J’avais ramassé ça au Peluso en revenant du en 2010. Pour m’assurer de faire un peu de place au sous-sol, et pour me donner une excuse de faire quelques emplettes post-, j’ai décidé de clore la fin de semaine sur un ton et froid, digne du ciel qui recouvre le présentement.

La Baltic Porter de l’Ancrier de Hopfenstark est une  au style peu fréquenté au Québec. À ma connaissance, seuls les Trois Mousquetaires partagent une bière de ce style, du moins en bouteilles.

Le style est interpreté de différentes façons à travers le monde. Les Américains ont tendance à en faire une version impériale d’un porter régulier – une bière forte en alcool, mais avec un corps plus léger. Les Européens en font communément une lager forte en alcool. ne se seront pas laissés tenter par les variations plus populaires, et auront produit, d’après ce que je peux gouter ce soir, un baltic porter plus traditionnel.

La force en alcool est là, un bon 8% d’alcool, fidèle à celle qui permettait aux du style de traverser la mer du Nord à l’époque (cet étendue d’eau séparant le Royaume Uni aux pays scandinaves qui lui ont donné son nom).

Un porter, historiquement parlant, c’était un mélange de vieille bière et de bière fraîche, noire. La vieille bière donnant des saveurs parfois acidulées, parfois sucrées, mais toujours bien masquées par la torréfaction de la bière noire. Ça venait cacher certains défauts issus du long voyage outre-mer que subissait cette bière, en lui donnant un peu de tranchant et d’amertume.

Au nez, la Baltic Porter de l’Ancrier est fidèle à son origine, en proposant des arômes de raisin rouge, de xérès, de tire à la mélasse, et une petite pointe vinaigrée dans le fond… ça fait un peu penser à servir un porter utilisant un verre dans lequel on aurait préalablement servi une Duchesse de Bourgogne. Ca donne une belle impression métallique, un peu comme je ressens dans certaines bières belges fortement carbonatées.

Sa robe est rouge foncé, comme une cerise noire. Un verre moindrement large lui donne l’impression de noirceur profonde. Le tout, couronné d’une belle mousse beige fugace.

En bouche, on reconnait les saveurs de raisin, et une belle amertume mélangée d’un caramel rôti, aux nuances de sucre d’orge et de mélasse. Le corps est assez mince, mais propose un étalement de saveurs long, riche, et une finale timidement aigre, mais tout en fruits.

Drôle à dire, mais étrangement désaltérante pour une bière tirant 8% d’alc./vol..

J’espère pouvoir y regouter bientôt (au Mondial peut-être?) pour voir si certains produits sont issus du , ou sont fidèles à la bière fraîche. Du moins, je n’hésiterai pas un instant de m’y tremper les lèvres. Une bonne bière de pluie.

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