Si aujourd’hui bien peu de gens con-naissent les Cups, ce type de breuvage prévalait autrefois dans les salons et soirées de l’époque victorienne.

L’origine des Cups remonte aux banquets romains et autres symposiums, ce qui veut littéralement dire « rassemblement de buveurs » en grec. La coutume voulait que l’on trinque 3 coupes (cups en anglais) lors de ces évènements : la première pour épancher la soif, une seconde pour le plaisir, et la 3e était dédiée à l’une des divinités du panthéon, habituellement Jupiter.

Sachant que les anciens avaient l’habitude d’ajou-ter du pain grillé à leur punch, on peut comprendre d’où provient la tradition du toast.

C’est dans cette optique qu’au 19e siècle, les britanniques prirent l’habitude de boire leur Claret Cup. Si ce breuvage avait mille et une versions, dans sa plus simple expression il était une sorte de punch à base de vin de Bordeaux, d’une boisson pétillante, de fruits, de sucre et d’herbes, servi sur glace. La carbonatation et la réfrigération étaient 2 récentes inventions qui faisaient alors fureur et qui ont changé bien des choses dans le monde des boissons et de l’alimentation

Pimm’s Cup

Rapidement, certains commencèrent à produire, embouteiller et vendre leur propre recette de Cups à base de spiritueux, tel le gin. L’une de ces marques est d’ailleurs arrivées jusqu’à nous, et est toujours aussi populaire dans le sud de l’Angleterre : le Pimm’s no1. Produite dès 1823 par James Pimm, un fils de fermier du Kent, la recette exacte de cette boisson demeure un secret.

Le Pimm’s Cup est servi allongé de boisson gazeuse lime et citron et décoré d’un zeste ou d’une tranche de concombre.

Ale et Porter

Je vous propose tout d’abord 2 recettes inspirées du livre du légendaire barman américain Jerry Thomas, considéré comme le fondateur de la mixologie : How to mix drinks or the Bon-vivant Companion1, le premier livre américain sur les boissons.

Ale Punch

  1. Assembler dans un bol :
  • 1 bouteille (500 ml) de mild ale, p.ex. L’Étoile du Brasseur Mild Ale, Pit Caribou
  • 3 oz de vin blanc ou de cidre tranquille, p.ex. Dégel (SAQ : 10661486)
  • 3 oz de Curaçao, p.ex. Ferrand Dry Curaçao (SAQ : 12103584)
  • 1/2 oz de jus de citron
  1. Mélanger délicatement à la cuillère. Ajouter un bout de pain grillé.
  2. Servir sur glace avec un zeste de citron et un peu de muscade fraichement moulue.

Porter Cup

  1. Assembler dans un pichet :
  • 500 ml de porter, p.ex. L’Empress of Ireland, Le Naufrageur
  • 2 oz de brandy, p.ex. Ferrand Ambre 1er cru de Cognac (SAQ : 10867530)
  • 2 oz Sirop de gingembre, p.ex. Les Charlatans
  • Bitter aromatique, p.ex. Jack Rudy’s
  1. Mélanger délicatement à la cuillère. Mettre au froid 20 minutes.
  2. Servir allonger d’un trait de soda bien frais et décorer d’une pelure de concombre.

Si la première recette est sur le fruit et possède une pointe d’acidité, la seconde est plus riche, chaleureusement douce avec ces notes de fruits murs.

Ale Cup

Cette 3e recette provient d’un livre publié en 1869, traitant justement des Cups : Cooling Cups and Dainty Drinks de William Terrington2.

Elle demande d’utiliser une Burton Ale no1. Ce type de bière est encore parfois brassée par Bass et porte la mention Barley Wine. Plus près de nous, l’Albion brasse une bière suivant la recette originale : la Cuvée Éliane/AlbionNo1.

  1. Dans 1/3 de tasse de sherry, ajouter :
  • 3,75 ml de cannelle
  • 1 clou de girofle
  • 1/2 c. à thé de poivre de Jamaïque
  • muscade au gout
  1. Laisser macérer pendant 2 heures.
  2. Passer au tamis et mettre dans un pichet, avec :
  • 500 ml Burton Ale (No1) ou de Vintage Ale de Brasserie McAuslan
  • 500 ml de Ginger beer, p.ex. Fever Tree Ginger beer
  1. Servir sur glace.

Piquante et épicée, cette boisson est parfaite en apéro.

Santé !

1 Publié à New York : Dick & Fitzgerals, 1862
2 Publié à Londres & New York : George Routledge and sons, 1869