Ça y est ! L’idée de partir votre projet de brouepub ou microbrasserie germe depuis assez longtemps que vous êtes enfin prêt à vous lancer ? Il ne vous reste donc plus qu’à dénicher un endroit où s’installer. Cette fois, pour vous aider, Bières et plaisirs s’est adressé à deux experts et alliés, Messieurs Guy Létourneau et Michel Gauthier.

Pour la petite histoire, Michel Gauthier, sommité dans le monde brassicole et de la fermentation au Québec, recrutait il y a quelques années Guy Létourneau pour son expertise en développement des affaires. Les deux hommes ont joint leurs expertises pour élaborer un cours complet sur quatre jours, Réalisation d’un projet de microbrasserie (permis de brasseur) ou de brouepub (permis de producteur artisanal de bière), qui répond non seulement à une demande toujours grandissante, mais remplit un rôle énorme pour la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ). À lire ici.

Un entrepreneur peut-il installer son brouepub ou sa microbrasserie où il veut sans le consentement de la ville ?

Non, pour que le projet soit conforme, la demande auprès de la ville ou de l’arrondissement doit s’inscrire au tout début du processus. C’est le point de départ. Un bon exemple serait celui du deuxième Benelux, ouvert depuis juillet 2013, à Verdun, rue Wellington. Cela aura pris beaucoup de temps; rappelons qu’il s’agissait là du premier brouepub à s’établir sur le territoire depuis la prohibition, en 1875.

 

L’entrepreneur doit-il consulter les ré­sidents du secteur avant de s’établir? Ces derniers peuvent-ils empêcher l’ouverture d’un tel projet ?

L’entrepreneur n’est pas tenu de consulter la population pour s’établir sur leur territoire. Une fois qu’il a rencontré les instances de la ville ou l’arrondissement et qu’il n’y a pas de considérant négatif, le processus est enclenché. En fait, la RACJ prend déjà en charge cette étape dans le processus en publiant un avis dans le journal local par exemple, une sorte de forum de base permettant à quiconque s’oppose de se prononcer.

Or, le propre de ce processus (RACJ) est tel que ce n’est pas le poids de la masse critique qui va influencer la réponse, mais bien le poids et la pertinence du ou des plaignants. Encore là, s’il n’y a pas de considérant négatif évident et surtout pertinent, il n’y a pas lieu de reconnaître une quelconque opposition au projet.

 

Serait-il sage de voir avec la ville quels sont les travaux qui peuvent se faire à l’endroit désiré avant de s’y installer?

Par exemple, l’ajout d’une terrasse, changer la façade d’un bâtiment patrimonial ou changer le look dans un quartier ou une ville qui tient à garder un certain cachet…

La personne qui désire lancer son projet de brouepub/microbrasserie sur un territoire X a tout intérêt à préparer un plan d’affaires qui passera bien. Déjà, en indiquant au sein du plan d’affaires qu’elle désire annexer une terrasse à l’établissement, elle s’assure de réaliser son désir puisqu’en théorie, la ville est déjà consentante à l’instauration dudit projet. Cela ne veut pas dire que certains éléments ne pourront être modifiés légèrement en cours de route toutefois, comme une réduction en pieds carrés de ladite terrasse par exemple… Bref, plus le plan d’affaires est précis lors de la planification, meilleures sont les chances que le projet ressemble à ce qui est souhaité au départ. Cela va de soi…

 

Est-ce que pour avoir le consentement d’une ville, il vaut mieux choisir d’établir une brouepub, une microbrasserie ou un bar ?

Règle générale, un brouepub ou une microbrasserie ont meilleure réputation qu’un bar. Les gens font un lien entre ces termes et le mot « dégustation ». Cela dit, nous conseillons toujours à nos clients d’éviter d’inscrire le mot « bar » dans leur plan d’affaires. La Microbrasserie Le Castor de Rigaud en est d’ailleurs un bon exemple : les instigateurs n’ont jamais écrit ni même prononcé le mot bar et le projet est bien passé au conseil !

 

Quels conseils de base donneriez- vous au principal intéressé ?

Travailler de concert avec les différents intervenants, c’est-à-dire toute personne susceptible d’être préoccupée par le développement socioéconomique du quartier, de la ville et même de la région. Au fait, autant ces personnes ont à cœur le développement de projets et la prospérité économique du secteur, que les instigateurs du brouepub ou la microbrasserie ont à coeur l’actualisation de leur projet.

Être un bon citoyen. On pense au Brouepub Brouhaha à Montréal, où on a apposé des affiches sympathiques pour demander aux clients de bien vouloir faire attention au voisinage quand ils sor­tent prendre l’air entre deux pintes. Toujours à Montréal, il y a aussi le Benelux, établit au rez-de-chaussée d’une immense tour à logements, où l’on tente aussi de faire attention autant avec le bruit que les effluves qui émanent du bouillonnement des moûts…

En région, il est bon de valoriser les projets agro­touristiques. Une collaboration étroite avec les différentes associations favorisera aussi le développement et pourrait donner lieu à des partenariats intéressants, lesquels permettent un rayonnement local global pour tous !