Le bonheur,  ce concept si difficile à concevoir et à atteindre pour certains, et qui vient si aisément à d’autres, est souvent associé à une richesse matérielle. Mais comme Albert Camus s’interrogeait dans son recueil Noces :

[…] qu’est-ce que le bonheur sinon le simple accord entre un être et l’existence qu’il mène?

Autrement dit, chaque individu a un pouvoir de super-héros : celui de créer sa propre définition du bonheur. Je ne veux pas tomber dans la psycho-pop, mais le bonheur, à mon humble avis, réside dans les petits plaisirs de la vie et non dans la possession d’objets de valeur.

Des exemples? En v’là!

  • Manger. Inutile d’élaborer plus en profondeur.
  • Mettre un bon vinyle et monter le volume lorsque les voisins sont partis.
  • Rencontrer et échanger avec des personnes intéressantes et stimulantes.
  • Boire et découvrir une bière pour la toute première fois, surtout lorsque celle-ci surpasse mes attentes.

Si je m’attarde au dernier énoncé dans cette courte liste, je me dois de souligner la petite douceur qu’est la Double Bonheur du Cheval Blanc, dont le nom ne pouvait pas être plus approprié.

Une des bières les plus visuellement alléchantes au Québec, la poussée d’azote lors du service en fût donne un résultat très trouble, presque enneigé même. Quand la tempête se dissipe, on y aperçoit une belle couleur dorée assez claire. La mousse est évidemment duveteuse et généreuse, et elle dessine une belle dentelle sur les parois du verre. Les houblons dégagent des arômes de sapin et de fruits de la passion. Des effluves épicés sont également détectables. L’onctuosité est au rendez-vous en bouche grâce à  l’azote et aux flocons d’avoine utilisés dans le brassage. Les saveurs houblonnées et fruitées percent au travers de la vague crémeuse et s’agencent à des céréales épicées, promouvant ainsi la dégustation à grandes lampées. L’amertume est assez soutenue, mais jamais agressive. Quelle bière incroyable!

Bien campé en catimini aux abords du Quartier Latin sur la rue Ontario, le Cheval Blanc séduit les aficionados de bonnes bières depuis 1986, année où l’établissement devint le premier bar à obtenir un permis de brassage artisanal à Montréal. D’excellents nectars brassés sur place et quelques bouteilles en importation privée sont offerts dans un endroit au décor simple et convivial, à l’image du quartier qu’il l’abrite. D’ailleurs, le secteur est assez bien nanti en débits de boissons de qualité avec la présence de l’Amère à Boire, un des secrets brassicoles les mieux gardés dans la Métropole, ainsi que la Station Ho.st, salon de dégustation de la microbrasserie Hopfenstark.

Par la même occasion, ne loupez surtout pas votre chance de tremper vos lèvres dans la petite sœur de la Double Bonheur, la Coco Bonheur, avec ses saveurs évoquant un bon pina colada.

[divider]Double Bonheur en bref[/divider]

Œil : Tout d’abord, trouble et laiteuse, ensuite dorée et limpide, mousse généreuse

Nez : Sapin, fruits de la passion, céréales épicées

Bouche : Crémeuse et onctueuse, amertume douce et soutenue, fruits tropicaux

[divider]Le Cheval Blanc[/divider]

809 Ontario Rue E
Montréal, QC
H2L 1P1