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Vous goûtez une bière pour la première fois et elle vous renverse. Vous y goûtez de nouveau quelque temps plus tard, et vous la trouvez plutôt ordinaire. Que s’est-il passé entre ces deux moments ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce changement de perception. Certains sont tout à fait scientifiques et mesurables tels que des variations dans les spécifications techniques des matières premières utilisées par le brasseur.
D’autres facteurs sont plus difficiles à mesurer mais ont une importance tout aussi grande, sinon plus, sur votre expérience gustative. En voici quelques-uns et certains vous surprendront !

Ce que vous avez consommé avant

Ce que vous aurez consommé avant de goûter votre bière influencera les saveurs que vous y percevrez. Mangez un poulet avec des épices éthiopiennes puis savourez votre bière. Prenez quelques notes. Quel­ques jours plus tard, refaites le même poulet mais en utilisant des épices cajuns puis goûtez de nouveau cette bière. Le profil gustatif de votre bière n’est plus le même. Tout ça à cause de quelques épices.

Vos attentes

Il est pratiquement impossible d’être totalement objectif vis-à-vis une bière que vous consommez. À partir du moment où vous commandez, vous avez des attentes. Si vos attentes sont rencontrées ou dépassées, vous aurez l’impression d’avoir goûté une excellente bière ou qu’elle est meilleure qu’elle ne l’est en réalité. Par contre, si la bière vous déçoit, vous en aurez une impression plus négative.

Une bière qui a dépassé vos attentes la première fois pourrait tout simplement ne pas les rencontrer lorsque vous la revisiterez. Elle vous paraîtra donc « moins bonne ». À l’inverse, une bière « pas bonne la première fois » pourrait se transformer en « finalement, elle n’est pas si pire que ça ».

Le moment

Cette bière est peut-être sublime tout simplement parce qu’au moment où vous l’avez goûté, c’est exactement ce dont votre corps avait besoin. Cette belle rencontre entre vos besoins corporels et les saveurs de la bière résulte en un de ces moments magiques. Comme ces moments magiques sont difficiles à reproduire, profitez-en pleinement lorsqu’ils se produisent. Votre prochaine rencontre avec cette même bière pourrait vous laisser sur votre faim.

Le lieu

Un ami, plus fou de bières que moi, considère la La Rossa de Birra Morretti comme étant une bière d’exception. Plusieurs la considèrent « correct » sans plus. Son appréciation ne vous surprendra pas si vous savez qu’il l’a bue en compagnie de sa famille, après une longue journée de marche au grand soleil, sur une grande place publique… en Italie.

La couleur et la musique

Quoi ? Des expériences scientifiques de taille importante ont montré que la couleur et la musique ont un impact significatif sur les notes accordées à des vins, les faisant varier de 10 % à 20 %.

Les sens impliqués étant les mêmes, rien n’empêche d’extrapoler les résultats à la bière. Une bière dégustée dans des conditions optimales et à laquelle vous avez donné une note de 90 % pourrait se retrouver avec un « 72 % » dans des conditions moins idéales, une différence significative.

Quelques exemples d’influences. Un environnement où le vert domine suggèrerait des fruits non mûrs, donc plus amers, et « augmenterait » votre perception de l’amertume.

En musique, les notes aigues, légères, « amplifieraient » votre perception des saveurs fruitées tandis que les basses, plus pesantes, favoriseraient des saveurs telles le chocolat noir !

Surprenant, non ? Vous doutez encore ? Certai­nes com­­pagnies investissent massivement dans ces re­cherches afin de comprendre et d’influencer le comportement des consommateurs.

Et alors, on fait quoi avec tout ça ?

Simplement être conscient que ces facteurs vous suivent partout, qu’ils ont une influence sur vos sens et qu’ils affectent inconsciemment votre rapport à la bière.

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