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Tel qu’annoncé par M. Leitão lors du dépôt du budget provincial, le Plan économique du Québec prévoit autoriser la vente sur les lieux de fabrication à toutes les microdistilleries du Québec.

Du côté de L’Association des MicroDistilleries du Québec (AMDQ), on se réjouit évidemment de cette décision. « Nous sommes présentement en train de regarder tout cela avec le gouvernement. Tous les intervenants sont impliqués», indique son président, Stéphan Ruffo des Distillateurs Subversifs. Il ne resterait qu’à déterminer les paramètres et la réglementation entourant la vente sur place. Selon lui, c’est à l’industrie de s’autoréguler. «On va bientôt déposer un mémoire présentant nos recommandations», ajoute-t-il. Il a bon espoir que le tout se règle cette année.

«Dans les faits, vendre sur place, ça ne changera pas grand-chose parce qu’on va faire la même marge que si c’était offert en SAQ. Par contre, nous allons pouvoir interagir plus facilement avec nos clients», de dire Jean-Philippe Roussy de la Distillerie Mariana.

Il était temps!

Au Nouveau-Brunswick, le droit de vendre sur place est possible depuis 2012. «Les gens peuvent voir comment les produits sont faits, ils peuvent rencontrer les artisans, raconte Jonathan Roy, président de la Distillerie Fils du Roy. Lorsque les gens pourront voir ce qui se passe vraiment dans les distilleries nous sommes convaincus que l’engouement sera amplifié.», ajoute-t-il.

Celui-ci a d’ailleurs prévu un endroit pour accueillir les visiteurs, et lorsqu’il n’y aura pas de distillation, il sera aussi possible de voir la salle de production.  Même son de cloche du côté de Mariana : «À court terme, on va ouvrir une boutique. Mais à moyen terme, nous nous relocaliserons à un emplacement de choix avec un partenaire de choix», affirme M. Roussy.

La chance d’innover

À la cidrerie Michel Jodoin, c’est avec une joie immense qu’ils ont appris la nouvelle : «Nous sommes tellement heureux de finalement pouvoir avoir le droit de vendre sur place! Disons-le, nous avons fort probablement les plus vieux tonneaux de brandy au Québec, peut-être même au Canada, qui attendent patiemment les fins palais des Québécois!» Mais pas question pour eux de s’asseoir sur leurs lauriers : «Élaborer de nouveaux types de produits, de vieillissement… Quelle joie!», s’exclame Marie-Maxime Beauregard de la cidrerie Michel Jodoin.

Il en va de même pour les gars de chez Mariana. Ils ont d’ailleurs mis du brandy, de la grappa et du whisky en baril dans l’optique de les offrir uniquement à leur future boutique.

Des retombées de toutes sortes

Pour Jonathan Roy, ce sont les retombées économiques liées aux visites qui feront une grande différence. Et pas seulement pour les distilleries, mais aussi pour leurs milieux : «Imaginez une petite municipalité comme Saint-Arsène de moins de 1500 habitants qui pourrait recevoir plus de 100 visiteurs par jours durant l’été!», s’exclame-t-il.

Sans oublier les retombées pour les agriculteurs locaux. «On va mettre un peu plus de terroir dans nos prochains produits. Parmi les mesures annoncées, la bonification nous permettra d’augmenter nos marges. Alors on va acheter plus de produits locaux», affirme M. Roussy.

En effet, le gouvernement a indiqué qu’une aide financière sera allouée au distillateur utilisant des matières premières québécoises. Celle-ci correspondra à :

• 4 % des ventes pour les spiritueux obtenus de celles-ci;

• 14 % des ventes pour ceux entièrement composés d’alcool distillé par le fabricant.

Cette aide aura un plafonnement annuel de 200000 $ par entreprise et de 30000 $ par classe de produits. Les produits considérés comme «réguliers» par la Société des alcools du Québec ne seront pas admissibles.

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