RALLYE 300

En ce moment même, vous regardez votre thermomètre et il fait 29 degrés Celsius à l’extérieur. Curieusement, il fait aussi 29 degrés Celsius dans votre appartement. Vous n’avez pas la climatisation et ne pensez qu’à une chose : « Fait soif ! »

Le brasseur en vous sait qu’il ne peut brasser une Ale ou une Lager, car les levures ne sont pas faites pour travailler dans de telles conditions. Vous décidez donc de mettre votre loisir préféré de côté pour la période estivale. Malheur !

Mais… Fait soif !

Quand il fait soif, ce n’est pas seulement parce que vous avez envie d’en décapsuler quelques-unes, mais aussi parce que le brassage vous démange et vous tourmente. Il ne vous laissera pas tranquille tant que vous n’aurez pas cédé. Que faire ?

Je rencontre à l’occasion des brasseurs maison qui me disent qu’il décide de ne pas brasser l’été de peur d’avoir des bières avec des défauts majeurs tels que des esters désagréables ou des goûts de phénol dans leurs bières. À cela, je réponds : « pour­quoi ne pas brasser des bières belges ? »

En effet, les levures belges telles que les levures à Saison ou Tripel, voire les Sour Ales, raffolent de ces températures élevées. Les meilleures Saisons sont souvent soumises à ces peak de température lors de la fermentation secondaire ou tout au long de la fermentation. Contrairement aux Ales britanniques, américaines ou toute Lager, les bières belges sont intéressantes lorsque ces fameux esters sont bien présents.

Ces esters apporteront à la bière un goût de fruit ou de clou de girofle ainsi que d’autres épices. Ces goûts peuvent se marier à merveille avec la signature de la levure. Par contre, comme mentionnés plus haut, ils seront perçus comme un défaut dans d’autres types de bière.

Pour les chaudes journées d’été, je préconise ainsi une bonne Saison avec au moins 30 % de blé malté ou cru, ainsi que des houblons américains. Et bien sûr, pour ceux qui me connaissent, une généreuse portion de houblons en houblonnage à froid.

La brasserie elle-même

Il ne faut pas oublier que la plupart des brasseurs « maison » sont en fait des brasseurs « d’appart ». Donc, comme ils ne sont pas vraiment chez eux et ne disposent pas de toutes les commodités qu’une maison peut offrir, ils brassent selon leurs réalités. C’est ce que je fais aussi. Je brasse beaucoup selon la saison.

En terminant, si vous ne disposez pas d’un endroit chez vous où la température est stable et propice à un style en particulier, laissez aller votre imagination et amusez-vous. Encore une fois la beauté de la chose quand on brasse maison, c’est qu’on peut se permettre d’expérimenter puisque l’on brasse à petite échelle et souvent pour un publique bien averti.

Si vous avez une pulsion qui vous habite en permanence, que vos levures vous parlent, que vos houblons remplissent vos narines et que vous vous surprenez à manger du malt, laissez-vous aller. Ne vous retenez plus ! Agrippez votre fourquet et relâchez toutes les tensions.

 

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