Atelier 300 250

Dans le cadre du dernier congrès des producteurs de cidres, vins et alcools du Québec, j’ai participé à une présentation du PDG de la SAQ, Alain Brunet. Un discours fort intéressant qui témoignait d’une ouverture d’esprit aux changements drastiques des dernières tendances. Le consommateur évolue bien plus rapidement que ne laissait croire les prédictions.

À la fin de son discours, je lui ai posé une question. « Quel sera le mandat et la vision de la SAQ face aux opportunités de tourisme que peuvent apporter les distilleries artisanales? » Partout en Amérique du Nord, les distilleries attirent un grand nombre de visiteurs excepté dans les régions qui ne permettent pas la vente sur place. La réponse d’Alain Brunet était claire et, ma foi, me semblait franche : « Ce n’est pas à la SAQ d’avoir ce genre de mandat ». Depuis le 28 mars 2017, le ministre Leitao lui a donné raison. C’est au Québec de le faire. Et il le fait. Enfin!

Le dernier Budget du Québec à peine déposé, un vent d’espoir soufflait dans les rangs des associations de producteurs artisans; la volonté de moderniser les lois et règlements qui entourent la vente d’alcools au Québec est devenue une priorité. Elle cadre sur plusieurs grands chapitres :

  1. La modernisation des relations commerciales entre les détenteurs de permis de réunion et les microbrasseries. Il ne sera bientôt plus nécessaire de passer par un détenteur de permis de vente de bière, par exemple, pour acheter ses bières sur un permis de réunion. La brasserie pourra directement vendre à un particulier ou un organisme qui a reçu un permis de réunion. Fait intéressant, dans le document « Plan économique du Québec » de mars 2017, il est indiqué « permis de producteur artisanal de bière. ». Est-ce qu’un Brouepub pourrait vendre directement à un détenteur de permis de réunion? Dossier à suivre…Une avancée considérable pour tous les événements de campagne de financement, les regroupements d’amateurs et autres prétextes qui nécessitent un permis de réunion.De plus, il sera beaucoup plus facile pour les brasseries d’obtenir un permis de réunion et participer à des festivals ou événements. Le cadre n’est pas encore bien défini, mais cela veut-il dire qu’une brasserie ou une association de brasseurs pourrait demander un permis de réunion pour organiser un festival? Dossier à suivre…

    Actuellement il est interdit aux brasseries de le faire, sous prétexte qu’il s’agit d’une opportunité de visibilité et de promotion.

  2. L’autorisation aux distillateurs artisanaux de vendre sur les lieux de production. Déçus de ne pas avoir été inclus dans les changements apportés par le projet de loi LP88, les distillateurs artisanaux n’hésitent pas à parler d’oxygène pour les microdistilleries du Québec depuis le dépôt de ce dernier budget.Ils auront dorénavant le droit de vendre sur place. Quelques conditions s’appliquent : Consommation uniquement dans un autre endroit, seuls les produits fabriqués sur place pourront être vendus, autorisation de faire déguster les produits sur place. Fait intéressant, le producteur devra acheter sa production à la SAQ, le Québec s’assurant d’un contrôle des ventes et statistiques sur l’ensemble de son territoire et d’un suivi des taxes probablement. Dossier à suivre… Les producteurs artisanaux se voient également offrir un programme d’aide financière.
  3. Une modernisation de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJ). Sous la responsabilité du ministère de la sécurité publique, la volonté du gouvernement est de moderniser la RACJ en trois phases :
  • moderniser la culture institutionnelle de l’organisme;
  • réviser la réglementation et l’encadrement des boissons
    alcooliques;
  • assurer de meilleurs suivis avec l’industrie sur des enjeux
    de fond.L’ensemble de l’industrie appuie cette initiative, les nombreux témoignages de ces dernières années pointaient tous dans le même sens : la RACJ s’éloignait de plus en plus des réalités du secteur qu’elle est censée réglementer.

ENFIN!

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