Atelier 300 250

Au lendemain de la tempête se tenait la grande dégustation du congrès des Cidres, vins et alcools d’ici. Et bien que les déplacements s’annonçaient hardis, rien ne viendrait à bout de ma détermination de me rendre à l’Hôtel de Mortagne pour faire plus ample connaissance avec les produits québécois.

Je dois d’abord avouer que ma connaissance de produits d’ici était très limitée (je sais, je te déçois, j’ai honte aussi sache-le) et qu’elle était en grande partie basée sur de vieilles et pas toujours très concluantes expériences. Mais, au nom de la découverte,  je me suis prêtée avec enthousiasme à l’exercice. Je le sais ce que vous vous dites, c’est pas facile, mais quelqu’un doit le faire ! Voici donc les succulentes conclusions que j’ai pu en tirer :

Le cid, c’est pas juste une pièce de Corneille (non pas le chanteur)

Le cidre au Québec a bien évolué depuis que j’en ai fait la connaissance au tournant du millénaire sous sa forme« de glace». À l’époque les domaines Pinnacle et le Félibre étaient mes producteurs préférés. Mon goût pour les cidres de glaces a pourtant fait son temps et j’ai découvert d’autres alcools et à l’instar de plusieurs consommateurs je crois, j’ai délaissé le cidre. Il m’a fallu quelque temps et quelques rencontres clés pour replonger dans cet univers qui a tant évolué depuis. Des coups de cœurs !

Les vergers de la Colline

Les vergers de la colline qui produisent entre autre le Honey Crisp Sour qui constitue assurément un de mes cidres préférés. Un nez fermier, légèrement sûr, pas trop effervescent, rien à voir avec toutes mes préconceptions du cidre. Si vous ne les connaissez pas, les vergers c’est une cidrerie impliquée et passionnée qui innove  dans le domaine et qui offre une palette de goûts qui m’ont absolument renversée. Usant des assemblages de pommes et de fûts ils m’ont fait découvrir une vaste gamme de goûts que je n’associais pas à l’époque au cidre. Boisé, légèrement sûrs mon palais d’amatrice de bière, vin et scotch n’a pu que succomber.

Domaine Lavoie Bulles d’automne

Bien qu’habituellement je ne suis pas super fanatique des alcools « sucrés », les bulles d’automne du Domaine Lavoie m’ont vraiment fait chavirer. Goût de pommes cuites, magnifique avec une très légère pointe d’acidité le tout magnifiquement porté par l’effervescence du cidre… un bijou. Je n’ose qu’imaginer l’accompagner d’un foie gras.

Vin sur Vin

Côté vin du Québec j’étais quasi pucelle; quelques expériences pas trop agréables qui datent de très longtemps et qui m’ont laissé un mauvais goût dans la bouche. Mais le vin du Québec se porte vraiment mieux qu’à mon souvenir et j’ai adoré détruire cette image vétuste et un peu snob du vin d’ici à grands coups d’excellents produits!

Le Gewurztraminer du domaine du Fleuve était ravissant, et le Solyter du vignoble La Bauge m’a également surprise alors que je m’attendais à des vins sucrés mais j’ai été transportée par leur côté fin et léger sans tomber dans l’acidité, rafraichissants et dont je me régalerai dès que possible.

C’est toute fois le Domaine Nival et leur « petnat » Ces petits imprévus, qui s’est enfui avec mon cœur. Un vin pétillant naturellement dont la fermentation se termine en bouteille est absolument le type de produit qui me fait vibrer. Par ici le style fermier et le goût atypique et franc. Quel privilège que d’y goûter car produit n’est pas encore disponible et devrait l’être sous peu mais en petite quantité. Si j’avais pu en acheter une caisse sur le champ je l’aurais fait sans l’ombre d’un doute. Je crois que ce type de produits a un grand avenir au Québec et qu’il y a une niche pour exactement ce profil de goût. J’espère qu’ils sauront exploiter ce filon et même qu’ils ne seront pas les seuls.

Spiritueux

Vous connaissez comme moi probablement les gins du Québec et sérieusement on a de quoi se péter les bretelles de chauvinisme dans ce domaine-là et avons rien à envier à nos cousins Anglais l’incroyable qualité de ce qui se fait chez nous. On l’aime, on l’achète ! Vous connaissez surement la cidrerie Michel Jodoin, véritable institution et figure emblématique du milieu. Mais connaissez-vous ses spiritueux? Pas moi et  j’ai été renversée.  J’ai goûté au divin brandy de pomme 2001… je crois que je n’en suis pas revenue. Délectable, parfait, son vieillissement lui a apporté une douceur des plus merveilleuses et qui saura charmer le plus fin connaisseur de calvados j’en suis certaine. Là encore, pas disponible sur le marché, je devrai à contrecœur repousser mes plans d’en déguster un après un bon repas accompagné d’un plat de noisettes et fruits séchés.

Disponibilité

Bien qu’il s’agisse de Cidre, de vin ou d’alcool d’ici, le défi est de s’en approvisionner. À cet effet, la SAQ a encore une fois main mise sur le marché et offre certains des produits québécois mais pour les cidres et vins, je préfère d’autres façons de découvrir ces produits. D’autant plus qu’il est maintenant possible, pour les vignerons du Québec, de vendre leurs produits par le réseau des détaillants.

Chez le producteur : Tant pour les cidres que les vins, une  petite ballade vaut la peine, produits merveilleux et partir avec quelques bouteilles rares et peut être même remplir votre cruchon de cidre.

Magasin Spécialisés : Consulter votre boutique spécialisée ! Bon nombre de boutiques de bières de microbrasseries tiennent des cidres. Sinon une institution comme le Marché de saveurs à Montréal pourra vous permettre de faire le plein non seulement de vins et cidres mais de merveilleux produits du Québec dont vous pourrez vous délecter. Ils ont une magnifique carte regroupant les produits disponible. Sinon, plusieurs sites web des producteurs vous indiqueront où vous approvisionner de leurs produits.

 

 

 

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