Si le monde de la microbrasserie est actuellement en pleine effervescence, les producteurs de cidre commencent eux aussi à s’imposer auprès des consommateurs de bière. En effet, les cidres du ont, depuis quelques années, trouvé leur place au sein des évé­ne­ments brassicoles. On en retrouve aussi bien dans les dépanneurs spécialisés que dans les bars de spécialité, voire invités sur les lignes des microbrasseries.

Depuis peu, à la manière de certains , des cidriculteurs nous présentent même des cidres servis en avec des houblonnages à cru, qui font évidemment le bonheur des amateurs de bières ! Pourtant, avec ses 85 producteurs et ses 1 553 000 litres produits annuellement, le cidre québécois doit encore faire sa place au sein d’un marché dominé par le , les bières et autres liqueurs fortifiées, pour espérer un jour s’approcher des grands pays producteurs ou consommateurs de cidre.

C’est en effet actuellement le Royaume-Uni qui domine largement le marché avec plus de 6 millions d’hectolitres de cidre produits par année, mais ce sont les Irlandais qui ont la plus grande consommation avec presque 19 L de cidre bus par année par habitant contre environ 0,4 L au Canada.

Une histoire difficile…

Le cidre, tout comme la bière, possède une longue histoire au sein de l’humanité. En effet, bien que certains auteurs affirment qu’Hébreux, Égyptiens et Grec se délectaient d’une boisson issue de la fermentation de , ce sont seulement les écrits de Pline l’ancien (23 à 79 apr. J.-C.) et du géographe grec Strabon (60 apr. J.-C.) qui témoigneront les premiers de l’existence de « vin de  ».

C’est seulement à partir du VIe siècle que le cidre atteindra les rives françaises où, du Pays Basque, il arrivera finalement en Bretagne et Normandie où il sera largement développé à partir du XIIe siècle, régions aujourd’hui encore largement empreintes d’une grande tradition cidricole.

Je me souviens ainsi encore, étant enfant, aller embouteiller le cidre que l’on faisait avec les pommes du jardin, ou encore des repas de famille où il y avait toujours un oncle pour ouvrir une bouteille de cidre de son cru.

Premiers québécois

C’est ainsi que, paraît-il, en 1534, Jacques Cartier serait parti de Bretagne pour le Québec avec des tonneaux de cidre au fond de ses cales. De là, les premiers vergers sont plantés au Québec, essentiellement par des communautés religieuses ou par des agriculteurs (de façon clandestine). Bon nombre de colons français étant Normands ou Bretons, le savoir cidricole se développe rapidement.

Cependant, à partir de la conquête britannique de 1760, la production artisanale de cidre est entravée, car on favorise l’importation des alcools de l’Angleterre et des Antilles. Comme si cela ne suffisait pas, à la suite de la prohibition de l’alcool débutée en 1910, un oubli législatif rend la vente du cidre illégal sur le territoire du Québec à partir de 1920. Ça ne sera qu’un demi-siècle plus tard que la situation sera corrigée, même si durant cette période bon nombre de pomiculteurs ou d’ordres religieux continuent d’en produire pour leur propre consommation.

À partir de 1970, la production et la consommation de cidre connaissent une forte hausse qui rechutera une dizaine d’années plus tard seulement de par la médiocrité des produits proposés. Ça n’est qu’à la fin des années 80 que le cidre renaîtra avec la création des premiers permis de production artisanale de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec.

L’année 1989 marquera une étape cruciale dans la renaissance de l’industrie cidricole avec la création du premier cidre de glace par Christian Bartomeuf (le Clos Saragnat), cidre qui devient dès lors un ambassadeur mondial du québécois.

Depuis, l’industrie fait preuve de beaucoup d’ingéniosité afin de proposer de nouvelles sortes ou gammes de cidres dans le but de toucher une clientèle toujours plus à la recherche de nouvelles expériences gustatives.

 

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