11_IBUsLes acronymes sont monnaie courante dans notre quotidien. Certains, PQ, NPD, OVNI et CÉGEP entre autres, sont bien connus.

Dans le monde de la bière, on mentionne de plus en plus le nombre de IBU associés à une bière. Quant au SRM, il commence à faire sa place petit à petit. Vous trouvez sur certaines étiquettes (ou contre-étiquettes) de bières incluant quelques-unes de microbrasseries québécoises ceci : IBU 37 et SRM 47. Mais qu’est-ce que ça peut bien dire?

 

IBU

Cet acronyme est celui de International Bitterness Units que je traduis par Unités d’amertume internationales. Il est possible de calculer la valeur de cette unité si vous connaissez la concentration de houblon en gramme par litre, la concentration d’acides alpha dans le houblon (en pourcentage) et la concentration d’acides beta dans le houblon (en pourcentage) sans oublier la formule à utiliser. Il faut bien noter que cette formule ne donne de l’information que sur l’amertume provenant du houblon. Toute contribution d’amertume provenant d’autres ingrédients ne sera donc pas pris en compte.

Trop compliqué pour rien? Vous n’avez qu’à vous souvenir que plus le nombre de IBU est élevé, plus la bière sera amère. L’humain serait capable de discerner jusqu’à un peu plus de 100 IBU. Tout ce qui se trouve au-dessus de ce niveau ne sera interprété que comme sa limite de 100 IBU.

La St-Ambroise de McAuslan, reconnue comme une référence parmi les bières québécoises, montre 35 IBU tandis qu’il s’en trouve 12 dans la Hefeweizen de Brasseurs RJ. Quant à la Stone RuinTen IPA de Stone Brewing Co. (Californie), la brasserie mentionne qu’elle fait 110 IBU. Une bière de la danoise Mikkeller porte le nom de 1000 IBU, il est donc facile de s’imaginer qu’elle doit être plutôt amère!

Vous savez maintenant ce que représente les gros chiffres sur les étiquettes de la microbrasserie Farnham Ale et Lager!

 

SRM

SRM veut tout simplement dire Standard Reference Method (méthode de référence normalisée). La SRM est utilisée par les brasseurs afin de déterminer la couleur de leurs bières. Si vous connaissez la formule et que vous pouvez obtenir le facteur de dilution et l’absorbance à 430nm de la bière qui vous intéresse, vous pourrez calculer la SRM. D’autres mesures peuvent aussi être utilisées pour calculer la couleur tels Lovibond, EBC, Tristimulus ainsi qu’une variante plus poussée de la SRM, mais je vous les présenterai seulement si j’ai une demande délirante en ce sens.

Trop compliqué pour rien? Vous n’avez qu’à vous souvenir que plus le nombre de SRM est élevé, plus la bière sera foncée. La St-Ambroise de McAuslan montre une valeur de 8 et celle de la Blanche de Chambly (Unibroue) de 4. La Nuit des temps, un Stout des Brasseurs du Temps, se situe à environ 35 sur cette échelle.

Lors de certains concours où les brasseurs soumettent leurs bières, la valeur de ces paramètres, IBU et SRM, est importante et doit être respectée. Par exemple, un Porter devra afficher une amertume située entre 20 et 40 IBU et une couleur se situant entre 17 et 30 SRM.

 

XXX

La lettre X que vous voyez apparaître sur certaines étiquettes fait référence à une façon traditionnelle de dénoter la force de la bière. En Angleterre, vers le milieu du XVIIième siècle, les impôts à payer étaient plus élevés sur les bières fortes. On marquait donc d’un X tous les barils qui se vendaient 10 shillings ou plus. Il est plutôt facile de faire le lien entre le chiffre 10 en arabe et le chiffre 10 en romain, ce dernier s’écrivant à l’aide d’un X. De nos jours, on utilise XX, XXX, XXXX et même XXXXX à des fins de commercialisation. Si vous allez à Joliette à la Brasserie Artisanale Albion, vous aurez peut-être la chance de voir sur le menu la Lait de Dragon XXX Ale.