La tête perdue dans le fond d’une boîte, j’ai retrouvé cette bouteille de Fred from the Wood un peu trop tard, si je me fie à sa date de fabrication.

Considérant qu’elle se mérite (lorsque fraîche, j’imagine) une note parfaite de 100/100 parmi sa catégorie, et en général, elle devrait avoir tenu la . Elle est aussi la 9ième meilleure barleywine au monde, selon les 622 personnes qui l’ont dégusté.

Ce d’orge de Portland, en Orégon, généreusement houblonné et tirant 10% d’alc./vol…. disons aussi que ça aide.

Voyons ce qu’on nous indique sur la bouteille:

« Fred a créé pour rendre hommage à l’écrivain/historien de la bière Fred Eckhardt. Mûrie pour 6 mois dans des nouveaux barriques de chêne américains, ses saveurs sont douces, rehaussées de notes sucrées de tabac et de bois. Savourez cette bouteille avec vos amis et célébrez la diversité du nouveau monde brassicole d’aujourd’hui. » – Adam Sprints – Maître-brasseur de Hair of the Dog, 2007 

De nouveaux barils? Ca c’est intéressant. D’habitude, inspiré par le monde des scotchs, les font reposer leurs brassins dans des barils ayant préalablement été utilisés pour faire vieillir un autre liquide; bière, , vin, cidre, hydromels, et j’en passe!

La notion d’utiliser un baril neuf n’est pas chose nouvelle par contre. La plupart des vins rouges que je connais vont chercher de bons tannins en dormant pour plusieurs mois dans des fûts de chêne français neufs.  C’est même obligatoire pour un bourbon d’avoir un baril de chêne américain à ce qu’on appelle, son premier « remplissage », ou first fill comme ils disent!

Quand j’ouvre ma bouteille ce soir, un timide pshht me dit que la refermentation de cette bière ne s’est pas proprement déroulée. En tombant dans mon grand verre, elle libère pas la moindre mousse. Une rare petite bulle viens semer le trouble dans la quasi-parfaite tranquillité de son col.

Au nez, ça sent le bois, mais ma foi! le gros chêne rustique, comme les barils de vieux bois qui servent de bacs à fleur dans les camping du style R&R Québécois (Royaume de le Roulotte, ou Rest & Relaxtion). Manque juste la marguerite en plastique qui tourne au gré du vent.

L’alcool domine le reste d’un bouquet légèrement suri, lactique, au caramel timide, mais tout de même présent.

En touchant la langue, sa carbonatation ressort par surprise, titillant le palais de saveurs de bois, d’eau de rose, de caramel écossais, et de rhubarbe. Un mélange assez particulier. Son amertume est très tranchante, et lui donne une allure qui me rappelle la Samiclaus de Eggenberg, ou la Brooklyn Monster .

Faut pas se leurrer, c’est du jus de poteau cette bière. Les tannins présents me font penser à un porto, si seulement elle aurait oxydée d’avantage. Tiens donc, une bière dont la madérisation par le lui aurait été bénéfique! Il n’y en a pas beaucoup dans cette catégorie!

Somme tout, une expérience mémorable, en effet. Je ne me souviens pas de l’endroit ou j’aurais déniché cette bière, mais je suis très content d’avoir ouvert cette boîte ce soir, et de me laisser bercer dans cette bière tranquille.

Santé!

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