Texture
Bootlegger 350

Qu’est-ce que la texture d’une bière? Ce sont les caractéristiques qui produisent les sensations tactiles que vous ressentez en bouche. Contrairement aux arômes et saveurs perçus qui vous informent sur les odeurs et goûts de la bière, la texture vous renseigne sur ses aspects physiques.

Bien que la texture puisse être décrite de façon globale, vous pouvez aussi dépeindre le niveau de carbonatation présent dans la bière, sa rondeur ainsi que son arrière-goût. Vous pouvez utiliser un descriptif large tel que :

  • Charnue;
  • Coulante (qui descend bien);
  • Granuleuse (qui vous ramène aux céréales et grains utilisés);
  • Soyeuse;
  • Veloutée.

Comme vous pouvez également utiliser sa caractéristique dominante :

  • Présence d’alcool : alcooleuse, capiteuse, chaleureuse;
  • Peu concentré, diluée : aqueuse;
  • Sensation de dessèchement : astringente;
  • Présence et niveau de sucre : doucereuse, onctueuse, sirupeuse, toquante.

Passons à la carbonatation qui est facilement identifiable. Les boissons carbonatées, telle la bière, contiennent du gaz carbonique (CO2), qui les rend pétillantes. Le CO2 réagit avec l’eau (H2O) présente dans la bière pour former de l’acide carbonique (H2OCO3). Lorsque cet acide entre en contact avec la langue, il produit cette sensation de picotement que vous ressentez. La carbonatation influence aussi votre perception des saveurs puisqu’elle interagit avec les molécules produisant les arômes et saveurs et donc, sur la façon dont vous les goûtez et sentez.

Visuellement, la carbonatation joue un rôle dans la grosseur des bulles et la quantité de mousse que vous voyez flotter sur votre bière.

Pour en terminer avec la carbonatation, l’effervescence ré-sul-te du changement de pression ou de température comme il s’en produit lorsqu’on vide la bière de la bouteille vers le verre. Ainsi, le gaz carbonique contenu dans la bière veut s’échapper et remonte vers la surface ce qui crée ces filets de bulles que vous apercevez dans la bière et, évidemment, dans le champagne.

Faites le test!

Si vous doutez de l’impact de la carbonatation sur les flaveurs d’une bière, faites ce petit test. Prenez deux bouteilles de la même bière, posez les sur le comptoir, versez-en une dans un verre, brassez cette bière avec une cuillère afin d’en faire sortir le gaz carbonique (vous pouvez aussi brasser la bouteille avant de la décapsuler mais ce n’est pas recommandé!), attendez une dizaine de minutes, débouchez la deuxième bouteille, versez la dans un verre, puis goûtez les bières une après l’autre. Vous serez surpris des différences entre les deux.

Quelques termes utilisés pour décrire la carbonatation sont : pétillante, moyenne (basez-vous simplement sur vos expériences) ou plate pour en marquer l’absence ou la quasi-absence. Vous pouvez ajouter à votre répertoire « au-dessus » ou « en-dessous » de la moyenne. Si vous voulez être plus pointus dans vos descriptions, évaluez le niveau de carbonatation par rapport au style.

D’autres aspects non-négligeables

Je vous concède qu’on ne pense pas souvent à la physique et à sa branche « mécanique des fluides et hydraulique » lorsqu’on boit une bière mais ce serait approprié ici. La rondeur réfère à la perception que vous avez du poids du liquide ainsi que la résistance au débit lorsque vous la buvez. Pour décrire la rondeur d’une bière, on utilise des termes associés à sa densité et sa viscosité.

La rondeur est décrite en utilisant des termes tels que « mince » qui en marque son absence ou quasi–absence (vous noterez une similitude avec l’eau), ronde, pleine (vous aurez un peu l’impression d’avoir une « balle » en bouche qui couvre toutes les parois) ou même « sirupeux » (bière concentrée; peut être tant positif que négatif).

L’arrière-goût est la dernière sensation que vous laisse la bière. On peut briser cette perception en deux composantes, soit la durée et l’intensité. L’arrière–goût peut être long, et même très long, à très court, voire absent. Quant à l’intensité, elle peut être tant forte que faible. À noter qu’un arrière–goût intense n’est pas nécessairement long et qu’un faible arrière-goût peut être très long.

N’oubliez pas que pour bien savourer une bière, il faut prendre son temps!

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