Je suis un colon !
C’est dans un bar à bières du Québec que je suis tombé nez à nez avec la nouvelle campagne publicitaire d’Educ’alcool : Patriotes ou Colons. J’en suis resté bouche bée tellement l’image de la bière en prend pour son grade…
Que l’on décide de faire en sorte que la Saint-Jean ne soit plus prétexte à la consommation d’alcool à outrance est une chose; que l’on stigmatise les buveurs de bière en présentant deux imbéciles au QI proche d’un décapsuleur avec une bière dans la main en est une autre. Vous allez me dire, Philippe respire, c’est vrai que la bière à mauvaise presse dans le cadre de la Saint-Jean. Je vous répondrai (sous apnée) : l’alcoolisme à mauvaise presse, pas la bière.
La consommation à outrance est effectivement un problème à soulever, mais celle-ci s’applique aux coolers, à l’alcool fort, à la bière et autres vins. Ce n’est pas avec des campagnes comme celle d’Éduc’alcool qu’on va améliorer l’image de la bière et par le fait même éduquer les consommateurs à la manière du vin il y a plus de 20 ans.
Si le message est de dénoncer la consommation excessive d’alcool, ne changez rien, mais donnez également un verre de bière à l’un des cinq «patriotes». Il me semble que l’idée première est de prôner une consommation responsable et non pas une abstention ou le stéréotype du «colon et de sa grosse bière». Pas fort…
Un projet de loi qui risque de plaire aux amateurs de bières
Un projet de loi du député conservateur de la Colombie-Britannique, Dan Albas, risque de changer quelques restrictions sur l’achat d’alcool à travers le pays. Actuellement, et ce depuis 1928, un Québécois, par exemple, ne peut pas acheter de l’alcool en Ontario. En théorie, il risque d’avoir des problèmes avec la justice, en pratique, on l’a tous déjà fait. Mais impossible cependant de se faire livrer au Québec un colis d’une brasserie de Toronto.
Ce projet de loi permettrait l’échange commercial entre une entreprise d’une province et son consommateur d’une autre province. Les députés seront appelés à discuter de cette nouvelle loi et de son impact sur les ventes d’alcool gérées par les provinces. Imaginez la possibilité de commander de la bière et la faire livrer à votre domicile au Québec, directement depuis le site de la LCBO, l’équivalent de la SAQ pour la province de l’Ontario. De nouveaux produits disponibles pour les consommateurs, mais des ventes en moins pour la SAQ. Le dossier est suivi de prêt par l’Association canadienne des régies d’alcool (ACRA).
Les festivals de bières, une tendance au Québec
Au moment d’écrire ces lignes, le Mondial de la bière se prépare à ouvrir ses portes et le Festibière de Gatineau vient de clore les siennes. Au total, plus de 350 000 personnes vont franchir l’entrée d’un festival de bières au Québec et les nouvelles initiatives sont de plus en plus nombreuses, car vous avez démontré à plusieurs reprises que ce genre d’activités vous plait.
Le festival de bières est en plein essor et définit une tendance liée étroitement au développement du marché brassicole au Québec. Ces centaines de milliers de personnes se déplacent chaque année dans les festivals de bière dans le but de découvrir des bières de microbrasseries et parler de leurs expériences avec amis et familles, par le fait même, à la population. Un outil marketing très fort.
Mais comment faire lorsqu’on est une petite microbrasserie très sollicitée par plusieurs festivals et événements? Choisir! Il est de moins en moins rare de voir une microbrasserie qui participait à tous les festivals il y a quelques années, prioriser les événements les plus proches de ses installations et maximiser sa présence dans sa région. Une stratégie qui commence à plaire à beaucoup de brasseurs en 2012.
C’est un fait, nous vivons actuellement une transformation de nos festivals et événements bières, le tout largement influencé par deux facteurs: les exposants qui se régionalisent de plus en plus et le public qui veut découvrir de nouvelles bières.
Pour que les festivals puissent continuer à offrir une variété de produits qui dépasse les frontières régionales et contenter les festivaliers, plusieurs nouvelles initiatives devront être considérées. Très peu de festivals peuvent se targuer d’avoir une majorité d’exposants venant de partout au Québec et les festivaliers ne se contenteront pas des bières d’une région maintenant qu’on les a habitués à bien plus.
Une réflexion s’impose…
