Fils du Roy
Photo Distillerie Fils du Roy
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Au départ, les Roy ne désiraient que produire de l’absinthe. « C’est en commandant les aromates que nous sommes tombés sur les baies de genièvre. On s’est dit : pourquoi ne pas essayer de faire un gin? », raconte Jonathan Roy, président de la distillerie de Saint-Arsène.

D’abord créé au Nouveau-Brunswick à la distillerie de son frère Sébastien et de sa mère Diane, le gin Thuya obtient une double médaille d’or à San Francisco, un an seulement après son lancement. «Cela a vraiment été l’élément déclencheur qui nous a fait connaître», se rappelle Jonathan.

Entre Caraquet et Rivière-du-Loup

Sébastien a recommencé à brasser, et ses bières sont disponibles au Nouveau-Brunswick. Par contre, pas question de les distribuer au Québec : « Nous mettons présentement beaucoup d’effort à éliminer les frontières entres les provinces. La constitution devrait nous permettre d’acheter des biens entre provinces, mais pour les alcools c’est différent. Lorsqu’on change de province, nous sommes traités comme un exportateur », de déplorer Jonathan.

Déjà installé à Rivière-du-Loup, il fait l’aller-retour entre Rivière-du-Loup et Caraquet pendant deux ans. Toutes les occasions étaient bonnes pour parcourir ces 450 km. Puis, sa mère et son frère ont commencé à parler du marché du Québec.

«Au départ, ils voulaient que je sois un représentant, mais la passion de la distillation a pris le dessus».

C’est donc une seconde Distillerie Fils du Roy qu’il ouvrira afin de produire les deux spiritueux originaux, le gin et l’absinthe La Courailleuse, ainsi que La Grande Bagosse d’Al Capone. Cette vodka est uniquement faite à Saint-Arsène, à partir d’orge et de seigle local.

Des débuts difficiles

L’obtention du permis de distillation au Québec fut difficile. «On m’a répondu à peu près comme ça : tu devrais te faire un bon plan d’affaires et après tu comprendras que c’est impossible d’ouvrir une distillerie au Québec», se remémore-t-il.

Depuis, Jonathan a aussi découvert des avantages : «Au Nouveau-Brunswick, c’est mon père qui parcourt la route pour livrer les spiritueux. Au Québec, c’est beaucoup plus simple : la SAQ vient faire la cueillette».

Un engouement qui prépare l’avenir

La famille Roy se réjouit véritablement de toute l’attention qu’elle reçoit actuellement. Elle est d’ailleurs à planifier l’agrandissement de la distillerie néo-brunswickoise pour l’été, et celle du Québec pour l’an prochain.

Le premier whisky du Nouveau-Brunswick sera prêt dès janvier. Pour le Québec, il faudra être un peu plus patient : «Nous allons faire l’acquisition, au courant de la prochaine année, d’une terre pour faire pousser nos céréales», précise Jonathan. Chose inusitée, il possèdera sa propre tonnellerie : «Vincent, un membre de la famille, a une passion pour la fabrication de barils. Nous avons prévu un espace pour lui».

En attendant, un second produit destiné uniquement au Québec verra le jour : un pastis bas-laurentien inspiré de l’histoire du fleuve et qui devrait être disponible avant la fin de l’été.

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