12_BlackIPALa est un de ces tout nouveaux styles issus de l’effervescence des microbrasseries américaines de la fin du 20e siècle. Si son nom en agace plusieurs, il illustre plutôt bien les principales caractéristiques qui le définissent; les malts rôtis des noires et les tranchants et aromatiques des IPA à l’américaine.

S’il y a un peu de contestation entourant ce nouveau style, c’est que certains pensent qu’il ne durera pas. N’est-ce pas le cas avec tous les styles émergents? D’autres croient plutôt que le problème provient de son nom. En fait, certains trouvent qu’il réduit injustement le style à une IPA de couleur noire et qu’il est illogique de retrouver « Black » et « Pale » dans un même nom.

D’autres croient que le mot IPA ne devrait plus être utilisé puisque même la IPA actuelle ne correspond plus à ce qu’elle était à ses débuts. C’est sans compter que l’origine même de la IPA est remise en cause par de nombreuses recherches… De ces divers contestataires, plusieurs noms « plus appropriés » ont suggérés : Cascadian Dark Ale, India Black Ale, India Dark Ale, India Brown Ale, American Black Ale, Dark Bitter Ale, Black Bitter Ale, Black Hoppy Ale et même Noonan Black Ale, en hommage à son créateur.

 

D’où vient la Black IPA ?

La création de la Black IPA est attribuable au célèbre Vermont Pub & Brewery de feu Greg Noonan et de son brasseur de l’époque, Glenn Walter, qui proposa sa toute première version de la Blackwatch IPA en 1997. Noire opaque, la bière a tout de suite séduit les amateurs de IPA américaines avec son amertume tranchante et ses houblons aromatiques typiques du Nord-ouest américain, une région aussi appelée Cascadia. Bien entendu, quelques mois plus tard, plusieurs brasseries américaines proposaient leur propre « Black IPA » en exploitant elles aussi les houblons du Nord-ouest.

C’est depuis que plusieurs amateurs de cette région réclament le nom Cascadian Dark Ale puisque selon eux, c’est leurs houblons qui donnèrent à la bière sa signature légendaire. Les experts anglais ont eux aussi rétorqué qu’il existait des recettes plutôt similaires en Angleterre il y a quelques décennies…

En 2011, l’Association des brasseurs américains (American Brewers Association) ajouta le « American-style Black Ale » à sa liste de styles. Beeradvocate utilise quant à lui American Black Ale alors que Ratebeer parle de Black IPA.

 

Son profil

La Black IPA se situe entre la IPA américaine et le Robust Porter, empruntant quelques-unes des caractéristiques typiques de ces deux styles. Elle n’est pas aussi ronde et torréfiée qu’un Stout, mais plus houblonnée qu’un Robust Porter. Elle est souvent houblonnée à froid. Elle peut titrer entre 5% et 8% d’alcool; les versions plus élevées sont qualifiées de « Imperial ».

Elle est vêtue d’une robe brun foncé à noir avec des reflets rubis et coiffée d’une belle mousse blanche tirant sur le moka. Au nez, les arômes de houblons résineux et citronnés sont dominants et parsemés de notes de rôti, de chocolats et parfois de café.

En bouche, elle est moyennement ronde et les sont fidèles aux attentes; houblons résineux et citronnés, malt rôti, et même caramel. L’avantage est toujours aux houblons. La combinaison de ceux-ci avec foncé rend la finale plutôt sèche.

Notre

Au , certaines brasseries plus avant-gardistes ont tôt fait de proposer leur version, notamment Dieu du Ciel!, dès 2008. C’est surtout à compter de 2012 que l’on voit apparaître les différentes versions en bouteilles sur les tablettes des dépanneurs spécialisés. Comme vous le constaterez, les différentes versions sont bien distinctes, mais très intéressantes. Préparez-vous pour une dégustation de chef!

La Marée Noire est la plus alcoolisée des cinq. Bien ronde et agréable en bouche, elle ressemble beaucoup à un Stout, nous laissant sur une finale bien amère, mais peu aromatique. La Pénombre exploite davantage les arômes résineux des houblons en les incorporant à un heureux bouquet étalant aussi malt chocolat et notes de cacao rôti. Un assemblage réussi.

À moins de 5% d’alcool, la Palabre du Cloporte se distance des concurrentes. Elle est douce, onctueuse en bouche et mise également sur les notes torréfiées et les arômes houblonnés. Bien ficelée, elle est étonnamment rafraîchissante et surprend agréablement.

La Houblon Libre est à des années-lumière de la précédente. Avec 11 houblons et 7,7% d’alcool, elle ne rigole pas. Elle fait beaucoup penser à un Imperial Stout, un peu moins corpulent, avec des arômes houblonnés qui apparaissent en finale. Pas du tout rafraîchissant, mais tout aussi agréable.

À mi-chemin entre les deux dernières, à l’image de la Pénombre, la Black IPA de Dunham correspond davantage aux attentes de notre panel. Houblons résineux à l’avant-plan, touche de torréfaction et de rôtie en appui, elle séduit par une finale sèche des plus satisfaisante qui concilie à merveille les deux mondes. Bonne dégustation!

 

LAISSER UN COMMENTAIRE - MEMBRES FACEBOOK SEULEMENT