Avant de s’interroger sur les effets de la sur la santé, il est important de savoir que l’alcool, quel que soit la boisson ou il se trouve, peut aussi avoir des effets propres sur le corps humain. Dans cet article, nous ferons le tour des effets positifs et négatifs que l’alcool peut avoir sur notre santé.

L’effet de la consommation modérée d’alcool* sur la santé est aujourd’hui âprement discuté au niveau scientifique. Bien des auteurs ont démontré des effets positifs sur les maladies cardio-vasculaires1, le diabète, le stress. Cette consommation modérée a également un effet diurétique, et agirait également sur l’amélioration de certaines fonctions cérébrales. Ici, le terme « modérée » est important. En effet, les courbes de risques en fonction de la consommation ont une forme de « J ». C’est à dire qu’une consommation modérée d’alcool diminue de risque de maladies (le bas du J est plus bas que le début de la lettre), mais dès que cette consommation augmente, le risque augmente et dépasse rapidement le risque initial sans consommation (la grande barre du J). Les personnes consommant modérément de l’alcool bénéficieraient donc d’une protection contre certaines maladies, protection dont les personnes abstinentes ne bénéficieraient pas, tandis que celles en consommant exagérément auraient un risque accru de succomber à ces mêmes maladies.  Alors pourrait-on ou devrait-on consommer de l’alcool de façon modérée afin de réduire notre risque de maladies cardio vasculaire? Tout n’est pas aussi .

Pour comprendre, revenons un peu à ce qui se passe quand on consomme de l’alcool. L’alcool est une très petite molécule, qui diffuse rapidement dans l’organisme. Elle n’a pas besoin d’être modifiée lors de la digestion pour traverser la barrière du tube digestif et se retrouver dans le sang. A jeun, l’alcool d’une consommation peut se retrouver intégralement dans l’organisme en moins de 30 minutes. Une fois dans l’organisme, l’alcool va être transformé, tout d’abord en un composé nommé acétaldéhyde, qui est toxique pour les cellules de notre corps. Celui-ci sera éliminé par la suite, non sans avoir eu le temps d’agir.

Au niveau bénéfice, une faible quantité d’alcool consommée régulièrement pourrait augmenter le cholestérol HDL (« bon cholestérol »), et pourrait aussi inhiber la formation de caillots sanguins, responsable des accidents cardio-vasculaires. Une consommation modérée d’alcool pourrait également être bénéfique aux personnes souffrant de diabète de type 2. Le mécanisme est moins évident, mais l’alcool pourrait rendre les cellules plus sensibles à l’insuline, l’une des hormones qui régulent la quantité de sucre circulant dans le sang (la baisse de sensibilité des cellules à cette hormone est responsable du diabète de type 2)2,3. Des liens auraient aussi trouvés entre la consommation d’alcool et la baisse de risque de calculs rénaux, le développement de certaines problématiques liées à l’arthrite, et certaines capacités cérébrales (socialisation, stress, créativité).

Par contre, l’effet de la consommation d’alcool (qui est, rappelons-le, transformé en acétaldéhyde, un composé toxique), même modérée, serait négatif sur l’inflammation, le système reproducteur, le système hépatique (les fonctions du foie) et le cancer (en particulier les cancers du sein et du colon) 3. Par contre, il est difficile de dire si le lien est direct entre la consommation d’alcool et le développement de cancers. Actuellement, il y a une controverse sur la question, car les résultats des études ne sont pas clairs, la consommation d’alcool étant souvent traitée par moyenne et non en fonction des habitudes de consommation*, ou sans tenir compte des autres facteurs liés au style de vie.

Il serait donc difficile à un médecin de conseiller de prendre de l’alcool dans le cadre de prévention en termes de santé, d’autant que l’alcool peut aussi avoir des effets d’accoutumance chez certaines personnes, qui pourraient être enclines à augmenter les doses et devenir dépendantes.  Il est à noter aussi que l’effet bénéfique de l’alcool peut être complètement annulé par d’autres facteurs liés au mode de vie, comme le tabagisme, une mauvaise alimentation, ou l’obésité sédentaire.

Alors déconseiller l’alcool? Si l’alcool était seul en cause, ça pourrait être la solution. Mais l’alcool n’est le seul composant des boissons alcoolisées. Dans le prochain article, nous verrons ce que peuvent nous dire les études sur les populations quant aux effets spécifiques liés à la consommation de bière.

 

* : Petite note rapide ET importante : Par consommation modérée, on parle d’un équivalent d’un verre de bière par jour chez les femmes et de deux chez les hommes, et la façon de consommer est importante. Physiologiquement parlant, un verre par jour dans la semaine N’est PAS équivalent à 7 verres le samedi soir! Consommer 7 verres le samedi soir corresponds à une intoxication alcoolique.

 

1 : Rimm E.B., Klatsky A., Grobbee D. et Stampfer M.J., 1996, Review of moderate alcohol consumption and reduced risk of coronary heart disease: is the effect due to beer, wine, or spirits?, Bristish Medical Journal, 312, 731-736.

2: Bamforth C.W., 2004, Beer: Health and nutrition, Blackwell Science Ltd, Oxford, United Kingdom.

3: Meister K.A., Whelan E.M., Kava R., 2000, The Health effects of moderate alcohol intake in humans: An epidemiologic review, Critical Reviews in Clinical Laboratory Sciences, 37, 261-296.

 

La lecture des monographies diffusées par l’organisme Éduc’alcool (www.educalcool.qc.ca) est recommandée pour tous ceux et toutes celles qui voudraient en savoir plus :

http://www.educalcool.qc.ca/fr/publications/alcool-et-sante-alcool-et-le-corps-humain/index.html

http://www.educalcool.qc.ca/fr/publications/alcool-et-sante-les-effets-de-la-consommation-moderee/index.html

http://www.educalcool.qc.ca/fr/publications/alcool-et-sante-les-niveaux-de-consommation-alcool-faible-risque-2-3-4-5-0/index.html

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