Tout comme la bière, le scotch jouit d’une réputation parfois pleine de préjugés auprès d’une clientèle qui n’a jamais gouté aux saveurs de tourbes, d’iode et de caramel que peuvent dégager les meilleurs d’entre eux. En ce temps des Fêtes, pourquoi ne pas leur proposer des cocktails à base de scotch. Un projet audacieux, mais qui est plus que surprenant.

Mes invités n’ayant pas le palais développé côté whisky écossais bien tourbé, j’ai du me laisser emporter par mon imagination pour concocter certaines recettes de cocktails à base de scotch. Pas facile!

L’utilisation de scotch Single Malt dans un cocktail ferait assurément réagir les puristes. L’idée même ferait retourner Michael Jackson dans sa tombe! Le Whiskey Chaser tenait en très haute estime les Single Malts écossais, proposant à maintes reprises comparaison aux Grands Crus classés de Bordeaux. On reproche même à certains établissements de diluer ces produits en y ajoutant un glaçon dont l’eau ne contiendrait pas la même composition minérale que la source utilisée par la distillerie! L’eau distillée n’en parlons même pas!

Le scotch ne se laisse pas facilement marier. Vieux garçon aux habitudes solitaires, son caractère tourbé se veut antisocial lors d’une soirée de mixologie. Quel beau défi donc, de fouiller dans mon bar pour trouver des idées. Je vous présente celles qui ont su captiver mon palais.

Pour l’expérience, il fallait trouver un scotch tourbé, iodé, d’un très bon rapport qualité-prix et disponible sur tout le territoire du Québec. Mon choix s’est tourné vers le Bowmore 12 ans. On vous en avait déjà parlé.

La Terre noire

  • 8oz de bière impériale Stout de votre choix
  • 2oz Bowmore 12 ans Single Malt (Islay, Écosse)

La tourbe fumée se marie bien avec une stout forte en saveurs de café-chocolat et des notes acides. Elle semble rehausser cette dernière sans toutefois prendre toute la place. La clé de cet accord est de trouver une bière qui propose un profil acidulé, ou fortement rôti. La Stout Impériale Russe de McAuslan serait une bonne candidate québécoise.

Le Scotch Julep

  • 3oz Bowmore 12 ans Single Malt (Islay, Écosse)
  • 6 feuilles de menthe écrasées
  • 1cs sucre candi ambré

Le Mint Julep est un breuvage classique américain qui mélange 3 onces de bourbon avec de la menthe fraîche et du sirop de sucre. Cette interprétation à l’écossaise que je vous propose est splendide. La menthe donne une dimension intéressante à la tourbe et une texture crémeuse. La sélection du scotch est très importante, une tourbe trop prononcée fait ressortir des saveurs de cendres. Dans ce cas-ci, les notes iodées du Bowmore s’expriment fortement, mais maintiennent un accord positif, dont l’harmonie semble balancer sur le tranchant d’un couteau.

Le MacInScotch Sour

  • 4oz Moût de pommes sans sucre
  • 1oz Bowmore 12 ans Single Malt (Islay, Écosse)
  • 1oz Sour Puss aux pommes

Fort probablement mon coup de coeur de la soirée. Au nez, le Sour Puss rehausse le moût de pommes et dévoile une pointe d’acidité de pomme verte. Le scotch se marie à l’astringence de la pomme pour ensuite lui donner des nuances de tourbe. Ça me donne le goût de mettre un peu de scotch dans ma prochaine tarte aux pommes! Incroyablement facile à boire et plein de saveurs. Pas besoin d’être amateur de scotch pour apprécier ce mélange.

Cidre de Glas-cow

  • 2oz Bowmore 12 ans Single Malt (Islay, Écosse)
  • 2oz Cidre de glace de votre choix

Inspiré par l’harmonie précédente de pomme et de scotch, je me suis laissé tenter par un cidre de glace. Dans ce cas-ci, pas n’importe lequel! La Neige Éternelle 2004 des vergers de la Face cachée de la pomme à Hemmingford (QC). Considéré comme un des trois meilleurs cidres de glace au monde. Un ajout équivalent de Bowmore lui donne une impression d’oxydation qui coupe son sucre et lui confère une intensité alcoolique épatante. La finale chauffante est digne de la réputation de chaque produit, mais présente un ensemble qui dépasse les qualités de chacun. Un accord positivement décadent!