RALLYE 300

Après avoir goûté notre bière avec les yeux, on fait de même avec le nez. Ceci nous permet de mieux la connaître avant de la savourer. Le visuel de la bière nous a donné certaines indications sur ce que notre bière goûtera, mais c’est de votre nez que vous obtiendrez le plus d’information.

Notre système olfactif différencierait jusqu’à 10 000 odeurs distinctes. Certains les regroupent en sept odeurs primaires, soit musc (à l’origine la sécrétion d’une glande du chevrotin porte-musc), putride (tel que œuf pourri), piquant (vinaigre), camphre (boule-à-mites), éthéré (produit de nettoyage à sec), floral (rose) et menthe poivrée. En vous appliquant un peu, imaginez à quel point vous connaîtrez votre bière avant même d’y avoir trempé vos lèvres!

Il n’y a pas de secret pour reconnaître une odeur, il faut l’avoir senti préalablement. Si vous n’avez jamais humé de l’anis ou de la coriandre, vous ne pourrez pas les reconnaître. Que faire alors? Vous n’avez qu’à vous présentez chez votre épicier, achetez épices et fruits et sentez-les. Il vous sera ainsi facile de les identifier lorsqu’ils se retrouveront dans votre bière préférée.

 

Les ingrédients

Tous les ingrédients utilisés dans le brassage d’une bière contribuent à son bouquet. Chaque odeur aura aussi une intensité allant de : absence, légère, atténuée, modérée, forte et finalement, intense. Ces qualificatifs utilisés en conjonction avec l’odeur perçue raffineront votre description.

Les céréales utilisées lors du brassage amènent leurs particularités. La plus utilisée est l’orge maltée. Le degré de torréfaction du grain a aussi un impact notable. Un malt légèrement torréfié amène du caramel. Intensément torréfié, on l’identifie par le brûlé et même l’âcreté. Entre ces deux extrêmes, le malt se manifeste sous la forme de vos rôties matinales, de biscuit, de grillé, de noix, de toffee, de sucre brûlé, de chocolat et de café. Dans le cas du seigle, de plus en plus populaire, il impartit un côté épicé.

Peu de houblon est utilisé lors du brassage mais sa présence ne passe pas inaperçue. Le houblon se reconnaît, entre autres, aux odeurs suivantes : agrumes (citron, orange, pamplemousse, tangerine), pin, résine, fruits tropicaux (fruit de la passion, litchi), herbacé, floral et même vin. Pour affiner vos connaissances, recherchez des bières brassées avec un seul houblon et provenant du même brasseur. Les différences que vous observerez seront attribuables au houblon qui s’y trouve.

La levure est utilisée pour transformer les sucres fermentescibles en alcool. L’arôme de l’alcool provient donc de la levure. Cette dernière est aussi associée au pain. Si vous en sentez, vous saurez d’où ça vient. Ce micro-organisme unicellulaire est aussi responsable de la présence de fruits (banane, poire, pomme verte) et d’épices (anis, clou de girofle). Les levures sauvages sont facilement identifiables puisqu’elles sont associées au musc, au cheval, à l’étable et à la terre.

 

Savoir détecter les défauts

Un arôme est considéré comme un défaut s’il n’est pas voulu par le brasseur ou s’il se trouve dans un style de bière qui n’est pas reconnu pour en contenir. Le caramel écossais ou le beurre peut être recherché dans un style, mais pas dans un autre. Certains arômes révèlent un défaut dans la plupart des styles. Ils sont : mouffette, légumes bouillis, produits chimiques, diachylons et œufs pourris.

Petit truc en terminant. Si votre environnement ne vous permet pas de sentir correctement votre bière (bière trop froide, verre inapproprié, fumée), utilisez la rétro-olfaction. Comment ça fonctionne? Il vous suffit de prendre une petite gorgée de bière, de la garder en bouche, d’entrouvrir légèrement la bouche, d’aspirer par la bouche et d’expirer par le nez. Oui, comme les dégustateurs de vin. Cette technique simple vous sera aussi utile si vous avez des difficultés à identifier un arôme avec votre nez.

 

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