Au Québec, si les hivers sont glaciaux, les étés sont souvent torrides. Sur le bord du BBQ, allongé ou rafraichir nos spiritueux est non seulement une excellente idée, mais bien souvent un must. Question de rester hydrater, de garder notre température interne a un niveau tolérable tout en s’amusant avec les saveurs.

Donc? Cocktail party!

Initialement, la plupart des cocktails utilisaient des alcools européens, tel que cognacs, absinthes, gins, et vermouths. Car, c’est des anglais que naquit la tradition. Pensons aux gins tonics qui permettaient aux soldats britanniques, et autres employés de la Cie des Indes orientales, de prendre leur quinine sans trop ronchonner. Ou aux « rum tots » de la Royal Navy qui, allongés d’eau, de mélasse ou de jus de fruits, permettaient aux marins de la marine britannique de faire durer leur ration quotidienne de 70 ml de rhum un peu plus longtemps. Pis, tsé, les agrumes : ça protège du scorbut 😉

Ti-punch

Le classique ti-punch est probablement un dérivé direct de cette tradition. Je fais le mien en délayant :

  • 5ml de mélasse
  • dans le jus d’un quartier de lime,
  • un peu d’eau
  • et un bon 2 oz de rhum agricole.

Je dépose dans le verre le quartier de lime écrasé et un gros glaçon.

Mon rhum préféré pour cela? Le Barbancourt *** (Code SAQ : 11459722), mon paternel, quant à lui, choisira le St-James (Code SAQ : 00027763). Je vous déconseillerai par contre la plupart des rhums blancs car le boisé des rhums vieux donne de la profondeur au ti-punch. Mal pris, utilisé du rhum blanc, mais ajoutez un trait de votre amer préféré.

Le Sazerac

Les pharmaciens jouèrent aussi leurs rôles, car c’est eux qui créèrent les premiers amers, dont certains sont encore aujourd’hui disponibles. L’eau étant souvent insalubre, on se retrouvait à la pharmacie entre amis pour y boire des alcools auxquels on ajoutait des extraits de plantes, d’arbres, d’herbes et d’épices de tout genre. Quoi, ça aide à digérer, non?

Le cocktail qui en est l’épitomé est sans nul doute le Sazerac. Popularisé, sinon inventé, au Sazerac Café de la Nouvelle-Orléans, c’est l’un des plus anciens cocktails. Immensément simple, il s’agit de rincer un verre avec un peu d’absinthe, d’y ajouter plusieurs traits de bitters et une bonne dose de cognac. Traditionnellement, on utilise les amers Peychaud’s (disponible depuis peu au Québec, exclusivement chez alambika.ca), créé par un apothicaire créole du mêm nom qui servait à ses clients amers et alcool dans, supposément, des coquetiers. Certains pensent que c’est d’ailleurs de cette tradition d’utiliser des coquetiers que vient le nom cocktail.

Le café Sazerac changea de mains et atterri dans celles de Thomas H. Handy, aussi propriétaire d’une distillerie. Tiens, tiens. Le phylloxéra, et une bonne dose du sens des affaires, l’amena à modifier sa recette afin d’utiliser son whisky de seigle (rye). La compagnie Sazerac existe toujours, et elle est propriétaire de la distillerie Buffalo Trace. J’ai la chance d’ailleurs d’utiliser leur costaud Thomas H. Handy Straight Rye Whiskey dans mon sazerac.

  1. On mélange à la cuillère dans un verre rempli de glace,
    3-4 traits de bitters peychaud’s et 2 oz de whisky.
  2. On rince un second verre old fashioned avec de l’absinthe.
  3. On tamise du premier verre au second.
  4. On garni d’un zeste de citron tordu au-dessus du verre (un twist).

Sophistiqué et délicieux.

Je vous conseille vivement d’utiliser le magnifique HighWest Double Rye (Code SAQ : 11864285). Ça fait un peu cher le verre, mais les arômes qui s’en dégagent sont sans pareils. Sinon, un bourbon contenant pas mal de rye, comme le Bulleit Frontier Bourbon (Code SAQ : 11155956) ou le Wild Turkey 81 (Code SAQ : 11840347) feront l’affaire sans vous ruiner.