L’évaluation de la dans des études in vivo a commencée vers la fin des années 1990. Pour le moment, on ne trouve que peu d’études cliniques réalisées sur l’homme. En effet, il est plus difficile de justifier l’étude d’aliments contenant de l’alcool d’un point de vue éthique, et, comme nous le verrons dans d’autres articles, il existe d’importantes différences entre les , ce qui rend le choix difficile pour les études. Néanmoins, Les études qui ont faites visaient deux choses. Confirmer que l’effet antioxydant que l’on connaissait pour la et ses composés se retrouvait dans le corps après l’ingestion de , et vérifier l’effet de cette boisson sur les facteurs de maladies cardio-vasculaires, la cible la plus connue des molécules antioxydantes.

Pour le premier point, l’effet antioxydant, il a été démontré, lors d’une étude sur 14 sujets hommes et femmes, que la bière ingérée entrainait une augmentation des composés phénoliques plasmatiques et la capacité antioxydante du sérum sanguin 1 heure après l’ingestion1. Les composés phénoliques de la bière sont absorbés par l’organisme (les composés phénoliques, ou polyphénols, sont des molécules végétales ayant un fort pouvoir antioxydant, et retrouvées dans de nombreux fruits et aliments dérivés de végétaux, dont le rouge). Ces composés sont ensuite retrouvés dans le sang, sous forme modifiée ou non. Le corps humain modifie en effet les composés qu’il ingère, soit pour permettre une meilleure absorption au niveau de la paroi de l’intestin, soit pour permettre de mieux les éliminer par la suite dans le foie. Les modifications subies par les composés phénoliques n’empêchent par l’effet antioxydant de ces molécules, qui gardent donc leur activité dans tant qu’ils ne sont pas éliminés. Le pic d’absorption se situe 30 minutes après l’ingestion de bière2.

Une ingestion de 375 ml/jour de bière (bière de type « strong dark  ») entraine une élévation du statut antioxydant sanguin de 15 %. Si, après une période de consommation de bière on remplace la bière par de l’alcool en quantité équivalente à celle consommée lors de la prise de bière, on diminue ce statut antioxydant. Cette dernière étude indique bien que l’alcool n’est pas responsable de cet effet, qui est donc lié aux composants non alcooliques de la bière3.

Au niveau des facteurs de risque de maladies cardio-vasculaires, une étude effectuée en 2008 sur 57 personnes (hommes et femmes) pendant 30 jours a confirmée que l’ingestion de bière avait des effets positifs sur les paramètres sanguins liés aux maladies cardio-vasculaires. Cet effet est particulièrement marqué au niveau des changements du profil des gras sanguins (cholestérol, triglycérides)4.

Mais les études les plus convaincantes nous viennent d’Israël. Entre 1997 et 2007, une équipe a réalisé plusieurs études cliniques sur des patients ayant un diagnostic de maladie coronarienne reconnue. L’ensemble de ces études montre une amélioration des facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires. Entre autres, les auteurs ont constaté Une augmentation du bon cholestérol, Une baisse du cholestérol total et des triglycérides5, une amélioration des capacités antioxydantes sanguines6 et une amélioration des capacités anticoagulantes du sang7 (ce qui rends le sang plus fluide et facilite la circulation sanguine).

Il faut signaler que certaines de ces études utilisaient des patients qui étaient déjà suivi et astreints à une diète antiathérosclérotique, c’est à dire une diète ayant pour effet d’améliorer leur santé et d’aider à les protéger contre les maladies cardio-vasculaires. Ce qui signifie que la bière a permis de renforcer cet effet.

Ces études démontrent donc que la bière à un effet sur certains facteurs liés à la santé, et permet entre autres de baisser le risque de maladies cardio-vasculaires, nous allons donc pouvoir nous intéresser à sa composition et aux composés qui sont responsables de ces effets. Le prochain article abordera le contenu de la bière d’un point de vue nutritionnel.

 

1 : Ghiselli A., Natella F., Guidi A., Montanari L., Fantozzi P. et Scaccini C., 2000, Beer increases plasma antioxidant capacity in humans, Journal of Nutritional Biochemistry, 11, 76-80.

2 : Nardini M., Natella F., Scaccini C. et Ghiselli A., 2006, Phenolic acids from beer are absorbed and extensively metabolized in humans, Journal of Nutritional Biochemistry, 17, 14-22.

3: Tubaro F., 2009, Antioxidant activity of beer’s maillard reaction products: Features and health aspects, in: Beer in health and disease prevention, Preedy V.R. Editor, Academic Press, Burlington, MA, U.S.A., pp449-458.

4: Romeo J., Gonzalez-Gross M., Wärnberg J., Diaz L.E. et Marcos A., 2008, Effects of moderate beer consumption on blood lipid profile in healthy Spanish adults, Nutrition, Metabilism & Cardiovascular Diseases, 18, 365-372.

5: Gorinstein S., Caspi A., Zemser M., Libman I., Goshev I. et Trakhtenberg S., 2003, Plasma circulating fibrinogen stability and moderate beer consumption, Journal of Nutritional Biochemistry, 14, 710-716.

6: Gorinstein S., Caspi A., Libman I., Leontowicz H., Leontowicz M., Tashma Z., Katrich E., Jastrzebski Z. et Trakhtenberg S., 2007, Bioactivity of beer and its influence on human metabolism, International Journal of Food Sciences and Nutrition, 58, 94-107.

7: Gorinstein S., Zemser M., Lichman I, Berebi A., Kleipfish A., Libman I., Trakhtenberg S. et Caspi A., 1997a, Moderate beer consumption and the blood coagulation in patients with coronary artery disease, Journal of Internal Medicine, 241, 47-51.

LAISSER UN COMMENTAIRE - MEMBRES FACEBOOK SEULEMENT