Je me rends compte en pensant à ce que je vais écrire que je ne suis pas nostalgique. Ne vous attendez donc pas à un billet larmoyant style « Dans mon jeune temps, on marchait en raquette dans la neige, pas de botte, sur les mains et à reculons (même si c’est vrai). ». Peut-être que je suis trop conscient des nombreux facteurs (achalandage, investissement, démarches, bénévoles, rentabilité, taille du site, etc.) nécessaires au bon déroulement d’un festival de bière? Moi, je ne fais que profiter des fruits du labeur de l’équipe du Mondial. Voici donc quelques pensées sur mes 20 Mondial de la bière.

Le premier Mondial de la bière s’est déroulé sur l’esplanade de la Place des Arts… Selon mes souvenirs, ça se déroulait sur un terrain asphalté qui ressemblait étrangement à un stationnement… Ce n’est pas grave. C’était une première pour moi : j’allais assister à un festival où il y aurait toutes sortes de bières inconnues à savourer. Étrangement, je n’étais pas le seul énergumène à m’intéresser à la bière car j’y ai vu de mes yeux vu d’autres tripeux de bière. Ce fut une révélation!

Le Mondial de la bière s’est déplacé dans le Vieux-Port de Montréal. Beaucoup de gens se sont plaints que c’était donc loin et en plus, il y avait un droit d’entrée. Moi, j’allais faire un tour dans le Vieux à presque toutes les fins de semaine. Que de soirées passer Au Pierrot et Aux deux Pierrots. Marcher de la station Champ-de-Mars au Mondial, je pouvais le faire presque les yeux fermés. C’est le site que j’ai le plus aimé. Découvrir et siroter une Coup de grisou du Le Cheval Blanc avec une vue fantastique sur le fleuve, quel plaisir. C’était moins plaisant de s’y promener quand le terrain était détrempé (en fait, ça ressemblait beaucoup aux trois premières éditions du Festibière de Gatineau!) mais c’est comme ça avec tous les sites extérieurs.

La Gare Windsor. Probablement le site que les amateurs ont le plus aimé. Je le classe derrière le Vieux-Port. C’était bien les premières années et beaucoup moins les dernières. Il y avait tout simplement trop de monde. Le site manque à beaucoup de gens. Par contre, personne ne m’a dit s’ennuyer d’avoir à attendre en ligne avant de pouvoir accéder au site ou d’avoir des problèmes à circuler pour se rendre à un kiosque ou encore d’avoir à aller aux toilettes vers 20 h 00 le samedi soir! Je me rappelle avoir terminé une édition, en compagnie de Ian Guénard, en sirotant une Chaman de Dieu du Ciel! Et comment ne pas souligner l’effort de ma mère qui un certain samedi soir avait décider de venir me surprendre en venant me surprendre sur le site : il y avait tellement de monde qu’elle ne m’a jamais trouvé!

La place Bonaventure. Le site que les gens ont le moins aimé. En fait, le Mondial de la bière aurait déménagé n’importe où que les festivaliers auraient détesté tellement ils adoraient l’emplacement de la Gare Windsor. Par contre, c’était l’endroit logique pour installer les pénates du Mondial de la bière puisque c’était situé tout juste à quelques coins de rue du site précédent. Moi, j’étais tout simplement content d’avoir de la place pour circuler et de ne plus me faire piler sur les pieds! On se souviendra longtemps de la place Bonaventure parce que c’était très bruyant.

Finalement, le Palais des Congrès. Le souvenir de la Gare Windsor continue de planer au dessus du Mondial de la bière et ce sera certainement le cas pour quelques années encore. Avec l’esplanade, on retrouve le côté extérieur mais l’accès entre cette partie et l’intérieur implique qu’on doit changer de verre mais bon, c’est la réglementation municipale. (Est-ce que le maire Coderre pourrait nous donner un p’tit coup de pouce à ce sujet?) On peut aimer ou pas mais avec les trois jours de pluie de cette 21ème édition, il était des plus plaisant de pouvoir savourer sa dernière trouvaille, et la prochaine, à l’intérieur et au sec! Et on peut circuler sans problème! J’aime bien l’ajout du Bistro des régions qui permet une présence à des microbrasseries québécoises qui autrement ne pourraient l’être. Le site actuel est aussi suffisamment grand pour prendre de l’expansion si jamais l’organisation le décide.

La bière a subi au cours des années trois grandes influences, soit allemande, belge et anglaise. La scène microbrassicole états-unienne est probablement celle qui a le plus d’impact présentement sur les brasseurs et je crois qu’elle demeurera la plus influente pour encore plusieurs années. J’aimerais bien qu’on ajoute un petit pub complètement américain. À chaque année, on pourrait cibler une région (nord-est, nord-ouest, sud-est, sud-ouest). Avec plus de 2 000 microbrasseries, ce ne sont pas les possibilités qui manquent.

Tout au long de ces 21 années, le Mondial de la bière a continué d’offrir des produits uniques et nouveaux à sa clientèle tout en faisant la promotion d’une consommation raisonnable. Encore une fois cette année, près de la moitié des bières offertes l’étaient pour la première fois. Il est fort probable que cette recherche de nouveautés se perpétue et que j’aurai encore beaucoup de découvertes à savourer l’année prochaine.