques traditionnels, tels le Fuggle ou le East Kent Golding  sont aussi populaires que passe-partout. Ils présentent des arômes bien typiques aux Pale Ale anglaises classiques.

• Si vous voulez un côté plus épicé à l’européenne, vous pouvez considérer des houblons de type Saaz ou Hallertau.

• Plusieurs houblons américains peuvent apporter un côté agrume, comme le Cascade ou le Centennial. Si vous visez une bière plutôt amère et résineuse, penchez plutôt vers le Chinook ou le Colombus. Les Citra, Simcoe et Mosaic pourront quant à eux contenter vos envies de fruits tropicaux.

• Pour des arômes moins typiques et/ou très spécifiques, l’Océanie vous offre des options tels le Nelson Sauvin, le Wai-iti ou encore le Pride of Ringwood.

La levure

• Encore une fois, beaucoup de possibilités. Les levures américaines sont réputées pour être légèrement fruitées mais somme toute assez neutres. De plus, elles ont souvent tendance à accentuer l’amertume et les arômes du houblon, si votre bière se veut généreusement houblonnée.

• Les levures anglaises, à l’inverse, sont souvent caractérielles, très fruitées, et offrent un sucre résiduel plus généreux qui tend à accentuer les saveurs maltées.

• Il ne faut pas oublier les levures Lager, championnes de la neutralité et de l’ennoblissement des ingrédients primaires que sont le malt et le houblon.

• Les levures belges, pour leurs parts, ont plutôt tendance à être plus bavardes et présentent souvent des arômes puissants de fruits et d’épices.

Le brassage

Une fois que ces trois éléments sont réfléchis, agencés et sélectionnés, il reste encore quelques variables à contrôler. Par exemple, la température d’empâtage, qui peut dicter si votre bière se voudra atténuée, sèche, ou bien plus ronde, maltée, avec un sucre résiduel. Le houblonnage, au même titre, dirigera la bière du côté de l’amertume ou du côté de la douceur.

Au terme de tous ces paramètres, on peut dire que la blonde, c’est vaste, mais qu’il est toujours possible de trouver sa blonde.

 

Recette

Blonde belge

Recette (tout-grain)

Volume final : 20 L (efficacité 72 %)

Densité initiale : 1.044 (11°P)

Densité finale : 1.014 (3.5°P)

Alcool : 4 %

IBU : 15

Couleur : 3 SRM

4 kg malt Pilsner

20 g Saaz 4%aa @ 60 minutes

20 g Saaz 4%aa @ 20 minutes

Température d’empâtage :
Empâtage à 64 °C – 90 minutes d’ébullition

Levure :

1 sachet SafBrew T58

Fermentation : 20 à 24 °C