Frédérick Moreau roule sa bosse depuis longtemps dans le milieu brassicole québécois. Il a commencé à travailler pour une petite brasserie, d’abord en tant que vendeur, représentant, aide-brasseur, puis brasseur en chef, avant de se lancer à son compte. Comme consultant, il a démarré des brasseries, aidé d’autres à se restructurer, avant de revenir aux cuves d’une brasserie, cette fois de beaucoup plus grande envergure, celles d’Archibald. Frédérick aime les défis, et il les relève bien !

Originaire de Val-d’Or en Abitibi, Frédérick était un passionné de skateboard et snowboard, ce qui l’a amené dans son adolescence à voyager de façon régulière dans l’Ouest canadien. Il s’est éventuellement installé à Mont-Tremblant pour se rapprocher de la montagne et a notamment travaillé pour Toyota et Canadian Tire où il occupait de bons emplois. Les weekends, il se consacre à une autre passion, le brassage de bière.

Lorsqu’une offre d’emploi est lancée par la Microbrasserie Saint-Arnould, il est convaincu par sa blonde de tenter sa chance et de faire le grand saut. Il débute en tant que vendeur, aide-brasseur, puis brasseur. En 2007, il part pour Montréal où il a accepté le contrat de démarrer Brasseur de Montréal. Il devient à partir de ce moment consultant à son compte jusqu’en 2011 où Archibald lui fait une proposition qu’il ne peut refuser.

Comment avez-vous commencé à brasser de la bière ?

Vers l’an 2000, j’ai commencé à brasser maison avec un ami qui avait reçu un kit de brassage pour Noël. Rapidement, j’ai décidé d’aller tout grain afin d’obtenir de meilleurs résultats.

La première bière que vous avez brassée ?

À la maison, ma première tout grain a été un Stout que j’ai brassé pendant trois ans. Il s’est évidemment amélioré au fil du temps et est devenu très bon. Après trois ans, mon assistant m’a finalement demandé si on pouvait essayer autre chose.

Ma première chez Archibald a été la Chipie Extra, une version de la Chipie que j’avais faite avec une autre levure et du houblon Cascade en cocottes. Ç’a été un one-shot juste pour le plaisir d’essayer une nouvelle recette pour la première fois. Elle était très bonne dans sa version cask.

La bière dont vous êtes le plus fier ?

La Brise du Lac, une bière sur laquelle j’ai travaillé très fort afin de la stabiliser. C’est une Lager et c’est donc surtout sur le procédé plutôt que la recette que j’ai dû travailler pour en arriver à un résultat stable et qui me satisfait. C’est sans équivoque notre bière la plus difficile à faire et je suis fier du travail accompli.

Votre style de bière préféré ? [À brasser et à boire]

Une Pilsner, à boire et à brasser. J’aime le côté sec, rafraîchissant et plus houblonné. Quand on la voit, on sent que c’est franc et c’est clean. Côté brassage, j’aime le défi d’attendre pour une bière réussie et l’importance de la fermentation pour y arriver. Ça prend quatre semaines avant de savoir si le résultat est à point. La complexité du travail et la simplicité à boire, c’est ce que j’aime avec ce style.

Votre ingrédient préféré ?

La levure, car c’est l’âme de la bière. C’est elle qui décide du résultat, c’est l’architecte de l’affaire. Capricieuse, il faut en prendre soin, l’injecter au bon moment et la suivre pour s’assurer que tout est correct. Après, c’est elle qui fait le travail. J’aime les variétés capricieuses comme la Bastogne Pale Ale, c’est un défi de les travailler.

Une brasserie québécoise que vous appréciez particulièrement ?

Il y en a plusieurs… Pour l’instant, Le Castor, ils sont sortis de nulle part et ça marche super bien. C’est à mon avis une des brasseries les plus clean actuellement. Les trucs qu’ils font sont toujours sur la mire. J’aime plusieurs brasseries et j’en connais personnellement plusieurs qui font d’excellentes choses actuellement.

Une bière québécoise que vous auriez aimé brasser ?

La Saison Voatsiperifery de Brouhaha, car c’est une combinaison que je n’aurais jamais pensé faire et ça fonctionne très bien. J’ai beaucoup de plaisir à boire ça et c’est tellement bien fait que j’ai adoré. Chaque fois que je vais au Brouhaha, c’est ce que je bois : « un ’tit peu de poivre ». C’est une très bonne idée et c’est bien réussi !

Vos impressions sur la bière au Québec…

Ça va très bien. On a de bonnes jeunes micro avec de très bons produits. Côté tablettes, on retrouve beaucoup de diversité, mais des fois pour la fraîcheur, ça commence à faire un peu peur. Il faut s’assurer que les produits en tablettes restent frais malgré tout l’offre disponible. C’est vraiment ça le défi selon moi, car aujourd’hui les produits sont clean et il y en a pour tous les goûts. Les détaillants travaillent bien et tout le monde se tient, c’est très représentatif de l’industrie.

Qu’est-ce que nous réserve votre brasserie ?

Des nouveautés ! On reste dans le classique, mais on offrira plus de bière de soif et des sessions pour l’été qui s’en vient. On veut offrir des styles pour accompagner la pêche et les déménagements. On aime miser sur le goût plus que sur le taux d’alcool. On sortira ainsi une Alt, une Vienna et une Session Ale blonde. Aussi, une Pilsner tchèque à 10° Plato, 4 % d’alcool, qui sortira en cannette vers le mois de juin, j’ai bien hâte à celle-là !