White IPA
glass of fresh draft unfiltered beer on table in cafe
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Blond clair à l’apparence trouble qui n’est pas sans rappeler la blanche belge, la IPA blanche ou White IPA est une IPA à l’américaine, fruitée et épicée, au corps plus léger et présentant des notes typiques de levure Witbier. Aromatique, facile à boire et rafraîchissante, elle est tout indiquée pour l’arrivée du printemps.

Selon le guide de classification des bières du Beer Judge Certification Program (BJCP), mis à jour en 2015, la White IPA combine les propriétés de la Witbier et celles d’une IPA américaine. Pour certains, l’utilisation de la levure de Witbier n’est pas obligatoire tant que les arômes épicés et les esters agrumes puissent être rendus autrement. L’important est d’y retrouver des caractéristiques similaires aux célèbres bières de blé belge.

D’apparence pâle à dorée et typiquement troub-le, on souhaite la voir recouverte d’une bonne mousse dense, bien onctueuse et idéalement persistante.

Au nez, on retrouve souvent des esters évoquant la banane, le citron et l’abricot ainsi que des phénols épicés de coriandre, de poivre ou de girofle, le tout habituellement dû à l’utilisation de la levure belge. Les houblons en provenance des États-Unis ou du Nouveau Monde apportent quant à eux des arômes de fruits à noyau, d’agrumes et de fruits tropicaux.

En bouche, le corps est moyen tout comme son effervescence et de légères saveurs maltées sont perceptibles ainsi que quelques notes de pain et de blé. Les esters fruités dominent généralement avec des flaveurs évoquant l’orange, les fruits à noyau et parfois même la banane. Les houblons sont généralement fruités et agrumes. Tout de même amère, sa finale est sèche et bien rafraîchissante.

L’évolution du style

On peut ici soulever le fait que le nom White IPA est plutôt général et pourrait tout autant qualifier la Hopfenweisse, hybride de la Weizen et de l’IPA américaine. Certains ajouteraient même toutes IPA américaines contenant du blé. Évidemment, cette catégorie improvisée est encore très jeune, mais il y a fort à parier que dans quelques années, si la tendance demeure vivante, on distinguera bien Wit IPA, Hopweizen et autres IPA au blé.

Autre fait intéressant, certains auteurs choisis-sent maintenant d’utiliser spécifiquement l’appellation IPA au détriment de India Pale Ale pour ces nouvelles interprétations américaines qui se distinguent nettement de l’India Pale Ale anglaise original. Pour eux, le « India » et dans bien des cas le « Pale » n’ont plus vraiment leur raison d’être. Pas bête…

La première White IPA

Étonnamment, les experts s’entendent sur l’origine de la première White IPA, la Conflux No.2, une bière collaborative conceptualisée en 2010 par les américaines Deschutes de l’Oregon et Boulevard Brewing de Kansas City.

Les deux brasseries ont toutefois brassé leur bière respective ce qui a abouti en deux bières différentes partageant plusieurs caractéristiques communes et distinctives. Assez même pour donner naissance à cette nouvelle tendance qui s’est rapidement répandue par la suite.

Comme vous le constaterez, le Québec n’y a pas fait exception et dans certains cas les brasseurs ont même expérimenté davantage en choisissant de combiner bière de blé et IPA belge.

Notre dégustation

La Padou de la Microbrasserie du Lac Saint-Jean  met l’emphase sur la levure aux effluves typiquement belges et l’apport des houblons se traduit par des notes fruitées, légèrement exotiques et l’amertume en finale qui est assez soutenue.

La Cheval Double Blanche mise également sur une levure belge bien présente et semble laisser moins de place aux houblons pour s’exprimer. Moins amère et plus chaleureuse, elle est différente des autres concurrentes.

La Blanche de Drummond amalgame plutôt bien les caractéristiques des deux styles avec en vedette des arômes d’agrumes provenant des houblons, une amertume prenante et des notes de citron qui perdurent jusqu’en finale.

La version d’Archibald a impressionné par la fraîcheur de ses notes agrumes et ses houblons herbeux au nez. En bouche, le côté IPA prend le contrôle, mais est bien soutenu par une agréable texture moelleuse que lui confère le blé.

C’est finalement les Quatre surfeurs qui remportent la palme avec un bouquet aux effluves tropicaux envoûtants, une onctuosité des plus plaisantes et une symbiose toute naturelle entre Witbier et IPA qui poussera les plus puristes à réfléchir sur la légitimité de ce style.

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